L’objectif est d’obtenir une vision globale de cet enfermement ?
Tout est tellement fragmenté qu’aucun acteur n’a une vision globale de ce qui se passe entre un local de détention ici, une zone d’attente là et une maison d’arrêt ailleurs. Pourtant, il s’y passe des choses au service d’une même politique d’immigration. Tout cela dessine une politique d’enfermement des étrangers dans laquelle il y a des risques pour le respect des droits. D’autant que cela se passe en dehors du regard de la société. L’objectif de l’observatoire est double : obtenir des informations sur ce qui se passe à l’intérieur grâce aux gens qui y travaillent, analyser et, si besoin est, alerter l’opinion publique. L’enfermement systématique des étrangers est une réponse politique absurde et inefficace quant aux objectifs affichés de lutte contre l’émigration irrégulière : les gens ne sont pas moins là, ils sont simplement plus enfermés !

En tant qu’association médicale, quelles conséquences physiques et mentales constatez-vous ?
Depuis longtemps nous sommes sollicités pour aider les étrangers malades qui sont retenus alors qu’ils n’ont rien à faire en rétention, puisque théoriquement ils sont protégés de l’éloignement en raison de leur état de santé. Nous constatons que les conditions de santé dans les centres de rétention sont de plus en plus proches des celles des prisons : violences, automutilations, pathologies mentales et des pathologies mentales qui peuvent aller jusqu’aux psychotraumatismes.

Entretien paru dans l'Humanité du 11 mai 2010