Mais l’œuvre n’a pas été du goût de tous. Déjà, pendant l’inauguration, le collectif d’extrême-droite Bloc Identitaire avait tenté de jouer les trouble-fêtes. Le mur avait ensuite été pollué avec des croix celtiques, des « 88 » (signature des adeptes d’Adolf Hitler) et autres «immigrés dehors».

Quant au préfet des Pyrénées-Atlantiques, Philippe Rey, lui aussi visiblement rebuté par l’œuvre, il a carrément porté l’affaire devant la justice considérant que le maire était sorti de son «devoir de neutralité» vis-à-vis de la politique gouvernementale.

Le tribunal administratif de Pau lui a donc donné raison hier en prononçant «l’annulation» de la décision du maire de Billère. Le texte du jugement doit être rendu ultérieurement. Évidemment, le Bloc identitaire s’est empressé de crier victoire, s’appropriant la décision de justice. « Cela prouve que nos méthodes sont les bonnes et que nos réseaux sont efficaces, écrivent-ils dans un communiqué. Nous avons agi, pour que cet acte d’ethnomasochisme ne passe pas inaperçu. »

Loin de s’avouer vaincu, Jean-Yves Lalanne considère lui que l’absence de date dans la décision du tribunal administratif est «une invitation à faire l’appel», ce que l’élu compte faire. Il s'apprête également à saisir la Cour européenne des droits de l'homme. « Le préfet essaye de bâillonner les élus de la république, dénonce le maire. Lui a organisé un débat sur l’identité nationale, avec des dérapages racistes qui remettent en question la neutralité de la république. Mais je n’ai pas porté plainte...»

Du côté du Réseau éducation sans frontières, «on attend impatiemment que le préfet passe à l’acte, ironise Jean-Jacques Le Masson. On n’a pas l’intention de passer sous silence cette action de salubrité publique». Le procès en appel décidera si oui ou non, la justice ordonne d’effacer les mots liberté égalité et fraternité.

Article paru dans l'Humanité du 13 janvier 2010