Le racisme contre les Roms est-il très présent ?

Il a augmenté depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007. Par exemple, on applaudit ici les discours de Berlusconi et de Sarkozy. Les autorités roumaines se disent qu’elles peuvent désormais dire ce qu’elles veulent des Roms sans être accusées de racisme...

Comment les Roumains perçoivent-ils les expulsions de Roms depuis la France ?

Les Roumains sont obsédés par l’idée que les roms ternissent l’image du pays à l’étranger. L’opinion publique ne critique pas ces expulsions, parce que ce sont des Roms... Très peu de gens ici s’opposent à ces expulsions. La gauche et la droite approuvent. Il n’y a que les associations de Roms et des droits de l’Homme qui remettent en question ces «rapatriements».

Sur quelle base critiquez-vous ces expulsions ?

Je ne comprends pas que la France ait laissé s’installer des campements de Roms pendant dix ans pour les rapatrier ensuite en Roumanie. C’est un atout électoral pour Sarkozy, comme ça l’est pour Berlusconi. La question des Roms devient un miroir idéologique de la droite.

Que vont-ils devenir en Roumanie ?

Certains vont rester ici et d’autres vont retourner en France. Ce n’est pas avec les 300 euros que le gouvernement français leur donne qu’ils vont refaire leur vie ici...

Entretien publié dans l'Humanité du 1er septembre