Le plus petit, un bébé de dix mois est l’enfant d’un couple géorgien, M. et Mme Odikadze. D’après le Réseau éducation sans frontière (RESF), ce jeune couple a fui la Géorgie «parce que leurs familles n’acceptaient pas leur mariage». Le père souffre d’une hépatite C, la mère, enceinte, a dû subir une hospitalisation la semaine dernière pour un début de fausse couche. Quelques heures après, elle était ramenée au CRA. Dans un communiqué RESF appelle «tous les citoyens que cette situation révolte à réagir auprès de la préfecture de l’Isère et du gouvernement».

Dans le même bâtiment réservé aux familles vit, depuis le 8 juillet également, un couple kosovar avec leurs cinq enfants. La plus grande est majeure, les autres ont entre neuf et dix-sept ans.

L’enfermement des enfants dans les CRA n’est pas sans poser de questions. Les centres de rétention sont, avec les zones d’attente, les seuls endroits en France où un mineur de moins de treize ans peut être privé de liberté. Traumatisant pour les enfants, ce placement est contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant dont la France est signataire. La défenseure des enfants s’est positionnée contre, préconisant l’assignation à résidence. Interpellé l’été dernier sur cette question, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, avait déclaré : «Je ne vais pas y mettre fin», assurant que cette situation restait «assez rare», sans donner plus de précision. Les derniers chiffres disponibles sont ceux de la Cimade en 2008 qui comptabilisait alors 222 enfants enfermés au cours de l’année.

Article publié dans l'Humanité du 20 juillet 2010