Cette «chasse aux Roms» joue le rôle d’un « écran de fumée devant les vrais problèmes que sont le logement et la sécurité» a dénoncé Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), qui estime que ces citoyens roumains et bulgares sont utilisés «comme chair à statistique pour les quotas d’expulsions».

Créant un «climat de peur» chez les Roms migrants installés en France, ces expulsions ont des conséquences catastrophiques, entraînant des ruptures scolaires et sanitaires chez des populations dont l’accès à la santé et à l’éducation est déjà très difficile. «Les expulsions ont un impact dramatique dans le registre sanitaire, constate Jean-François Corty, de Médecins du monde. Elles peuvent intervenir par exemple en plein milieu d’une campagne de vaccination». Or 70% des enfants roms ne sont pas vaccinés contre les maladies classiques comme la rougeole et le tétanos. Une situation sanitaire d’autant plus préoccupante que 90% des Roms migrants installés en France n’ont pas accès à l’assurance maladie.

Les droits des enfants sont eux aussi «bafoués» avec des enfants roms massivement exclus de l’école. «Ils sont de 5000 à 6000 exclus de la scolarisation en France, estime Michel Fevre de la LDH. Et ce n’est pas dû à un refus des familles comme on l’entend, mais souvent aux municipalités qui refusent de scolariser et aux expulsions qui représentent la cause majeure de leur non scolarisation»

Les associations réunis dans le collectif ont conclu par «un appel aux citoyens et aux collectivités locales à entrer en résistance pour assurer la mise à l’abri des Roms se trouvant en France».