Depuis janvier, le préfet fait preuve d’un incroyable acharnement pour expulser du territoire Guilherme Hauka Azanga: quatre tentatives d’expulsion ratées (dont une par avion militaire) qui ont coûté aux finances publiques pas moins de 160 000 euros, sans parler des conséquences psychologiques pour cet homme de 45 ans qui vit aujourd’hui caché dans la crainte d’une nouvelle arrestation.

Fait rare, le préfet s’était fait représenté hier par un avocat. « Je plaide seule contre tous » a lancé maître Dominique Schmitt pour débuter sa plaidoirie. « Monsieur Hauka-Azenga a pris la décision, en toute connaissance de cause, de faire des enfants alors que sa situation en France était des plus précaire » poursuit l’avocate qui s’interroge, sur un ton faussement naïf : « Pourquoi ne pas reconstruire une vie en Angola avec ses enfants ? ».

Maître Sabatier, avocat de Guilherme – par crainte d’une arrestation, ce dernier n’était pas présent au tribunal – n’a cessé d’énumérer les preuves de l’attachement de ce père de famille lyonnais à la France, à sa compagne et à leurs enfants, témoignage de directrice d’école et de médecin à l’appui. « Son seul délit, dit-il, est un refus d’embarquement. Ce qui signifie que cet homme préfère faire de la prison (il a été condamné à deux mois, NDLR) que d’abandonner sa femme et ses enfants ». Au nom de la convention européenne des droits de l’enfant et de la convention international des droits de l’homme, Guilherme doit rester en France, plaide l’avocat. «Le préfet à une chance unique, en régularisant Monsieur Hauka Azenga de réunir toute cette famille » conclut Laurent Sabatier.

Douche froide dans le public au moment où le rapporteur public prend la parole : pour lui, le refus de titre de séjour et l’OQTF sont légaux. Mis en délibéré, le jugement n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

Paru dans l'Humanité du 10 juin 2010