Hier, la gauche a dénoncé ces expulsions «à caractère raciste» selon Faouzi Lamdaoui (PS) et servant de «symbole ignoble» pour Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie).

A l’étranger aussi, les critiques se multiplient. Fin juillet, l’ONU pointait du doigt « un regain significatif de racisme en France ». Le 5 août, le prestigieux New York Times, dans son éditorial intitulé « Xénophobie : la chasse aux non-Français », accusait le gouvernement français de mener une politique xénophobe à des fins électoralistes. Enfin mercredi, la Commission européenne a mis en garde la France, la sommant de « respecter les règles » concernant la libre circulation dans l’espace européen.

La Roumanie hausse le ton

Pour la première fois depuis le durcissement de la politique sécuritaire de la France, le ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Baconschi a haussé le ton se déclarant inquiet des «risques de dérapage populiste» et de «réactions xénophobes sur fond de crise économique». En Bulgarie, le journal d’opposition Sega, a violemment dénoncé la politique française de «déportation» des Roms : «Tous est prêt pour la déportation officielle la plus massive d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale».

Pendant ce temps, les évacuations de campements continuent. Hier matin, un terrain vague occupé par une centaine de Roms à Saint Martin d’Hères (Isère) a été évacué par quelque 150 CRS et gendarmes mobiles. Dans le Nord, trente cinq Roms ont été expulsés d’un terrain à Lezennes, près de Lille. Les vingt-trois adultes ont été placés en garde à vue.

Article publié dans l'Humanité du 20 août