En métropole, l’association oecuménique a cédé sa place dans treize centres. Ne conservant que onze CRA, l’association est contrainte de lancer un plan de sauvegarde de l’emploi. « Cela va provoquer des suppressions de postes, concède Laurent Giovannoni, secrétaire général de l’association. Sur soixante-dix salariés en rétention, la moitié des effectifs va disparaître ». Forum réfugiés a déjà réembauché quatre salariés qui travaillaient pour la Cimade. Si les mêmes personnes officient en rétention, quels changements apportera cette réforme ? « Le principe même d’éclatement de la mission en huit lots va affaiblir la vision d’ensemble et donc la capacité d’aide aux étrangers », répond Laurent Giovannoni.

Tout juste entrées dans les centres, les quatre nouvelles associations ne sont pas très prolixes. « C’est nouveau pour nous, reconnaît Christian Laruelle, de l’Assfam, mais nous sommes au travail pour aider les retenus à exercer leurs droits. » Afin d’assurer une cohérence nationale, un comité de pilotage a été créé qui doit aboutir à la rédaction d’un rapport annuel commun. Une question d’importance puisque ces associations sont les seuls témoins présents en rétention, les journalistes y étant interdits. « Nous entrons dans les centres avec deux objectifs claires, explique Pierre Henry, directeur de France terre d’asile. Convaincre l’opinion publique de ne pas s’habituer à l’enfermement des étrangers et trouver une alternative raisonnable à la rétention. » Et de conclure : « Nous n’étions pas demandeurs, mais à partir du moment où le ministère a lancé son appel d’offre, on s’est dit qu’il valait mieux que ce soit nous que d’autres ».

Article paru dans l'Humanité du 5 janvier