Pitshou, sans-papiers de 16 ans, logé à l'hôpital
Par Marie Barbier le vendredi 8 janvier 2010, 08:00 - Enfants et jeunes majeurs - Lien permanent
Depuis trois mois, Pitshou vit à l’hôpital. Non pas que ce congolais de seize ans soit malade, mais le personnel du service pédiatrie a décidé de le garder, jusqu’à ce que les différentes administrations cessent de se rejeter la responsabilité de sa prise en charge. L’histoire est kafkaïenne : arrivé en Ariège début octobre, Pitshou est recueilli au commissariat de Pamiers. Le procureur prononce une mesure de protection provisoire dont l’application incombe au conseil général. Ce dernier refuse, Pitshou est relâché dans la nature. Affamé, le jeune garçon fait un malaise, les pompiers le conduisent au centre hospitalier du Val d’Ariège. Le jeune homme n’a pas quitté sa chambre depuis.
Une «prison blanche» pour Christian Morisse, responsable de la ligue des droits de l’homme dans l’Ariège : « Il est peut être au chaud et il mange bien, mais psychologiquement, il vit mal cet enfermement ». Comme tout mineur isolé étranger, Pitshou devrait bénéficier d’une prise en charge adaptée. D’autant qu’il est en pleine dépression post-traumatique : au Congo, il a été témoin de l’assassinat de ses deux frères et de son père et du viol de sa petite sœur. En fuite, il a été séparé de sa mère, dont il n’a pas de nouvelle depuis. Christian Morisse accuse le conseil général de vouloir en faire un « exemple » et demande «l’application, sans restriction de la législation sur la protection de l’enfance ». Et de rappeler que, chaque jour, son hospitalisation coûte 540 euros à la sécurité sociale... Joint par téléphone, Augustin Bonrepaux, président socialiste du conseil général d’Ariège justifie sa décision par la saturation de ses services : « Nos structures sont pleines ! Nous ne pouvons pas multiplier les places. Comme tous les départements, nos recettes sont comptées. »
Augustin Bonrepaux a interpellé le ministre de l’Immigration pour une meilleure répartition de la prise en charge des mineurs isolés étrangers et, sur le cas particulier de Pitshou, demande à l’association France terre d’asile de le prendre en charge. Celle-ci devrait donner sa réponse dans les jours qui viennent.
Article paru dans L'Humanité du 8 janvier
Commentaires
Reportage sur Arté montrant aussi des demandeurs d'asile afghans à la rue sous les ponts, ce qui rend la France en infraction avec les accords signés au niveau européenne, puisque le pays se chargeant du dossier du demandeur se doit de l'accueillir dignement (d'héberger et nourrir)
Quelle honte!
A côté de ça, l'UMP a lancé son site web des "créateurs du possible" budget 500 000 - 1 million d'euros truffés de fautes et aux utilisateurs fictifs comme l'intérêt d'ailleurs.
Le National Sarkozisme nous fait avoir honte d'être français comme les américains avait honte de venir des USA lorsque Bush fils était au pouvoir.