Une «prison blanche» pour Christian Morisse, responsable de la ligue des droits de l’homme dans l’Ariège : « Il est peut être au chaud et il mange bien, mais psychologiquement, il vit mal cet enfermement ». Comme tout mineur isolé étranger, Pitshou devrait bénéficier d’une prise en charge adaptée. D’autant qu’il est en pleine dépression post-traumatique : au Congo, il a été témoin de l’assassinat de ses deux frères et de son père et du viol de sa petite sœur. En fuite, il a été séparé de sa mère, dont il n’a pas de nouvelle depuis. Christian Morisse accuse le conseil général de vouloir en faire un « exemple » et demande «l’application, sans restriction de la législation sur la protection de l’enfance ». Et de rappeler que, chaque jour, son hospitalisation coûte 540 euros à la sécurité sociale... Joint par téléphone, Augustin Bonrepaux, président socialiste du conseil général d’Ariège justifie sa décision par la saturation de ses services : « Nos structures sont pleines ! Nous ne pouvons pas multiplier les places. Comme tous les départements, nos recettes sont comptées. »

Augustin Bonrepaux a interpellé le ministre de l’Immigration pour une meilleure répartition de la prise en charge des mineurs isolés étrangers et, sur le cas particulier de Pitshou, demande à l’association France terre d’asile de le prendre en charge. Celle-ci devrait donner sa réponse dans les jours qui viennent.

Article paru dans L'Humanité du 8 janvier