Troublante, cette affaire pose de nombreuses questions. Si Nanette avait effectivement souhaité rentrer au Congo, comment expliquer qu’elle se soit rendue à l’aéroport avec son sac de cours comme unique bagage ? Plus étonnant encore, Nanette affirme que deux policiers étaient à ses côtés dans l’avion jusque Casablanca. Or, d’après une source policière, «on n’a jamais vu une aide au retour volontaire sous escorte»...

Christian Alloncius, professeur au lycée Siegfried ajoute que Nanette, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire depuis septembre, n'était pas éligible à l’aide au retour humanitaire. «On peut se demander dans quelles conditions une jeune fille parfaitement intégrée, qui bénéficie d’une bourse de 400 euros par mois, est intéressée par une aide au retour de 300 euros», ajoute t’il. L’association Un visa pour Nanette collecte les fonds nécessaires à son retour (1).

Interpellé sur cette question, Eric Besson a publié un démenti acide, accusant le PS d’être « à la remorque des associations les plus extrémistes ». Et le ministre de préciser que Nanette peut demander un visa pour revenir en France, à condition de rembourser la somme perçue.

Article paru dans l'Humanité du 3 novembre 2009