Qu’est-il arrivé à Nanette Alanhi-Bangofa ?
Par Marie Barbier le mardi 3 novembre 2009, 08:00 - Enfants et jeunes majeurs - Lien permanent
Depuis dix jours, Nanette Alanhi-Bangofa se morfond à Brazzaville, capitale du Congo. C’est à peu près la seule certitude dans ce qu’il faut bien appeler désormais l’affaire Nanette. Pour le moins étrange, cette histoire oppose deux versions totalement contradictoires.
Elève en BTS au lycée Siegried à Paris, Nanette
raconte qu’elle a été arrêtée à Gare du Nord, le 21 octobre au matin, emmenée
directement à Orly, puis expulsée vers le Congo Brazzaville, via Casablanca.
Mais la préfecture de Paris et le ministère de l’Immigration démentent
l’existence d’une «mesure de reconduite forcée» : Nanette serait rentrée
de son plein gré, moyennant un pécule de 300 euros. Les documents de l’Office français de l’immigration (OFII), que nous
avons pu consulter, indiquent en effet, que la jeune fille a déposé une demande
d’aide au retour humanitaire. Un autre document, signé de sa main, accuse
réception des 300 euros à l’aéroport.
Les signatures sont troublantes, tout comme le sont les démentis de Nanette. Joint plusieurs fois par téléphone, la jeune fille maintient sa version, jure qu’elle ne sait pas ce qu’est l’OFII, qu’elle n’a jamais reçu 300 euros et qu’elle ne souhaite qu’une chose : revenir à Paris. Elle aurait effectivement signé un document à l’aéroport, sans savoir de quoi il s’agissait.
Troublante, cette affaire pose de nombreuses questions. Si Nanette avait effectivement souhaité rentrer au Congo, comment expliquer qu’elle se soit rendue à l’aéroport avec son sac de cours comme unique bagage ? Plus étonnant encore, Nanette affirme que deux policiers étaient à ses côtés dans l’avion jusque Casablanca. Or, d’après une source policière, «on n’a jamais vu une aide au retour volontaire sous escorte»...
Christian Alloncius, professeur au lycée Siegfried ajoute que Nanette, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire depuis septembre, n'était pas éligible à l’aide au retour humanitaire. «On peut se demander dans quelles conditions une jeune fille parfaitement intégrée, qui bénéficie d’une bourse de 400 euros par mois, est intéressée par une aide au retour de 300 euros», ajoute t’il. L’association Un visa pour Nanette collecte les fonds nécessaires à son retour (1).
Interpellé sur cette question, Eric Besson a publié un démenti acide, accusant le PS d’être « à la remorque des associations les plus extrémistes ». Et le ministre de préciser que Nanette peut demander un visa pour revenir en France, à condition de rembourser la somme perçue.
Article paru dans l'Humanité du 3 novembre 2009
Commentaires
tiens ! le pc qui donne des lessons c'est amusant, vraiment ! a par critiquer tu propose quoi, accepter toute la misère du monde en france sans pouvoir leur donner un boulot un apart, à bouffer ! allons il faut être un peu réaliste, elle fait de grande études et elle sait pas qu'elle signe pour recevoir le fric elle sait lire non ! ridicule tout ça ! si tu veux dénoncer quelque chose au niveau des droits de l'homme parle un peu de la prison en france, mais peut être c'est plus compliqué pour toi de faire une enquête en france !
C'est incroyable le temps qu'on perd quand on est journaliste à l'Huma à répéter, encore et encore, que ce quotidien n'est pas – plus – le journal du parti communiste français depuis 1999. Outre vos dix ans de retard, il semble que vous ne compreniez pas non plus le fonctionnement d'un journal : les rédacteurs sont spécialisés dans certains domaines, donc si vous voulez lire des enquêtes sur la prison je vous conseille les excellents articles de ma consœur Anne Roy.