«Plus personne ne parle d’eux»

Josiane Balasko Josiane Balasko, comédienne
« Symboliquement, on s’est dit que ce serait bien de partager la galette des Rois avec ces travailleurs sans papiers. Ca fait des années qu’ils sont en France, qu’ils travaillent ici et payent des impôts, leur situation est hallucinante ! Plus personne ne parle d’eux. Les pétitions ne suffisent plus, il faut attirer l’attention sur leur problème. La semaine dernière, Sarkozy a dit « Redonnons un sens au mot fraternité », voilà ! C’est important aussi de montrer que dans ce pays il y a des gens qui se mobilisent et qui sont aussi porteurs d’opinions, comme Lilan Thuram. Ca peut aider à mobiliser l’opinion. »

« Exploités par des patrons véreux »

Cali Cali, chanteur
« C’est essentiel et urgent de soutenir les sans papiers dans notre pays. Il existe une espèce de censure dans les médias sur cet événement. Pour alerter plus de monde, on s’est dit qu’on allait manger une galette des Rois avec les sans-papiers, pour faire venir les médias. Je suis pour la régularisation de tous les sans papiers en France. Leur demande est normale. 6000 sans papiers, exploités par des patrons véreux, sont en grève depuis le 12 octobre. C’est important que tout le monde soit conscient de la détresse de ces personnes et de leur colère.

« Une atteinte aux droits fondamentaux »

Jean-Pierre Thorn Jean-Pierre Thorn, réalisateur
« C’est un vrai scandale que ces travailleurs ne puissent pas être régularisés. Ca fait des années que ça dure ! En 1973, j’avais réalisé un documentaire sur des travailleurs sans papiers en grève qui avaient obtenu leur régularisation. Vingt-cinq ans après, des milliers de travailleurs sont dans cette situation et le pouvoir répond par le compte-goutte ! C’est une atteinte aux droits fondamentaux. A cela s’ajoute un problème de fond : cette situation créé une division au sein du monde du travail. Cela me parait aller de soi d’être solidaire. Cette lutte est ignorée, très peu relayée par les médias alors que le nombre de salariés est énorme ! Il est nécessaire de ne pas les oublier. »

«Rien n’a changé depuis Saint-Bernard»

Valérie Lang Valérie Lang, comédienne
« Depuis Saint-Bernard (occupation de l’église en 1996, NDLR), rien n’a changé, au contraire. Les lois, de plus en plus restrictives, créent encore plus de sans-papiers, de clandestinité et de difficultés pour les gens qui travaillent ici. Ce qui a changé et qui est remarquable, c’est que les sans papiers se mobilisent politiquement, ils défendent les droits des travailleurs. Il y a une grande hypocrisie: les garder dans la clandestinité permet aussi de moins les payer. Il serait légitime de les régulariser, ce n’est pas eux qui enlèvent le travail aux trois millions de chômeurs. Quand la loi est inique il faut la remettre en question. L’important c’est aussi d’être physiquement présent, de prendre du temps sur son temps de vie pour venir les soutenir. »

«La liberté de circuler sans raser les murs»

Philippe Lioret Philippe Lioret, réalisateur
« Après Welcome, j’ai pris en pleine figure la manière hautaine et sans discernement avec laquelle ce gouvernement, et surtout cet espèce d’inimaginable ministre de l’Identité nationale, agissent. Ce n’est pas sain pour la démocratie, pour les libertés. Partout où je pourrais m’engager contre ces deux-là, je le ferai. Ces sans papiers travaillent en France depuis des années, leurs enfants sont scolarisés. Ils ne profitent pas du système, c’est le système qui profite d’eux. C’est normal qu’ils aient des contreparties, comme la liberté de circuler sans raser les murs comme des ombres. Ils sont employés pour faire des boulots que peu de gens peuvent faire. Je suis très inquiet de ce que la politique de ce gouvernement insuffle comme tensions xénophobes. Ce populisme m’écoeure... »

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