Jeudi, des associations de soutien aux étrangers (1) ont présenté une « analyse collective », extrêmement exhaustive et détaillée de ce projet de loi (télécharger ce document ici. Un peu plus de quatre-vingt pages pour décortiquer la future Loi Besson. «C’est un travail d’analyse technique, précise Stéphane Maugendre, président du Gisti. Car la technicité cache des politiques extrêmement répressives à l’égard des étrangers».

Dans le collimateur des associations : la possibilité de créer des zone d’attente ad hoc, qui transformerait « la France entière en zone potentielle de refoulement » ; le prolongement de la durée de rétention de 30 à 45 jours, la «mise à l’écart des juges» («Un étranger placé en centre de rétention devra attendre 5 jours au lieu de 48 heures aujourd’hui avant de comparaître devant le JLD (juge de la liberté et de la détention, ndlr)» ; ou encore le «bannissement» de l’Europe avec une interdiction de retour sur le territoire français prévu pour durer entre deux et cinq ans. Tous ces éléments font de ce projet de loi « un nouveau tournant dans la politique d’hostilité aux populations étrangères et attaque insidieusement le droit d’asile » dénoncent les associations.

Parallèlement, le documentaire « Ulysse clandestin », un « film pour la nécessaire suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », de Thomas Lacoste, sortira en salle en septembre, pour créer le débat sur cette nouvelle «ignominie» du «ministère de la honte». Le film est déjà disponible sur internet.

(1) ADDE, Acat France, Cimade, Fasti, Gisti, InfoMIE, Migreurop, MOM, Association Primo Levi, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature et organisations membres de la Coordination française pour le droit d’asile.