Le parcours chaotique de ces mineurs demande une prise en charge qui dépasse largement la simple mise à l’abri : aide psychologique, conseils pour les démarches administratives, cours de français... Autant de soins que la Ddass ne prend pas en charge. Si les mineurs ont droit à deux heures de cours de français par jour, c’est grâce au financement de mécènes privés.

Le repérage de ces jeunes n’est pas non plus pris en charge et ce sont donc des bénévoles qui se chargent de ce travail au long terme, indispensable. Christiane Gomis, éducatrice, estime à six mois le temps nécessaire pour «extraire» une fille de la prostitution et la convaincre de rejoindre au centre. Autre contradiction du système, qui hérisse le directeur de la structure, à leurs 18 ans, ces jeunes peuvent se retrouver sans-papiers : «Tous les mois, on dépense 4000 euros pour eux et ensuite on les jette dans la clandestinité et la prostitution. Quel gâchis !»

Article paru dans l'Humanité le 19 novembre