« On a ouvert nos portes à la demande des associations, explique Thomas Sorrentino, directeur du lieu. On a 500 m2 chauffés qui ne servent pas la nuit alors que des gens dorment dehors... Mais dans une semaine nous accueillons un événement de plusieurs jours, ils devront partir. » Jusqu’au mardi 19 janvier donc, les quelque 150 Afghans qui campent sur les bords du canal pourront bénéficier d’un endroit chauffé pour la nuit.

Pourtant, tous ne se sont pas rués au Comptoir général. «Il a fallu les convaincre un par un pour qu’ils viennent», raconte encore Thomas Sorrentino. Ainsi, Bilal, 16 ans, arrivé l’été dernier à Paris et qui dort depuis sous un pont en face de l’hôtel du Nord, assure qu’il ne restera pas pour la nuit : « Ca fait sept mois qu’on a trouvé une bonne place, on va pas tout laisser juste pour sept jours ». Mais petit à petit, les Afghans se laissent convaincre. Samedi soir, ils étaient soixante à dormir au Comptoir général ; soixante-cinq dimanche.

Aidé par une dizaine de bénévoles, Sandrine Macé, chargée de la mission afghans à Emmaüs, court partout pour organiser la logistique des lieux. Entre la gestion des lits de camp et du vestiaire, elle lâche : « J’exige qu’à partir de mardi il y ait une solution. Il est hors de question que je remette ces jeunes à la rue quand ce sera fini ici ». Dans un communiqué, les associations qui soutiennent cette initiative demandent une rencontre cette semaine «avec les autorités politiques compétentes : mairie, département, région et gouvernement» pour trouver une «solution d’hébergement pérenne». Hier soir, une réunion entre associations et partis politiques du 10e arrondissement devait décider d’actions communes à mener cette semaine.

Article paru dans l'Humanité du 12 janvier 2010

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