"Nous voulons cotiser" crient les sans-papiers
Par Marie Barbier le vendredi 27 novembre 2009, 08:00 - Travailleurs en lutte - Lien permanent
Ils sont venus en nombre avec drapeaux, banderoles et percussions. Hier, alors que Xavier Darcos réunissait la commission nationale de lutte contre le travail illégal, 400 salariés sans papiers manifestaient près du ministère pour exiger leur régularisation. Majoritairement originaire d’Afrique noire, mais aussi d’Asie et du Maghreb, ils brandissent des pancartes : «Nous voulons cotiser, nous voulons être déclarés». «C’est bien la première fois dans ce pays que des travailleurs manifestent pour dire qu’ils veulent cotiser!» s’amuse Raymond Chauveau, coordinateur CGT du mouvement.
A quelques mètres de là, Xavier Darcos
présente son plan de lutte contre le travail illégal. Politique du chiffre
oblige, le ministre veut augmenter de 5% les procès-verbaux pour travail
illégal et de 10% les redressements de cotisations sociales par l’Urssaf.
Concernant les sanctions, Xavier Darcos a confirmé le projet de loi sur la
fermeture administrative des entreprises embauchant des sans-papiers. Des
sanctions qui viseraient surtout les sous-traitants : «On me jette à la
figure des grands noms de donneur d’ordre, mais ce sont les sous-traitants qui,
souvent sciemment, font de fausses déclarations». «Avant toute mesure, il faut
protéger les salariés» répond Francine Blanche, de la CGT, qui a participé à
cette première commission et demande un moratoire, le temps de régulariser les
travailleurs sans papiers.
Venues en
nombre, les sans-papières repartent une nouvelle fois bredouilles.
Travailleuses non déclarées dans le secteur de l’aide à domicile, elles sont
les grandes oubliées de toutes les mesures gouvernementales.«Elles sont exclues
de la circulaire de Besson (lire l’humanité d’hier NDLR) et des mesures de
Darcos, dénonce Ana Azaria, présidente de l’association Femmes égalité.
Pourtant, même leurs employeurs disent qu’ils veulent les déclarer!»Depuis le
12 octobre, 500 se sont mises en grève pour obtenir leur régularisation.
Article paru dans l'Humanité du 27 novembre 2009 Photos : Marie Barbier

