Laissez-passer

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vendredi 23 décembre 2011

Chouaïb, jeune autiste, libéré hier soir après 31 jours de rétention

Chouaïb Benhachiche
La nouvelle est tombée hier peu avant 19 heures. «Il est sorti ! Nous allons nous rejoindre pour faire la fête.» s’exclamait Samia Attali, de l’association Je vous tends la main. Hier soir donc, Chouaïb Benhachiche, jeune autiste de vingt et un ans, a été libéré du centre de rétention de Vincennes où il était enfermé depuis trente et un jours. Pour la plus grande joie de ses soutiens qui se sont démenés pour le sortir de cette situation « aberrante ».

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mardi 20 décembre 2011

Un jeune autiste en rétention depuis un mois

Chouaïb Benhachiche est un jeune homme de 20 ans. D’origine algérienne, il est suivi par l’Aide sociale à l’enfance depuis ses 16 ans et bénéficie d’un « contrat jeune majeur », qui lui permet d’être logé dans un foyer de jeune travailleur à Paris. Malgré ses troubles du comportement d’allures autistiques, Chouaïb a obtenu, en juin dernier, son CAP dans la restauration. Mais, alors que l’État lui assure sa protection d’un côté, de l’autre il lui refuse un titre de séjour. Shouaid est donc sans-papiers sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

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mercredi 14 septembre 2011

Enfants étrangers, le cri de colère du 93

« Qu’est ce que vous croyez ? Que les jeunes qui ont fui la faim ou la guerre rêvent de venir en Seine-Saint-Denis ? Non ! Ils se placent sous la protection de la France. » Claude Bartolone ne décolère pas et somme l’État de prendre ses responsabilités. Comme il l’avait menacé dans un courrier au garde des Sceaux en juillet dernier, le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis refuse, depuis le 1er septembre, d’accueillir les mineurs isolés étrangers (MIE) qui lui seraient confiés par la justice ou qui se présenteraient à ses services.

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lundi 16 mai 2011

Le procès des enfants enfermés

Erwan s’avance vers la barre avec calme. Ce jeune kossovar de 17 ans est cité comme témoin dans le procès de l’enfermement des enfants étrangers. Les applaudissements sont proscrits («ce n’est pas un spectacle»), l’ambiance studieuse. Depuis neuf heures, ce samedi, experts et témoins défilent devant ce tribunal d’opinion (1).

Erwan, dont la famille, sans-papiers, vit traquée en France depuis neuf ans, s’interroge, après son passage en centre de rétention : « Je ne savais pas quoi dire à mon petit frère. Comment expliquer à un enfant de six ans qu’il est enfermé dans une cage ? ».

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lundi 7 mars 2011

Christian libéré !

Christian Kiniangi Samedi dernier, jour de son seizième anniversaire, Christian Kiniangi a été libéré du centre de rétention de Plaisir (Yvelines) où il était enfermé depuis 17 jours. Arrêté le 15 février à Amiens, dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance, avec huit autres jeunes "soupçonnés de majorité", Christian était le dernier encore enfermé. La semaine dernière, nous avions pu le rencontre au parloir du CRA de Plaisir où il nous avait raconté son histoire édifiante. Samedi matin, le juge des libertés et de la détention du tribunal de Versailles a donc empêché son maintien en rétention. Désormais libre, Christian va pouvoir reprendre son CAP carreleur au collège César Franck d'Amiens en attendant sa majorité, date à laquelle l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) pourra statuer sur sa demande d'asile.

Les photos de Jean-Claude Suget (Réseau éducation sans frontières) de la journée de samedi, avec libération et gâteau d'anniversaire devant le centre de rétention, sont à voir ici !


jeudi 3 mars 2011

Avoir 15 ans en rétention

Christian KiniangiIl a les traits tirés. Dit qu’il n’arrive pas à dormir. Avec sa main, il imite un moulin à côté de sa tête. Christian Kiniangi cogite. Et il a de quoi. Depuis seize jours, ce garçon, qui affirme avoir 15 ans, est enfermé au centre de rétention administrative (CRA) de Plaisir, dans les Yvelines. La préfecture de la Somme, elle, le déclare majeur, donc expulsable.

Il y a un an, Christian ne parlait que le Lingala. Aujourd’hui, c’est dans un français correct qu’il raconte son histoire. Né en République démocratique du Congo (RDC), Christian est orphelin de père et de mère. « Mes parents ont été tués en 2007, le 22 mars. » Son père était « politicien ». Une amie de ses parents prend soin de lui, jusqu’à ce jour d’avril 2010 où un « monsieur » l’emmène en France. A Roissy, l’homme part acheter une carte téléphonique et ne reviendra pas. Un Congolais habitant Amiens (Somme) recueille Christian, le loge une semaine puis le confie à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le garçon commence alors à « bâtir » sa vie : des éducateurs, des amis et une formation de carreleur au collège César Franck d’Amiens, où il intègre une troisième d’insertion. Ironie de la situation, sa demande de stage lui est refusée parce qu’il n’a pas les seize ans requis…

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vendredi 18 février 2011

Neuf chaises vides à Amiens

Les forces de l’ordre sont arrivées tôt mardi matin dans les foyers d’hébergement : neuf lycéens sans-papiers ont été arrêtés simultanément à Amiens et Abbeville (Somme). Sept d’entre eux étaient élèves au lycée professionnel Romain Rolland d’Amiens où ils apprenaient le français. Tous originaires d’Afrique, ces jeunes étaient arrivés seuls en France il y a moins d’un an, ils étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

«Ils n’ont même pas pu emporter leurs vêtements et leur traitement médical » raconte Marcel Dekervel, de la Ligue des droits de l’homme d’Amiens. Une fois placés en garde à vue, les lycéens auraient alors subi un test osseux, un examen médical controversé qui estime l’âge de la personne. Déclarés majeurs, ils ont été placés dans quatre centres de rétention différents dans l’attente de leur possible expulsion.

Choqués, lycéens et professeurs du lycée Romain Rolland devaient manifester hier, place Gambetta, soutenus par le Réseau éducation sans frontières.


jeudi 19 novembre 2009

L'accueil des jeunes migrants saturé

REPORTAGE. Au bout d’un couloir aux murs délabrés, le directeur du centre ouvre une porte en soupirant : dans cet ancien bureau il a réussi à tasser six matelas. «Normalement, je n’ai pas le droit d’accueillir plus de dix-neuf mineurs, précise Dominique Habiyaremye. Mais quand se présente un gamin de treize ans à la rue, vous choisissez vite entre humanité et légalité.»

Comme les autres structures d’accueil de mineurs isolés étrangers, le centre du Kremlin-Bicêtre, géré par Enfants du monde-Droits de l’homme (EMDH) sous contrat avec l’État, manque cruellement de moyens. Pour la capitale ce dispositif, dit Versini, compte 120 places. Un chiffre nettement insuffisant face à l’afflux croissant de jeunes migrants. Plusieurs dorment chaque soir à la rue, faute de place. Pour répondre à l’inquiétude des associations, le ministère a créé un groupe de travail et présentait hier ses premières mesures.

Reflets des conflits et de la misère du monde, le centre du Kremlin-Bicêtre accueille aussi bien des Afghans qui ont fui la guerre que des Éthiopiennes livrées aux réseaux de prostitution. Tous ont parcouru des milliers de kilomètres, seuls, pour rejoindre l’Europe. EMDH est chargé de les mettre à l’abri, théoriquement pour une durée de quinze jours, avant leur prise en charge par l’aide sociale à l’enfance. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, les services de l’état, totalement saturés, bloquent à tous les étages. «Certains sont là depuis quatre ou cinq mois, témoigne Dominique Habiyaremye. Cette période d’attente est très dure à gérer pour eux. Ils n’ont qu’une envie : aller à l’école et se poser enfin quelque part».

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