C’est l’histoire d’une lutte. Une lutte longue
et acharnée que ses protagonistes n’oublieront pas de sitôt. Les lecteurs de
l’humanité aussi s’en souviennent : le 8 avril 2010, quelques minutes
avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention de
Bobigny. Une victoire pour ce père de famille angolais qui a échappé à quatre
tentatives d’expulsion et purgé deux mois de prison pour avoir voulu vivre en
France alors qu’il n’était pas un immigré « choisi ». Avec une violence
aveugle et opiniâtre, l’administration française s’est acharné sur cet homme -
« grain de sable dans la machine à expulser », comme le titrait alors
l’Humanité - n’hésitant pas à utiliser un avion privé pour le faire quitter le
pays à tout prix.
Tag - Bertrand Gaudillère
mercredi 30 novembre 2011
L’histoire de Guilherme en photos
Par Marie Barbier le mercredi 30 novembre 2011, 14:00 - Livres, films, musiques...
dimanche 5 septembre 2010
Guilherme parmi les manifestants
Par Marie Barbier le dimanche 5 septembre 2010, 15:28 - Solidarité
Guilherme Hauka-Azanga se souviendra longtemps de ce samedi 4 septembre 2010. D’abord parce que ce père de famille sans-papiers, contraint de vivre caché depuis six mois, est sorti de l’ombre pour manifester au grand jour ; ensuite parce que ses enfants, dont il est désormais séparé, étaient à ses côtés. Enfin, parce que Guilherme a chanté en duo avec Jane Birkin la superbe chanson de Serge Gainsbourg «Les p’tits papiers».
Depuis janvier dernier, une large mobilisation entoure cet Angolais de 45 ans qui vit à Lyon avec sa compagne congolaise, les deux filles aînées de cette dernière et leurs deux enfants. « La seule possibilité pour cette famille est de vivre en France, martèle Annabelle Billaud, membre de son comité de soutien. Ces enfants sont nés en France, pourquoi irait-ils vivre en Angola ?»
vendredi 9 avril 2010
Guilherme, caillou dans la machine à expulser
Par Marie Barbier le vendredi 9 avril 2010, 19:20 - Arrestations / Expulsions
La lumière des réverbères éclaire faiblement un homme seul sur le trottoir. En costume sombre, il tire derrière lui une lourde valise blanche. Au bout de la rue, des cris et des applaudissements éclatent. Jeudi, quelques minutes avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny. Comme une dernière humiliation, les agents de la police aux frontières le libèrent par la porte de derrière, quand sa famille et ses soutiens l’attendent devant l’entrée principale. Épilogue éloquent de plusieurs mois d’acharnement administratif contre un homme qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion, a purgé deux mois de prison et dont le seul crime, rappelle ses soutiens, est « de vouloir vivre en France avec sa famille ».
Quelques heures plus tôt, la
préfecture du Rhône avait diffusé un communiqué de presse succinct indiquant
que, dans « l’impossibilité matérielle de faire procéder à la reconduite à
la frontière de Monsieur Hauka Azanga à destination de son pays, l’Angola », le
préfet du Rhône décidait de mettre fin à sa rétention. Une belle victoire pour
les soutiens qui ont mené une impressionnante mobilisation contre l’expulsion
de ce père de famille lyonnais. A peine libéré, ce dernier, visiblement ému,
raconte les derniers rebondissements de son aventure : « Vers 16
heures (jeudi, NDLR), j’ai été transféré du centre de rétention vers le Bourget
et mis dans un jet privé. Après quarante minutes de vol, le pilote m’a dit
qu’on faisait demi-tour, qu’il n’avait pas accès à l’espace aérien du Portugal
». Prête à tout pour l’expulser, l’administration comptait transférer Guilherme
à Lisbonne, d’où un vol décollait dans la soirée pour Luanda.