Laissez-passer

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lundi 26 mars 2012

Le bidonville d'Eleana part en fumée

L'entrée du bidonville ©Patrick Nusbaum

Le campement Rom de Massy (Essonne), dans lequel vivaient une centaine d’adultes et une cinquantaine d’enfants, a été détruit ce matin, peu après 9 heures, par un incendie, qui n’a fait aucun blessé. Fin décembre, dans le cadre d'un numéro de l'Humanité sur les couples "aidants-aidés", je rencontrais une mère de famille de ce bidonville, Ileana Cretu, mère de deux enfants (lire son portrait ici et le reportage photo de Patrick Nusbaum).

Aujourd'hui, Eleana et ses enfants, comme tous les habitants du bidonville sont à la rue. "les autorités ne se sont pas du tout manifestées, déplore Serge Guichard, de l’Association de solidarité avec les familles roms et roumaines de l’Essonne. Ce midi, nous avons organisé un repas, ce soir aussi. Mais nous ne savons pas où ils vont dormir." Une plainte devrait être déposée et une enquête ouverte, plusieurs Roms assurant qu’un cocktail Molotov a été lancé sur le bidonville.

mardi 13 mars 2012

A Marseille, la politique de la terre brûlée

A Chateau-Gombert ©Patrick Gherdoussi
C’est un trou de verdure où ne chante aucune rivière, n’en déplaise au poète. Entre deux immeubles modernes de la technopôle de Château-Gombert - ancien village devenu 13e arrondissement de Marseille - un chemin de terre mène à un terrain en pente où sont installées caravanes et cabanes. Six familles roumaines vivent ici depuis plusieurs semaines, grâce à l’action d’élus et d’associations. « Face à la politique de la terre brûlée, nous avons décidé de procéder à des réquisitions citoyennes, explique Caroline Godard, membre de l’association Rencontres Tziganes.

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lundi 26 décembre 2011

Marie-Hélène et Ileana : « Je ne peux te donner autant que tu me donnes »

Marie-Hélène et Ileana ©Patrick Nusbaum
Elles sont assises sur le couvre lit fleuri et discutent tendrement, à la chaleur du poêle. Des épluchures de clémentines, jetées dans le feu, diffusent une douce odeur d’enfance. A peine quelques signes extérieurs de misère évoque le dénuement dans cet intérieur soigné et douillet. L’unique ampoule éclaire la pièce d’une lumière faible et sporadique. Sur les murs, recouverts de tissus à fleurs, un poster Playmobil tient lieu de seule décoration. Sortir de cette cabane chaleureuse, c’est plonger dans la misère crue du bidonville de Massy : la boue qui colle aux chaussures, la montagne de déchets à l’arrière des caravanes et les rats, ventrus et grouillants. Un peu moins de 250 personnes vivent dans ce petit bois coincé entre une bretelle d’autoroute et une voie rapide, à l’abri des regards.

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mardi 11 octobre 2011

A Saint-Denis, un projet innovant pour en finir avec les bidonvilles

Tout est parti de quelques bouts de bois. Il y a quatre ans, un jeune architecte construit pour sa femme et ses enfants une maison à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Des planches lui restent sur les bras. Qu’en faire ? Julien Beller, qui a travaillé avec les gens du voyage à Versailles quelques années plus tôt, contacte l’association d’aide à la scolarisation des enfants roms, Parada. C’est ainsi que l’architecte découvre le Hanul («caravansérail» en langue romani), immense bidonville planqué sous l’A86 à Saint-Denis. Les planches de bois superflues se transforment en salle commune ; un jardin partagé voit le jour. La fondation Abbé Pierre finance la construction de huit toilettes sèches. Quatre mois plus tard, le préfet ordonne l’expulsion du bidonville, sans qu’aucune solution de relogement ne soit envisagée. Les pelleteuses réduisent les cabanes en miettes, ajoutant la précarité à la pauvreté. Tout est à refaire.

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jeudi 31 mars 2011

A Mayotte, 101e département français, un climat de terreur pour les immigrés

Un « contexte de terreur » : c’est ainsi que Jean-François Corty, responsable des missions France de Médecins du monde, décrit la situation à Mayotte, où il s’est rendu la semaine dernière et qui devient ce soir le 101e département français. « Le nombre des expulsions est dramatiquement élevé : 25 000 l’an passé pour 200 000 habitants. Si on transposait ces chiffres à la métropole, cela représenterait sept millions de personnes expulsées ! »

Autant dire que les arrestations et placements en rétention fonctionnent à plein régime et le passage au statut de département de l’île n’y changera rien : le droit des étrangers sera dérogatoire et restera le plus restrictif de France.

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jeudi 22 juillet 2010

Petit lexique à l'usage du président

Approximations, amalgames, stigmatisations… Depuis hier, le gouvernement multiplie les déclarations inexactes sur un sujet qu’il ne maîtrise visiblement pas... Nicolas Sarkozy promet ainsi une réunion le 28 juillet à l’Elysée sur « les gens du voyage et les Roms », associant deux communautés qui n’ont ni la même histoire ni le même statut juridique. Le palmarès revient au porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, qui déclarait hier à la sortie du conseil des ministres : « On a beau être Rom, gens du voyage, parfois même Français au sein de cette communauté, on doit respecter les lois de la République ». Une séance de révision s’impose !

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mercredi 31 mars 2010

« Ils m'ont dit "Venez filmer chez nous, on habite dans des bidonvilles" »

Lire aussi :
Entre bidonvilles et brimades policières, la vie des Bulgares de la N3


Jean-Pierre Thorn, au centre, dans l'un des campements ©Marie Barbier

En plein tournage de son prochain documentaire sur la Seine-Saint-Denis, le réalisateur Jean-Pierre Thorn a rencontré, par hasard, les Bulgares de la nationale 3. Il a décidé de filmer leurs "conditions de vie déplorables", pour témoigner.


Comment avez-vous rencontré ces Bulgares turcophones ?

Je tourne actuellement un film sur la Seine-Saint-Denis et la musique (1). J’ai filmé Marc Perrone qui raconte son enfance aux 4000 (cité de La Courneuve, NDLR), entouré de bidonvilles. On crache beaucoup sur le 9-3, mais on oublie que ces populations ouvrières vivaient dans des bidonvilles et que les grands ensembles, qu’on rejette aujourd’hui, ont été construits pour que ces gens aient un toit. Un jour, alors que je filmais le rockeur Daniel Baudon, dans un café le long de la nationale 3, plusieurs Bulgares m’ont interpellé : « Venez filmer chez nous, on habite dans des bidonvilles, c’est beaucoup plus grave que ce que vous racontez ». Ils m’ont rappelé ces beaux visages de paysans pendant la crise économique aux Etats-Unis, ces gens chassés sur les routes qui ne savaient plus où aller, qui avaient faim…

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Entre bidonvilles et brimades policières, la vie des Bulgares de la N3

 
Le bâtiment jaune se dresse au bord de la nationale 3 : « Batkor, l’entrepôt à des prix dépôt » proclame l’enseigne. Tous les jours, la même scène s'y déroule : une centaine d’hommes, majoritairement Bulgares, âgés de vingt à soixante ans, attendent sur le parking de louer leur force de travail à des artisans ou des particuliers, qui les embaucheront pour quelques heures ou à la journée pour les plus chanceux. Cette même scène se répète devant de nombreux magasins de la région parisienne. Mais ici, entre Romainville et Bobigny, les riverains assistent, depuis plusieurs mois, à une étrange course poursuite.

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vendredi 29 janvier 2010

Des camps d'internement aux centres de rétention

70 ans de la Cimade

Pour fêter son soixante-dixième anniversaire, la Cimade invite le public à découvrir les actions qui ont jalonné son histoire, comme ce week-end à pau avec une réflexion autour de l'enfermement administratif. L'occasion de revenir sur 70 ans de combats avec Geneviève Jacques, 66 ans, secrétaire générale de la Cimade de 1988 à 1996, aujourd’hui équipière bénévole à Aubervilliers.



Geneviève Jacques En 1940, des pasteurs du Sud-Ouest de la France lancent un appel : des réfugiés de l’Allemagne nazie sont enfermés dans des camps. Comment entrer dans ces camps pour les aider ? Geneviève Jacques nous raconte comment Madeleine Barot, première secrétaire générale de la Cimade, réussit à tromper les autorités pour pénétrer et s’installer à l’intérieur de ces camps d’internement :

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