Laissez-passer

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vendredi 30 septembre 2011

Mineurs isolés étrangers : rien n'est réglé

Jean-Pierre RosenzweigLe bras de fer entre le conseil général de Seine-Saint-Denis et l’État sur la prise en charge des mineurs isolés étrangers (lire ici) continue. Résultat : des mineurs sont contraints de dormir à la rue, dénonce le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenzweig.

Que se passe t-il pour les mineurs étrangers du 93 ?

J-P. R. Nous avons une vingtaine de jeunes à la rue, qui tournent autour du tribunal. On ne sait pas quoi faire, à part la démarche humanitaire de leur donner à manger et à boire. De temps en temps, quelques places se libèrent, mais au compte goutte. Il y a urgence humanitaire. Et des procédures judiciaires d’assistance éducative en cours. Hier (mercredi, NDLR), j’ai été amené à prendre symboliquement une décision : j’ai confié des jeunes à la protection judiciaire de la jeunesse. Mon argument est que le Conseil général devrait les prendre en charge, mais la PJJ a une intervention subsidiaire : quand le premier de cordée ne peut pas, c’est le deuxième qui prend le relais… Mais bien entendu, aucune de mes décisions n’a été exécutée.

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mercredi 23 février 2011

Tintamarre de Saint-Denis à Bobigny

La coordination 93 de lutte pour les sans papiers organise aujourd'hui (1) un « tintamarre » pour que le préfet les entende enfin ! En septembre dernier, dix-huit associations publiaient un livre noir des conditions d’accueil et du traitement des dossiers à la préfecture de Seine-Saint-Denis et demandaient par deux fois à être reçues par le préfet. Elles n’ont reçu aucune réponse. Chaque nuit, entre 200 et 300 personnes en moyenne font le pied de grue sur le parvis pour tenter d’obtenir un rendez-vous avec les services préfectoraux. Femmes enceintes et personnes handicapées n’ont pas d’accès prioritaires. Ce « traitement inhumain » favorise les trafics en tous genres pour obtenir places ou tickets. Parmi les solutions proposées par les associations : un personnel plus nombreux et mieux formé, des locaux rénovés et le téléchargement de documents sur internet.

(1) Départ à 14 h à la mairie de Saint-Denis. Arrivée à 15 heures sur le parvis de la préfecture.


mardi 15 février 2011

Appel aux dons pour les Roms de Bobigny

Le 7 février, un incendie ravageait le campement rom de la rue de Stalingrad à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Dix jours plus tard, les familles, qui se sont réinstallées sur le terrain, restent dans une situation extrêmement précaire. Leur collectif de soutien lance donc un appel aux dons. Couvertures, matelas, vêtements chauds (bébés, enfants, adultes), mobilier (chaises, tables, lits) peuvent être déposés sur le terrain, au 277 rue de Stalingrad à Bobigny.

jeudi 27 janvier 2011

Le « voyage » en France de Fatoumata, l’Africaine

Zapi 3, zone d'attente de RoissyEn 2009, 13 000 étrangers sont passées par une zone d'attente en France. La plupart dans l'indifférence générale. L'histoire de Fatoumata est donc une histoire banale : une femme qui veut rendre visite à sa famille mais qui, pour un papier oublié, est enfermée une semaine en zone d'attente avant d'être refoulée. Une histoire qui sort de l'ombre parce que le cinéaste Laurent Chevallier, beau-frère de Fatoumata, a décidé de la raconter. Récit d'une humiliation d'Etat.



Je m’appelle Laurent Chevallier. Je suis cinéaste et durant plus de vingt ans, j’ai réalisé plusieurs films en Guinée-Conakry (Djembefola, L’Enfant Noir, Circus Baobab, Momo le doyen, etc.). C’est dans ce pays, en 1999, que j’ai rencontré mon épouse Manty Chevallier-Camara qui depuis vit en France à mes côtés, loin de sa famille. Nous avions prévu d’inviter sa grande sœur Fatoumata Camara à venir passer un mois chez nous pour qu’elle soigne des problèmes chroniques de tension et qu’elle puisse découvrir nos deux enfants, ses neveux.

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mercredi 12 janvier 2011

« Je préfère passer ma vie enfermé en France que libre en Haïti »

PORTRAIT. Il ressemble à une bête traquée. Son regard est fuyant, ses mains tremblent. Nous l’appellerons Olivier, puisqu’il ne veut pas que son nom apparaisse, ni son visage. Olivier donc, Haïtien de 29 ans, est parti de Port-au-Prince le 25 décembre dernier pour un long voyage. Terminus officiel : Cotonou, la capitale du Bénin, en Afrique de l’Ouest. Destination officieuse : la France, où sa mère habite depuis vingt-deux ans et qu’il tente de rejoindre depuis « très longtemps ». Trop longtemps.

Olivier fait partie des soixante-quinze Haïtiens qui, les 23 et 26 décembre dernier, ont profité de leur transit dans les aéroports parisiens pour demander l’asile en France. Interpellés, placés en zone d'attente, ils ont, depuis, tous été libérés sur décision judiciaire.

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vendredi 31 décembre 2010

« On veut récupérer nos enfants »

Drôle d’ambiance au tribunal de grande instance de Bobigny hier. Les quarante-trois Haïtiens arrivés dimanche sans visa étaient présentés devant les juge des libertés qui devaient décider de leur maintien ou non en zone d’attente et leurs familles étaient venues nombreuses les soutenir.

A quatre jours d’intervalle, deux groupes de jeunes en provenance d’Haïti ont été interpellés par la police aux frontières avec la même histoire : jeunes étudiants, ils comptaient se rendre à Cotonou au Bénin dans le cadre d’un échange entre universités. Ils ont tous été placés en zone d’attente.

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mercredi 29 décembre 2010

Une partie des Haïtiens libérés

Coup de théâtre, mardi soir, au tribunal de Créteil : quinze haïtiens, arrivés en France sans visa le 23 décembre et maintenus en rétention suite à l’appel du procureur, ont été libérés. Deux restent en zone d’attente : l’un, dont la demande d’asile en urgence a été rejetée pourrait être renvoyé en Haïti dès vendredi matin. Les 43 autres Haïtiens arrivés dimanche devraient être présentés demain matin devant deux juges des libertés au Tribunal de grande instance de Bobigny.

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Quinze Haïtiens toujours enfermés

Les trente-deux Haïtiens arrivés jeudi à Orly avec un simple visa de transit se trouvaient hier dans une situation abracadabrantesque. Immédiatement placés en zone d’attente en prévision d’un retour forcé vers Haïti, ils avaient été séparés, par manque de place, une moitié étant transférée vers la zone d’attente de Roissy, Zapi 3. Hier, trente et un ont comparu devant les juges des libertés de Créteil et de Bobigny, le trente-deuxième étant hospitalisé pour des raisons inconnues.

Dans les deux tribunaux, les juges ont ordonné la fin de leur maintient en zone d’attente, pour vices de procédure ou présentation de garanties de représentation. Un seul, dont la famille ne s’était pas présentée à l’audience, a été maintenu en zone d’attente.

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mardi 28 décembre 2010

Quitter Haïti « coûte que coûte »

Ces gens-là n’ont pas de chance, ils sont trop âgés pour être adoptés. Sinon le gouvernement aurait envoyé un avion aux frais du contribuable pour les rapatrier en France ! » Avec cynisme, maître Mahieddine Bendaoud résume la situation des trente-deux Haïtiens débarqués à l’aéroport d’Orly jeudi 23 décembre. Ils ont entre vingt et trente ans et ont vu leur demande de visa long séjour refusée par les autorités françaises, malgré la présence de leur famille sur le territoire.

Arrivés jeudi soir à Paris avec un visa de transit, ils ont immédiatement été placés en zone d’attente, en prévision d’un retour forcé vers Haïti. Pour éviter ce refoulement, les trente-deux Haïtiens ont demandé l’asile. Seize sont restés en zone d’attente à Orly, seize ont été transférés à Roissy faute de place. Tous y ont passé le réveillon de Noël.

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mercredi 22 décembre 2010

Les enfants roms sur la route de l'école

Tous les matins, Stoyan, rom bulgare installé en France depuis deux ans, prend ses deux enfants par la main et les emmène à l’école. Anodin ? Au contraire. Les enfants de Stoyan - Simona, 8 ans et Stivan, 10 ans, sont des exceptions. La scolarisation des enfants roms, pourtant obligatoire, reste extrêmement marginale en France. Seuls 10% des 7000 enfants roms vivant en France, vont régulièrement à l’école.

De gauche à droite : Stivan, sa soeur Simona et leur père Stoyan ©Pierre Pytkowicz

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mardi 2 novembre 2010

Jugé pour rébellion contre des expulsions

Cheveux gris impeccablement peignés et costume élégant, André Barthelemy, 73 ans, se tient droit derrière la barre des accusés. « La défense des droits de l’Homme a été une constante dans ma vie, dit-il aux juges. Je ne pouvais pas rester impassible face à cette atteinte à la dignité humaine ». Le président de l’ONG lyonnaise Agir ensemble pour les droits de l’homme comparaissait vendredi devant la cour d’appel de Paris. En février 2009, le tribunal de Bobigny l’avait condamné à 1 500 euros d’amende pour « provocation active à la rébellion » et « entrave volontaire à la circulation d’un aéronef ».

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jeudi 21 octobre 2010

Les enfants roms restent à la porte de l’école



A 10 ans, Stivan, rom bulgare de Bobigny (Seine-Saint-Denis) « aime beaucoup » son école. Quand, il sera grand, aussi incroyable que cela puisse paraître, il voudrait être policier ! Il l’a dit hier lors d’une conférence de presse au sénat, organisée par le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation. Le constat dressé est catastrophique : sur les quelque 7000 enfants roms vivant en France, seuls 10% vont régulièrement à l’école. Restent donc de 5 à 6000 enfants qui sont peu, voire pas du tout, scolarisés, quand bien même il s’agit d’une obligation de l’état.

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mardi 21 septembre 2010

« Se lever à 5h30 pour un bout de papier »

File d'attente ©Marie Barbier Le jour est à peine levé, mais ils sont déjà des centaines à attendre. Comme tous les matins. Mais hier, les étrangers venus faire le pied de grue devant la préfecture de Bobigny, pour tenter d’obtenir titre de séjour ou demande d’asile, ont bénéficié d’une exceptionnelle distraction. Dès cinq heures, associations et élus s’étaient donnés rendez-vous pour dénoncer cette situation « indigne » et rendre public un « livre noir » sur les conditions d’accueil et le traitement des dossiers dans cette préfecture particulièrement saturée. Chaque jour, la direction des étrangers accueille 1 500 usagers. En 2009, il y a eu à Bobigny 9 000 demandes de naturalisation et 2 800 demandes d’asile.

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vendredi 9 avril 2010

Guilherme, caillou dans la machine à expulser

La lumière des réverbères éclaire faiblement un homme seul sur le trottoir. En costume sombre, il tire derrière lui une lourde valise blanche. Au bout de la rue, des cris et des applaudissements éclatent. Jeudi, quelques minutes avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny. Comme une dernière humiliation, les agents de la police aux frontières le libèrent par la porte de derrière, quand sa famille et ses soutiens l’attendent devant l’entrée principale. Épilogue éloquent de plusieurs mois d’acharnement administratif contre un homme qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion, a purgé deux mois de prison et dont le seul crime, rappelle ses soutiens, est « de vouloir vivre en France avec sa famille ».

La une de l'Humanité du 10 avrilQuelques heures plus tôt, la préfecture du Rhône avait diffusé un communiqué de presse succinct indiquant que, dans « l’impossibilité matérielle de faire procéder à la reconduite à la frontière de Monsieur Hauka Azanga à destination de son pays, l’Angola », le préfet du Rhône décidait de mettre fin à sa rétention. Une belle victoire pour les soutiens qui ont mené une impressionnante mobilisation contre l’expulsion de ce père de famille lyonnais. A peine libéré, ce dernier, visiblement ému, raconte les derniers rebondissements de son aventure : « Vers 16 heures (jeudi, NDLR), j’ai été transféré du centre de rétention vers le Bourget et mis dans un jet privé. Après quarante minutes de vol, le pilote m’a dit qu’on faisait demi-tour, qu’il n’avait pas accès à l’espace aérien du Portugal ». Prête à tout pour l’expulser, l’administration comptait transférer Guilherme à Lisbonne, d’où un vol décollait dans la soirée pour Luanda.

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mercredi 31 mars 2010

Entre bidonvilles et brimades policières, la vie des Bulgares de la N3

 
Le bâtiment jaune se dresse au bord de la nationale 3 : « Batkor, l’entrepôt à des prix dépôt » proclame l’enseigne. Tous les jours, la même scène s'y déroule : une centaine d’hommes, majoritairement Bulgares, âgés de vingt à soixante ans, attendent sur le parking de louer leur force de travail à des artisans ou des particuliers, qui les embaucheront pour quelques heures ou à la journée pour les plus chanceux. Cette même scène se répète devant de nombreux magasins de la région parisienne. Mais ici, entre Romainville et Bobigny, les riverains assistent, depuis plusieurs mois, à une étrange course poursuite.

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