Le bras de
fer entre le conseil général de Seine-Saint-Denis et l’État sur la prise en
charge des mineurs isolés étrangers (lire ici)
continue. Résultat : des mineurs sont contraints de dormir à la rue,
dénonce le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre
Rosenzweig.
Que se passe t-il pour les mineurs étrangers du 93 ?
J-P. R. Nous avons une vingtaine de jeunes à la rue, qui tournent autour du tribunal. On ne sait pas quoi faire, à part la démarche humanitaire de leur donner à manger et à boire. De temps en temps, quelques places se libèrent, mais au compte goutte. Il y a urgence humanitaire. Et des procédures judiciaires d’assistance éducative en cours. Hier (mercredi, NDLR), j’ai été amené à prendre symboliquement une décision : j’ai confié des jeunes à la protection judiciaire de la jeunesse. Mon argument est que le Conseil général devrait les prendre en charge, mais la PJJ a une intervention subsidiaire : quand le premier de cordée ne peut pas, c’est le deuxième qui prend le relais… Mais bien entendu, aucune de mes décisions n’a été exécutée.
En 2009, 13 000 étrangers sont passées
par une zone d'attente en France. La plupart dans l'indifférence générale.
L'histoire de Fatoumata est donc une histoire banale : une femme qui veut
rendre visite à sa famille mais qui, pour un papier oublié, est enfermée une
semaine en zone d'attente avant d'être refoulée. Une histoire qui sort de
l'ombre parce que le cinéaste Laurent Chevallier, beau-frère de Fatoumata, a
décidé de la raconter. Récit d'une humiliation d'Etat.


