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Tag - Cette France là

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jeudi 12 mai 2011

Petit manuel pour en finir avec les clichés sur l'immigration

Est-il vrai que les immigrés coûtent cher à la France ? Que toute la misère du monde attend aux portes de l’Europe ? Que la chasse aux sans-papiers favorise l’intégration des immigrés en situation régulière ? Ces idées, propagées depuis des années par le gouvernement, sont-elles fondées ? Pour interroger ces postulats et les résultats qui en découlent, des parlementaires ont réalisé un « audit de la politique d’immigration, d’intégration et de codéveloppement ».

L’idée est née il y a un an, sous la forme d’une collaboration originale entre les chercheurs de Cette France là et quinze parlementaires de tous bords. De juin 2010 à mars 2011, trente-cinq chercheurs, experts, témoins, acteurs professionnels, syndicalistes, associatifs ont été auditionnés. Le résultat compte 300 pages, rendues publiques hier, qui déconstruisent un à un les fantasmes sur l’immigration. Démonstration en trois questions.

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mardi 6 avril 2010

« Une politique inopérante et inhumaine »

ENTRETIEN. Plusieurs parlementaires, de gauche comme de droite, soutenus par les chercheurs de Cette France là, qui sort demain son deuxième tome (1), demandent des comptes à Nicolas Sarkozy sur sa politique d’immigration. Entretien avec le député européen Jean-Luc Bennahmias (Modem).

Jean-Luc Bennahmias

Pourquoi réclamer un audit de la politique d’immigration ?

La politique actuelle est inopérante et inhumaine. Par certains aspects, elle pourrait passer devant la Cour européenne des droits de l’homme. Par exemple, dans son projet de loi, Eric Besson définit comme centres de rétention les lieux d’arrivées d’immigrés clandestins. Je doute que les plages aient les qualités requises au niveau de l’accueil et de l’hygiène...

Des députés de droite comme Etienne Pinte s’associent à ce mouvement. Y a t’il une large contestation de la politique d’immigration actuelle ?

Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de surprises. Ce sont toujours les mêmes. J’aimerais bien que des personnalités de la droite républicaine se mouillent un peu plus.

Le conseil des ministres a adopté la semaine dernière un projet de loi qui durcit encore plus la politique actuelle. Comment analysez-vous cette escalade dans la répression ?

La logique d’interdire l’immigration clandestine est d’une naïveté et d’une hypocrisie absolument totale. Aucun pays riche ne pourra jamais arrêter l’immigration. Quand les gens sont prêts à mourir sur des bateaux pour traverser la Méditerranée, je ne vois pas comment des lois les empêcherait des passer. Je pense que le droit de circulation des personnes sur la planète doit être totale. Reste à gérer le droit de résidence. Pour le limiter, la solution est d’aider les pays en voie de développement à subvenir à leurs besoins. Or, les pays occidentaux baissent toutes les aides au développement. Cette question est cruciale, les réponses ne sont pas simples.

(1) Cette France là, volume 2. 432 p, 18 €.

Lire aussi :
"Il y a un avant et un après la création du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale". Entretien avec Emmanuelle Cosse, l'une des auteures du premier volume de Cette France là.


vendredi 13 novembre 2009

« Les gauches doivent enfin dire que l’immigration n’est pas un problème »

Michel Feher, Photo : Clemence Herout

Lire aussi :
Immigration : quelles alternatives ?

Michel Feher, philosophe, président de l’association « Cette France-là », décortique la politique migratoire mise en place depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Outre sa brutalité, elle est surtout incohérente, dit-il, et les partis de gauche peinent à faire passer ce message.

Eric Besson prétend qu’il fait la même politique que Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant (1). Est-ce le cas ?

Depuis 1974 et l’arrêt officiel de l’immigration de main d’œuvre, tous les gouvernements considèrent l’immigration comme un problème : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde». De ce point de vue là, on peut parler de continuité. Mais il existe aussi des ruptures. Depuis 2007, l’immigration a pris une importance énorme tant dans la pratique que dans la rhétorique gouvernementales. Du côté des pratiques, l’affichage des quotas de sans-papiers à expulser et le soupçon jeté sur l’immigration familiale se traduisent par une brutalité et une répression sans précédent – toutes les associations l’attestent – qui a d’abord pour fin de fidéliser l’ancien électorat du FN. En revanche, du côté de la rhétorique, le gouvernement ne dit plus seulement que l’immigration est un problème mais ajoute qu’elle peut être une chance, pour autant qu’on choisisse bien les migrants accueillis. Or comme, il ajoute que les critères de choix sont d’une part les besoins économiques de la France et d’autre part le respect, par les étrangers, des valeurs républicaines, le discours gouvernemental a pour double effet d’apaiser les craintes des électeurs se réclamant d’une droite humaniste et de gêner les partis se réclamant d’une gauche responsable.

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Immigration : quelles alternatives ?

Lire aussi l'entretien avec le philosophe Michel Feher :
« Les gauches doivent enfin dire que l’immigration n’est pas un problème »

« Il n’y a pas d’alternatives à notre politique» ne cesse de répéter Eric Besson depuis qu’il a pris les rênes du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale il y a onze mois. Les charters vers l’Afghanistan, le démantèlement de la «jungle» de Calais, la chasse aux sans-papiers et à leurs soutiens, les quotas d’expulsions ne seraient donc pas des choix idéologiques mais une nécessité. A entendre le ministre, le gouvernement serait le seul capable de mener une politique rationnelle, tandis que l’opposition se draperait dans les bons sentiments et l’émotion. «Je suis surpris de voir qu’une partie de la gauche fait mine de ne pas comprendre que l’immigration irrégulière sape les fondements du pacte républicain et du pacte social» insistait même le ministre dans «Libération» du 20 octobre dernier, alors qu’il assurait faire «la même politique que Chevènement». La gauche est-elle vraiment «angélique», comme le prétend Eric Besson, sur les questions d’immigration? D’autres politiques migratoires sont-elles possibles ? Nous avons demandé aux responsables des questions d’immigration de quatre partis de gauche (Parti socialiste, les Verts, parti communiste et Nouveau parti anticapitaliste) de répondre à des questions concrètes de politique migratoire. Leur réponse prouvent qu’il existe bel et bien des alternatives à la politique actuelle et que la droite n’a pas le monopole de la raison... Le débat est lancé.

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