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samedi 26 juin 2010

Romain Goupil : « J’aurais pu naître à Kigali »

Romain Goupil

INTERVIEW. Son film Les mains en l’air, actuellement en salles, prend fait et cause pour une fillette tchétchène menacée d’expulsion. Romain Goupil revient sur son soutien au sans-papiers, égratigne la gauche et les « Français de sang bleu ».

Les mains en l’air est-il un film militant, engagé pour les sans papiers ?

Romain Goupil. Non. J’aborde ce problème dans Mourir à trente ans : un film militant n’est que l’illustration d’un discours, son but est de rassurer ceux qui sont d’accord avec vous. Ca n’a aucun intérêt d’un point de vue cinématographique et ça oblige à une syntaxe nulle : gros plan pour démontrer, plan pour expliquer. C’est un film de rassurance : qui ne sert qu’à rassurer ceux qui militent et ont l’impression d’être des milliers. Le terme « engagé » vient d’une époque révolue, la guerre froide, quand les intellectuels faisaient abstraction de leur travail pour s’engager dans un camp ou dans l’autre. Vous deveniez compagnon de route du Parti communiste, vous deviez avaler des couleuvres, vous taire sur la Hongrie et dénoncer la guerre du Vietnam. Un intellectuel doit rester critique, douter. Ce qu’explique Edgar Morin dans Autocritique. C’est en lisant ce livre que j’ai arrêté de militer quand j’étais môme, alors que j’étais très engagé. Mon ambition est de créer de la réflexion. Les mains en l’air n’est pas un film engagé, mais politique, au sens noble du terme.

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mercredi 24 février 2010

Un grand écran pour sortir de l'ombre

Devant la tour Axa de la Défense © Rondeau.Lanvin


En trois minutes et trente secondes, On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! dresse le portrait d’une lutte oubliée : celle des 6 000 travailleurs et travailleuses en grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir une circulaire de régularisation. Le gouvernement et la grande majorité des médias (à l’exception de l’Humanité) ignorent cette lutte pourtant inédite. Un silence à l’origine du projet du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers. « L’idée est venue au moment de la galette des rois, raconte Jean-Henri Roger, cinéaste et professeur de cinéma à Paris-VIII. Malgré une présence nombreuse des personnalités sur le piquet de grève de la rue du Regard, nous avons eu douze lignes dans Le Monde et cinq dans Libération… »

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lundi 22 février 2010

Les travailleurs sans papiers crèvent l'écran

Un film politique, court et efficace. Le collectif des cinéastes pour les sans-papiers a dévoilé ce soir, à la cinémathèque, le film « On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! ». Trois minutes pour présenter le mouvement de grèves et d'occupations des travailleurs sans papiers qui se battent depuis plus de quatre mois pour obtenir une circulaire de régularisation :

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