Laissez-passer

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mardi 9 novembre 2010

La Corse, terre « sans expulsions »

L’été dernier, l’arrivée sur les plages corses de 123 kurdes syriens avait été le prétexte saisi par Eric Besson pour durcir une fois de plus la politique migratoire française. Alors que ce projet de loi devrait être examiné avant la fin de l’année par le Sénat, les élus de l’assemblée de Corse ont adopté vendredi une motion qui déclare l’île « terre sans expulsion » et juge que la loi Besson constitue un « nouveau cap dans l’iniquité et la réduction du droit des migrants ».La motion adoptée mélange les propositions de Dominique Bucchini (PCF) et de Jean-Christophe Angelini, Femu a Corsica (nationaliste modéré). « En rappelant le poids économique des sans-papiers, nous leur redonnons une dignité », explique ce dernier, qui assure que la motion est « symbolique, mais à portée pratique » puisqu’elle demande aux élus de participer à des parrainages.

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mardi 28 septembre 2010

Loi Besson : rigueur et acharnement

Trente heures : c’est le temps imparti aux députés qui devront, à compter de cet après-midi, examiner le projet de loi «Immigration, Intégration et Nationalité» (le cinquième sur le sujet en sept ans), défendu par le ministre Eric Besson. En 90 articles (sur lesquels ont été déposés environ 500 amendements), ce texte fourre-tout marque un nouveau tournant dans la répression contre les sans-papiers (interdiction du territoire, allongement de la durée de rétention), mais aussi contre les étrangers en situation régulière (expulsion des Roms facilitée) et les Français d’origine étrangère (déchéance de nationalité).

Avant même son passage devant les députés, la loi Besson a d’ailleurs suscité une vague de colère et d’opposition spectaculaire. Au début du mois, neuf militants ont ainsi pratiqué un jeûne de protestation de dix jours devant le palais Bourbon ; la semaine dernière, les évêques de France ont écrit au ministre pour lui dire « ce qui dans ce projet de loi, tel qu’il est, questionnait (leur) conscience ». Le collectif Unies contre une immigration jetable (UCIJ) en appelle de son côté à une prise de conscience des parlementaires sur une loi instaurant un « régime d’exception qui relègue les étrangers - en situations régulière comme irrégulière -, ainsi que les Français d’origine étrangère dans une situation d’infériorité en matière d’égalité des êtres humains ». D’ores et déjà, plusieurs rassemblements et journées d’action sont prévus (lire encadré). Dans une assemblée chauffée à blanc par le débat sur les retraites, les discussions sur la loi Besson promettent d’être électriques. Revue de détail des dispositions les plus critiquées du projet.

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samedi 23 janvier 2010

Des migrants échoués en Corse

Hier encore, nul ne savait d’où ils venaient, ni comment ils avaient pu arriver là. Vendredi matin, des habitants de Paragano, près de Bonifacio, ont découvert une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants, sur cette plage située à l’extrême Sud de la Corse, non loin de la Sardaigne. D’après les premiers éléments, ils pourraient s’agir de Kurdes, originaires de Syrie. Seule certitude, ils sont exactement cent vingt-quatre : cinquante-sept hommes, vingt-neuf femmes (dont cinq enceintes), vingt-neuf enfants et neuf nourrissons. Tous ont été transférés hier dans le gymnase du collège de Bonifacio, où les autorités leur ont distribué nourriture et eau. Leur état de santé ne semblait présenter aucun risque.

D’après la préfecture de Corse, le groupe « aurait été débarqué d’un bateau par des passeurs, sans doute hier (jeudi) soir mais peut-être depuis plus longtemps ». Dans l’après-midi, le ministre de l’Immigration annonçait qu’une information judiciaire était ouverte et que les autorités italiennes s’apprêtaient à arraisonner un bateau suspect voguant dans les eaux internationales. «Nous ne laisserons pas faire» n’a cessé de répéter Eric Besson.

Et le ministre de convoquer un sommet de crise pour «renforcer les frontières extérieures de l’Europe». Quand aux migrants, leur sort sera réglé au «cas par cas».