Le député UMP Claude Goasguen, rapporteur du projet de loi sur l’immigration, s’est livré mardi soir, à l’Assemblée nationale, à un difficile numéro d’équilibriste. Le matin même, le premier ministre, François Fillon, annonçait que le gouvernement renonçait à légiférer sur la déchéance de la nationalité, mesure phare - bien que symbolique - de ce projet de loi. Comment, dès lors, présenter cet abandon alors que cette mesure était défendue bec et ongles par la majorité depuis qu’elle avait été lancée par le président lui-même à Grenoble, en juillet dernier ? « Elle serait très difficile à appliquer avec la jurisprudence actuelle » se justifie le rapporteur qui parle d’une décision prise « spontanément et avec réflexion ». La gauche se marre.
Tag - Déchéance de nationalité
mercredi 9 mars 2011
Reculer pour mieux déchoir ?
Par Marie Barbier le mercredi 9 mars 2011, 15:15 - Loi Besson
mardi 8 mars 2011
Le jour où Sarkozy a vu sa déchéance déchue
Par Marie Barbier le mardi 8 mars 2011, 16:12 - Loi Besson
Le chef de l’état avait lancé l’idée lors de son discours de Grenoble, en juillet dernier : retirer la nationalité française « à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte » à la vie d’un « dépositaire de l’autorité publique ». Huit mois de polémiques plus tard, la mesure a tout simplement été enterrée hier par le gouvernement. L’exécutif et les députés UMP ont annoncé qu’ils renonçaient à cette mesure-phare du projet de loi sur l’immigration actuellement débattue à l’Assemblée nationale. « J’appelle la majorité à rester soudée, a déclaré François Fillon. Si on se divise, le texte ne sera pas voté et Claude Guéant n’aura pas les moyens de lutter contre l’immigration clandestine». Le gouvernement recule donc sur cette mesure symbolique, mais toutes les autres, bien concrètes, restent dans ce projet de loi qui durcit considérablement la politique migratoire française en proposant, notamment, une extension des zones d’attentes et la restriction du droit au séjour pour les étrangers malades.
jeudi 17 février 2011
Les députés resserrent la vis
Par Marie Barbier le jeudi 17 février 2011, 08:30 - Loi Besson
Une reprise en main en bonne et due forme : la commission des Lois de l’Assemblée nationale a rétabli hier toutes les dispositions du projet de loi sur l’immigration qui avaient été supprimées par le Sénat. La semaine dernière, les sénateurs avaient adopté en première lecture un texte largement modifié par rapport à sa version initiale, provoquant l’ire du ministre de l’Intérieur. Brice Hortefeux avait alors grossièrement rappelé aux sénateurs que la Constitution donnait le dernier mot aux députés.
Hier matin, les 55 amendements déposés par le rapporteur UMP Claude Goasguen et le gouvernement ont tous été adoptés, rétablissant le texte sécuritaire initial.
lundi 14 février 2011
Le Sénat adoucit (un peu) la loi Besson
Par Marie Barbier le lundi 14 février 2011, 08:30 - Loi Besson
Les sénateurs ont voté jeudi
dernier en première lecture un projet de loi sur l’immigration, l’intégration
et la nationalité quelque peu adouci par rapport au texte voté en octobre
dernier par les députés. Les deux mesures phares du projet de loi ont été
retoquées : l’extension de la déchéance de nationalité aux meurtriers de
représentants de l’autorité publique et la réforme du contentieux judiciaire,
qui avait soulevé la colère des associations et des magistrats.
jeudi 3 février 2011
Loi Besson : motus et votes décousus
Par Marie Barbier le jeudi 3 février 2011, 08:30 - Loi Besson
De mémoire de policiers, on
n’avait jamais vu ça devant le Palais du Luxembourg : une cinquantaine de
militants se sont rassemblés hier midi, devant cinq CRS goguenards, pour un
Cercle de silence contre la loi Besson. Des têtes chenues majoritairement, dont
celle du frère franciscain Alain Richard, inventeur de ces rassemblements
muets. « Chacun fait un travail à l’intérieur de soit pour écouter ce
qu’il a de meilleur et réfléchir aux violations des droits humains »
explique l’octogénaire barbu.
vendredi 1 octobre 2010
La surenchère des députés de droite à la loi Besson
Par Marie Barbier le vendredi 1 octobre 2010, 08:00 - Loi Besson
Toujours plus. A peine voté l’article 3 bis du projet de loi sur l’immigration qui élargit les motifs de déchéance de nationalité, plusieurs députés de droite sont montés au créneau hier pour tenter de rétablir la double peine. Leur amendement, déposé entre autre par les députés droitistes Christian Vanneste, Lionnel Lucas et Jacques Myard, prévoyait d’étendre les motifs de déchéance de la nationalité pour les Français naturalisés depuis moins de dix ans et condamnés à une peine de prison égale ou supérieure à cinq ans. Une peine complémentaire prévue dans la loi de 1945 mais retirée en 1998.
jeudi 30 septembre 2010
L’assemblée vote la déchéance de nationalité
Par Marie Barbier le jeudi 30 septembre 2010, 17:10 - Loi Besson
75 pour, 57 contre. Après des heures de discussions et malgré la forte opposition de l’opposition et de certains députés de la majorité, l’amendement gouvernemental qui élargit les motifs de déchéance de la nationalité a donc été voté en début d'après-midi par l'assemblée nationale. Annoncée par Nicolas Sarkozy le 30 juillet dernier, cette mesure vise les Français naturalisés depuis moins de dix ans condamnés pour meurtre d'agents dépositaires de l'autorité publique.
Durant près de trois heures, les députés de gauche ont défendu la suppression d’un article jugé « inefficace », « inapplicable », « indigne » et « inacceptable ». Même dans la majorité, les députés Daniel Garrigue et Etienne Pinte ont critiqué ce texte. Le premier lançant à Eric Besson : « Vous êtes en train d’entacher l’image de la France et de la République ». Les députés socialistes ont d’ores et déjà annoncé qu’ils déposeront un recours devant le Conseil constitutionnel, estimant que cette mesure viole l'article 1er de la Constitution sur l'égalité de tous les citoyens devant la loi.
Débat houleux à l'Assemblée nationale sur la Loi Besson
Par Marie Barbier le jeudi 30 septembre 2010, 08:34 - Loi Besson
Les députés sont entrés dans le vif du sujet hier en commençant le vote des quelque 500 amendements déposés sur le projet de loi « relatif à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité ». Ce texte, considérablement musclé après les polémiques sécuritaires de l'été, est vigoureusement dénoncé, au-delà même des rangs de la gauche. Les députés UMP Nicole Ameline et Etienne Pinte ont annoncé qu’ils voteraient contre et l’ex garde des sceaux, Rachida Dati, a critiqué hier un texte qui « gagnerait à s'enrichir de mesures beaucoup plus positives et incitatives ».
mardi 28 septembre 2010
Loi Besson : rigueur et acharnement
Par Marie Barbier le mardi 28 septembre 2010, 12:10 - Loi Besson
Trente heures : c’est le temps imparti aux députés qui devront, à compter de cet après-midi, examiner le projet de loi «Immigration, Intégration et Nationalité» (le cinquième sur le sujet en sept ans), défendu par le ministre Eric Besson. En 90 articles (sur lesquels ont été déposés environ 500 amendements), ce texte fourre-tout marque un nouveau tournant dans la répression contre les sans-papiers (interdiction du territoire, allongement de la durée de rétention), mais aussi contre les étrangers en situation régulière (expulsion des Roms facilitée) et les Français d’origine étrangère (déchéance de nationalité).
Avant même son passage devant les députés, la loi Besson a d’ailleurs suscité une vague de colère et d’opposition spectaculaire. Au début du mois, neuf militants ont ainsi pratiqué un jeûne de protestation de dix jours devant le palais Bourbon ; la semaine dernière, les évêques de France ont écrit au ministre pour lui dire « ce qui dans ce projet de loi, tel qu’il est, questionnait (leur) conscience ». Le collectif Unies contre une immigration jetable (UCIJ) en appelle de son côté à une prise de conscience des parlementaires sur une loi instaurant un « régime d’exception qui relègue les étrangers - en situations régulière comme irrégulière -, ainsi que les Français d’origine étrangère dans une situation d’infériorité en matière d’égalité des êtres humains ». D’ores et déjà, plusieurs rassemblements et journées d’action sont prévus (lire encadré). Dans une assemblée chauffée à blanc par le débat sur les retraites, les discussions sur la loi Besson promettent d’être électriques. Revue de détail des dispositions les plus critiquées du projet.
dimanche 5 septembre 2010
«Nous ne pouvions pas rester sans rien faire»
Par Marie Barbier le dimanche 5 septembre 2010, 17:29 - Solidarité
Dans
147 villes partout en France, quelque 150 000 personnes sont descendues dans la
rue samedi pour protester contre la «politique xénophobe» menée par le
gouvernement français. Un sursaut citoyen qui fait suite à l’expulsion de plus
d’un millier de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie en moins d’un mois et aux
promesses de Nicolas Sarkozy d’élargir les conditions de déchéance de la
nationalité. « On en a supporté beaucoup depuis 2002, mais là le gouvernement a
passé une barre, c’est devenu intolérable», analyse Jean-Pierre Dubois de la
Ligue des droits de l’homme qui appelait à manifester aux côtés d’une
cinquantaine d’associations, syndicats et partis politique. Les chiffres de la
participation ont été revus à la hausse hier, passant de 100 000 manifestants à
plus de 150 000. Le double des estimations officielles qui étaient hier de 77
300. «C’est, sans aucun doute, une déception pour leurs organisateurs » s’est
gaussé le ministre de l’intérieur. «Brice Hortefeux est assez mal placé pour
évaluer l’efficacité d’une action anti-raciste, s’amuse Jean-Pierre Dubois,
étant donné que c’est le seul ministre jamais condamné pour racisme et encore
en fonction...» Le président de la LDH se félicite au contraire du «succès»
d’une mobilisation «lancée le 2 août pour le 4 septembre» : «beaucoup de gens
sont venus dans une démarche individuelle, non affilié à une organisation ou un
partis, mais en famille pour dire «ca suffit comme ça».
A Paris...
« Laissez passer les p’tits papiers, à l’occasion, papier chiffon... » La mobilisation est lancée, en chanson, à Paris. Quelques minutes avant 11 heures, le bus à impérial, dans lequel se sont installé des artistes participant au concert «Rock sans-papiers» le 18 septembre à Paris, s’arrête rue de Grenelle. Jane Birkin, Jeanne Cherhal, Agnès Jaoui et Régine entonnent Les p’tits papiers de Serge Gainsbourg sous les fenêtres du ministère de l’Immigration, durant quelques minutes avant de rejoindre quelque 200 manifestant, au métro Varenne.
Reportage photo de Frédéric Poussin :
Et le son, où l'on se rend compte que Régine monopolise un peu le micro...
vendredi 3 septembre 2010
Contre la « République défigurée »
Par Marie Barbier le vendredi 3 septembre 2010, 08:00 - Solidarité

Une vague de colère. Qui ne cesse de croître. Lancé le 5 août dernier, l’appel « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité » a dépassé hier la barre des 50 000 signataires. « Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile » lancent les signataires qui appellent à manifester demain partout en France. Signe d’une mobilisation qui promet d’être importante : au dernier comptage, quelque 140 villes organisent, aujourd’hui et demain, un rassemblement (liste des villes : www.contreimmigrationjetable.org). « Il y a aujourd’hui des citoyens, au delà même des appartenances politiques, associatives et syndicales, qui ne supportent pas que la France soit salie, que la République soit défigurée» confirmait hier, lors d’une conférence de presse, Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des droits de l’homme et porte-parole, pour l’occasion, de la cinquantaine d’organisations appelant à ces manifestations.



