Laissez-passer

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jeudi 23 juin 2011

Les « fantasmes sécuritaires » de l'Europe mettront-ils fin à la libre circulation ?

La France et l’Italie ont-elles anticipé le vote par le sommet européen aujourd’hui du rétablissement des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen ? C’est ce qu’affirment deux associations, le Gisti et l’Anafé qui ont réalisé une mission d’observation à la frontière franco-italienne mi-avril.

La France et l’Italie sont alors dans une cynique partie de ping-pong avec les migrants tunisiens arrivés depuis quelques semaines sur l’île de Lampedusa. C’est à qui récupérera la patate chaude... Le 5 avril, l’Italie marque un point en annonçant la délivrance de titres de séjour « à titre humanitaire » aux « citoyens de pays d’Afrique du nord », leur permettant de se déplacer dans l’espace Schengen. Colère de la France, qui accuse l’Italie de ne pas avoir contrôlé efficacement ses frontières externes et établie des critères supplémentaires, notamment de ressources, pour franchir la frontière entre les deux pays.

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mercredi 11 mai 2011

Fin des gardes à vue pour les sans-papiers ?

C’est une libération qui pourrait en appeler des milliers d’autres. Vendredi dernier, la cour d’appel de Nîmes a annulé la garde à vue d’un sans-papiers Tchétchène et l’a libéré du centre de rétention, appliquant ainsi un arrêt de la cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Fin avril, l’autorité judiciaire de l’UE, saisie par un tribunal italien, s’était appuyée sur la « directive retour » de décembre 2008 pour juger illégal l’emprisonnement d’un sans-papiers au seul motif que ce dernier demeure sur le territoire d’un État en violation d’un ordre de quitter le territoire. Or le droit français, en contradiction totale avec cette « directive retour », punit d’un an de prison et de 3750 euros d’amende le simple fait de se trouver en situation irrégulière sur le territoire français. Se soustraire à une mesure d’éloignement est passible de trois ans de prison et dix ans d’interdiction du territoire.

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mercredi 4 mai 2011

Sarkozy et Guéant défient l'Europe

La France n’en finit pas de se faire taper sur les doigts par l’Union européenne pour sa politique migratoire. La commission européenne a demandé hier à Paris de lui fournir, « dès que possible », des « clarifications » concernant « les contrôles policiers dans la zone frontalière » avec l’Italie qui, s’ils étaient systématiques et permanents, seraient en infraction avec les règles de l’espace Schengen. L’Italie s’est également vu demander des éclaircissements sur les permis de séjour et documents de voyages délivrés aux Tunisiens.

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lundi 14 mars 2011

Lampedusa : « Ces jeunes Tunisiens sont juste assoifés de liberté »

Des italiens sur l'île de Lampedusa, en février ©AFP
Depuis un mois, l’arrivée de 8 000 Tunisiens sur les côtes italiennes déchaîne les commentaires. Des plus catastrophistes - « flux migratoires incontrôlables », selon Nicolas Sarkozy - aux plus ignobles, la députée UMP Chantal Brunel proposant de les « remettre dans des bateaux ». Aujourd’hui, c’est au tour de la patronne du Front National, Marine Le Pen, d’instrumentaliser ces arrivées en se rendant sur l’île de Lampedusa. Face à ce déferlement politique et médiatique, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme a diligenté une mission d’enquête pour étudier ce phénomène. Du 19 au 26 février, plusieurs associations françaises et tunisiennes se sont rendues en Tunisie et en Italie. Claire Rodier, de Migreurop, faisait partie de ces observateurs. De Zarzis à Lampedusa, elle raconte les raisons du départ des jeunes Tunisiens, les traversées tragiques et la difficile arrivée dans une Europe terrorisée par le mythe de « l’invasion ».

Que pensez-vous de la controverse européenne autour des questions migratoires ?

Claire Rodier. Nous assistons à une surenchère du rejet qui pose la question de notre rapport à la liberté des autres. Il faut savoir ce qu’on veut : est-ce qu’on préfère la démocratie, synonyme de mobilité, ou des régimes autoritaires qui interdisent à leurs ressortissants de partir ? Le besoin d’émancipation passe aussi par la traversée des frontières, mais la Tunisie ne va pas se vider ! Il est consternant de comparer la frilosité de l’Europe pour ces 8 000 personnes arrivées en Italie et son silence total sur la situation en Tunisie, où c’est par dizaine de milliers que les migrants arrivent de Libye. Sans être équipé, ce pays fait ce qu’il peut pour absorber les besoins du moment. Face à ces jeunes assoiffés de liberté, la seule réponse de l’Europe est de les traiter en agresseurs qu’il faut repousser. Cette mission a mis en lumière une vision extrêmement eurocentrée de la Méditerranée. Considérée comme une barrière ici, elle est vue comme un espace de partage du côté tunisien.

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jeudi 17 février 2011

L'asile pour les seuls bénalistes ?

Des Tunisiens en attente de transfert le 13 février 2011 à Lampedusa.Le préfet des Alpes-Maritimes a annoncé, hier, une augmentation «significative» du nombre de Tunisiens en provenance d’Italie. Durant les quinze premiers jours de février, 86 ressortissants tunisiens en situation irrégulière ont été interpellés dans ce département frontalier, contre 35 durant la même période en 2010. La réponse des autorités françaises a été de multiplier les arrestations et les expulsions. Par ailleurs, les patrouilles de surveillance, sur les routes, les voies ferroviaires et maritimes, ont été augmentées.

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jeudi 7 octobre 2010

Cinq ans après Ceuta et Melilla, la guerre contre les migrants continue

Pour la première fois depuis ce que l’on nomme ici pudiquement « les événements de Ceuta et Melilla », l’association marocaine ABCDS organisait, mardi, à Oujda (Nord-Est du Maroc), une conférence internationale « sur les droits humains aux frontières ». Dans la nuit du 28 au 29 septembre 2005, 500 migrants subsahariens tentaient de franchir les hauts grillages barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le Nord du Maroc. Onze d’entre eux mourraient sous les balles des policiers marocains et espagnols.

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mardi 28 septembre 2010

Loi Besson : rigueur et acharnement

Trente heures : c’est le temps imparti aux députés qui devront, à compter de cet après-midi, examiner le projet de loi «Immigration, Intégration et Nationalité» (le cinquième sur le sujet en sept ans), défendu par le ministre Eric Besson. En 90 articles (sur lesquels ont été déposés environ 500 amendements), ce texte fourre-tout marque un nouveau tournant dans la répression contre les sans-papiers (interdiction du territoire, allongement de la durée de rétention), mais aussi contre les étrangers en situation régulière (expulsion des Roms facilitée) et les Français d’origine étrangère (déchéance de nationalité).

Avant même son passage devant les députés, la loi Besson a d’ailleurs suscité une vague de colère et d’opposition spectaculaire. Au début du mois, neuf militants ont ainsi pratiqué un jeûne de protestation de dix jours devant le palais Bourbon ; la semaine dernière, les évêques de France ont écrit au ministre pour lui dire « ce qui dans ce projet de loi, tel qu’il est, questionnait (leur) conscience ». Le collectif Unies contre une immigration jetable (UCIJ) en appelle de son côté à une prise de conscience des parlementaires sur une loi instaurant un « régime d’exception qui relègue les étrangers - en situations régulière comme irrégulière -, ainsi que les Français d’origine étrangère dans une situation d’infériorité en matière d’égalité des êtres humains ». D’ores et déjà, plusieurs rassemblements et journées d’action sont prévus (lire encadré). Dans une assemblée chauffée à blanc par le débat sur les retraites, les discussions sur la loi Besson promettent d’être électriques. Revue de détail des dispositions les plus critiquées du projet.

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mardi 14 septembre 2010

Roms : Bruxelles hausse le ton

Viviane Reding« Ca suffit ! » La Commission européenne a tapé du poing sur la table hier contre la politique française d’expulsion des Roms, qualifiée de « honteuse ». « J’ai été personnellement consternée de cette situation dans laquelle des gens sont expulsés d’un État membre de l’UE simplement parce qu’ils appartiennent à une minorité ethnique, a déclaré Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice et aux Droits fondamentaux. J’espérais que l’Europe n’aurait pas à vivre à nouveau cette situation après la Deuxième Guerre mondiale », a-t-elle ajouté dans une déclaration inhabituellement dure envers un État membre.

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jeudi 9 septembre 2010

Besson veut expulser encore et toujours plus

Le Parlement européen a sèchement taclé, hier, la politique française d’expulsion des Roms. Dans une résolution adoptée par 337 voix contre 245, Strasbourg demande à la France de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms ». Le Parlement « s’inquiète vivement de la rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire » qui «donne de la crédibilité à des propos racistes et aux agissements de groupes d’extrême droite». Un rappel à l’ordre sévère qui, s’il n’a aucune valeur contraignante, est politiquement embarrassant pour Paris.

Depuis la Roumanie, Eric Besson a immédiatement réagit : « Il n’est pas question que la France suspende les reconduites dans les pays d’origine, qu’il s’agisse d’ailleurs de Roumains, de Bulgares ou de tout autre ressortissant » a déclaré le ministre de l’Immigration, ajoutant que le gouvernement français n’avait pas à se soumettre « à un diktat politique ».

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jeudi 19 août 2010

Paris expulse les Roms sous les hués

Circulez, y’a rien à voir. Alors que le gouvernement communique à tout va sur les évacuations de campements, c’est en toute discrétion hier, que quatre-vingt treize Roms ont été rapatriés vers la Roumanie à bord de deux vols réguliers depuis les aéroports de Lyon Saint-Exupéry et Roissy Charles de Gaulle. Un autre vol devrait décoller aujourd’hui avec « une centaine de personnes » à bord et le dernier prévu - pour le moment - devrait partir le 26 août.

Une discrétion inhabituelle qui pourrait s’expliquer par le flot de critiques tombant de toutes parts depuis l’annonce de ces rapatriements.

Pour Malik Salemkour, du collectif Romeurope, ces retours forcés ont déjà prouvé leur inefficacité :

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vendredi 6 novembre 2009

Des réfugiés géorgiens expulsés par charter

Des enfants et des malades... La liste des quatorze Géorgiens expulsés mardi matin par avion spécial fait froid dans le dos : six mineurs, âgés de un à douze ans, scolarisés en France, une femme enceinte, deux personnes atteintes de pathologies graves et une affectée de troubles psychiatriques.

Interpellées lundi matin dans un hôtel de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, ces familles de la minorité Yizid, sont transférées le soir même au centre de rétention de Nîmes (Gard). Mardi, vers onze heures, un charter décolle de l’aéroport de Garons. Direction, la Pologne, en vertu des accords de Dublin II qui renvoient les demandeurs d’asile dans le premier pays d’Europe traversé. Il aura fallu un peu plus de 24 heures pour les expulser du territoire français... «Cette procédure n’est pas illégale, mais elle est très contestable, regrette un intervenant de la Cimade. Quand on n’a pas honte de sa politique, on ne la fait pas en catimini, la nuit, sans même passer devant un juge.».

D’autant que ce militant associatif fait état d’une expulsion particulièrement violente. « A 4h30, quand les policiers viennent les réveiller pour les mettre dans l’avion, les Géorgiens ont refusé de les suivre. Pour les contraindre à sortir du centre, les policiers ont séparé les enfants des parents. Le bébé d’un an a été arraché des bras de sa mère. Les enfants criaient, ils étaient terrorisés».

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jeudi 10 septembre 2009

Avec les enfants perdus d'Afghanistan

REPORTAGE. Intrigués, ils s'approchent, écoutent. Se chuchotent dans l'oreille, rigolent. Et s'éparpillent, telle une volée de moineaux, vers le baby-foot où une partie s'engage. Comme tous les ados du monde, les garçons de la plate-forme d'accueil des mineurs isolés étrangers de France terre d'asile, aiment jouer. Pourtant, à y regarder de plus près, ces garçons là ne sont pas comme les autres.

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jeudi 14 mai 2009

Des ONG interpellent les candidats aux européennes

ponts.bmp« Les politiques migratoires européennes qui se mettent en place sont inquiétantes » constate Sonia Lokku, animatrice du Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID). Hier, alors que l’Assemblée nationale devait voter les accords de « gestion concertée des flux migratoires » avec la Tunisie, le Congo-Brazzaville, le Bénin et le Sénégal, les ONG du nord et du sud réunies dans le réseau Des ponts pas des murs lançaient un cri d’alarme.

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mercredi 15 avril 2009

La "directive de la Honte" dans le droit français

Dans sa lettre de mission adressée à Éric Besson le 31 mars dernier, Nicolas Sarkozy demande au ministre de l'Immigration de transposer en droit français, d'ici à la fin de l'année, la directive dite retour. Adoptée en juin 2008 par le Parlement européen, cette directive durcit considérablement la politique migratoire européenne : durée de rétention de dix-huit mois, enfermement possible des mineurs, y compris isolés et interdiction de séjour pendant cinq ans. Les associations craignent que ces dispositions ne soient introduites dans le droit national. Selon Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade, "Nous pouvons craindre un durcissement probable et possible de la législation française".

Lire la lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Eric Besson.