Laissez-passer

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mercredi 29 février 2012

Gestes désespérés en rétention

Trois hospitalisations hier, deux autres mardi... Les tentatives de suicide et les automutilations se multiplient au centre de rétention administrative (CRA) de Palaiseau en Seine et Marne. Claude Peschanski, de l’Observatoire Citoyen de ce centre y voit les « premières conséquences de la loi Besson votée cet été », qui allonge la durée d’enfermement jusqu’à 45 jours. « Comment voulez-vous rester enfermé tout ce temps sans rien faire, comme une bête en cage, alors que vous n’avez commis aucun délit ? s’interroge la militante. Les retenus ne voient pas d’autres issues. » Hier matin, Bilal Benyahia, algérien en France depuis onze ans, a donc avalé des lames de rasoir pour prouver sa volonté de rester en France auprès de sa femme, française et enceinte de huit mois. Emmené aux urgences, il en est ressorti pour comparaître devant le juge des libertés hier après-midi. Début février, il s’était lacéré la poitrine et le cou pour ne pas être expulsé vers l’Algérie. C’est aussi la méthode qu’a choisi un Géorgien au centre de rétention de Cornebarrieu, près de Toulouse, en se tailladant l’avant bras devant l’un de ses enfants mardi matin. L’homme, son épouse et leurs quatre enfants avaient été arrêté la veille à la préfecture de Gironde. La famille devait être renvoyée vers la Pologne.

mercredi 31 août 2011

A peine ouvert, le centre du Mesnil-Amelot tourne à plein régime

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et marne), qui a ouvert ses portes ultra modernes le 1er août dernier, « accueille » sa première famille : une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Le père, absent du domicile familial à Guéret, dans la Creuse, le 30 août au matin, a échappé à l'arrestation. Avec la nouvelle loi Besson, cette mère et ses trois enfants peuvent rester enfermés jusqu'à 45 jours dans ce centre.

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mercredi 22 juin 2011

Charlotte, enceinte, séropositive et menacée d'expulsion

A peine publiée au journal officiel vendredi, la loi sur l'immigration fait déjà ses premières victimes. Elle s'appelle Charlotte (1), a 27 ans. Enceinte et séropositive, elle est menacée d'expulsion vers son pays d'origine, l'Ukraine, sous prétexte que son traitement y serait disponible. La loi Besson réduit considérablement le droit au séjour des étrangers malades. Désormais, le titre de séjour ne peut être accordé qu'en cas d'absence du traitement approprié dans le pays d'origine, et non plus en cas d'impossibilité d'accès effectif au traitement.

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mercredi 21 juillet 2010

On expulse bien les bébés de dix mois...

Un bébé de dix mois et ses parents géorgiens sans-papiers, retenus en centre de rétention administrative de Lyon depuis le 8 juillet (lire ici), ont été expulsés mardi matin vers la Pologne. Selon le Réseau éducation sans frontières, la mère de famille, enceinte, a fait une fausse couche en rétention et le père est atteint d’une hépatite C. Ils ont été expulsés à bord d’un avion «spécialement affrété pour eux en direction de la Pologne», en vertu des accords Dublin II qui renvoient vers le premier pays traversé de l’Union européenne.

mardi 20 juillet 2010

Les jolies colonies pour sans-papiers...

Un toboggan entouré de grillages : c’est, depuis le 8 juillet, le seul terrain de jeu de cinq enfants, enfermés avec leurs parents au centre de rétention administrative (CRA) de Lyon Saint-Exupéry, dans l’attente de leur possible expulsion.

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jeudi 13 mai 2010

Vous avez dit rigueur ?

Non, c’est vrai le gouvernement ne l’a pas dit. Tiens, et si justement, il s’y mettait vraiment à la rigueur ? Rigueur budgétaire, rigueur morale… Car la petite histoire de la journée est un comble d’absurdité, d'inhumanité et de dépenses publiques jetées par la fenêtre. Jugez plutôt :

La préfecture de Moselle a décidé l’expulsion du territoire d'une famille yézide de Géorgie. David Agoyan, sa femme et deux enfants (14 et 18 ans) sont donc arrêtés, vers 7h30, au foyer à Nancy mardi 11 mai 2010. la famille est embarquée et emmenée au centre de rétention de Lyon. La suite est racontée par des militants du Réseau éducation sans frontières du Rhône :

« Le hic, c'est que lors de leur arrestation, la famille n'est pas complète : il manque le dernier petit garçon deux ans ! Qu'importe, ils sont mis ce matin dans un avion privé, menottés, ligotés (même le jeune de 14 ans) et sont expulsés vers la Pologne. David se mutile pour ne pas partir (il ne recevra des soins qu'à son arrivée en Pologne). Quinze policiers les accompagnent dans l'avion. La Pologne ne les accepte pas : la famille n'est pas complète ! Retour à Lyon où ils sont libérés. »


Donc oui, un peu de rigueur budgétaire et morale ne ferait pas de mal à ce gouvernement. Quant au coût humain d’une telle politique, il est évidement incalculable...

vendredi 6 novembre 2009

Des réfugiés géorgiens expulsés par charter

Des enfants et des malades... La liste des quatorze Géorgiens expulsés mardi matin par avion spécial fait froid dans le dos : six mineurs, âgés de un à douze ans, scolarisés en France, une femme enceinte, deux personnes atteintes de pathologies graves et une affectée de troubles psychiatriques.

Interpellées lundi matin dans un hôtel de Marsannay-la-Côte, près de Dijon, ces familles de la minorité Yizid, sont transférées le soir même au centre de rétention de Nîmes (Gard). Mardi, vers onze heures, un charter décolle de l’aéroport de Garons. Direction, la Pologne, en vertu des accords de Dublin II qui renvoient les demandeurs d’asile dans le premier pays d’Europe traversé. Il aura fallu un peu plus de 24 heures pour les expulser du territoire français... «Cette procédure n’est pas illégale, mais elle est très contestable, regrette un intervenant de la Cimade. Quand on n’a pas honte de sa politique, on ne la fait pas en catimini, la nuit, sans même passer devant un juge.».

D’autant que ce militant associatif fait état d’une expulsion particulièrement violente. « A 4h30, quand les policiers viennent les réveiller pour les mettre dans l’avion, les Géorgiens ont refusé de les suivre. Pour les contraindre à sortir du centre, les policiers ont séparé les enfants des parents. Le bébé d’un an a été arraché des bras de sa mère. Les enfants criaient, ils étaient terrorisés».

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vendredi 15 mai 2009

Charter géorgien

L'information donnée par le réseau éducation sans frontières (RESF) de Rennes a été confirmée par la Cimade et Hélène Flautre, députée verte européenne : jeudi, la France a expulsé trois Géorgiens par avion militaire. Après des escales à Rennes, Toulouse et Zagreb en Croatie, l'avion est finalement arrivé dans la soirée à Tbilissi. Les trois sans-papiers étaient encadrés de huit policiers. Sollicité la Police aux frontières et le ministère de l'Immigration n'ont pas répondu à nos questions. Nous ne saurons donc pas combien cette opération aura coûté de deniers publics, ni si ces trois Géorgiens étaient les seuls passagers à bord.

vendredi 23 janvier 2009

"Personne ne quitte son pays par plaisir"

PORTRAIT. Kurdes persécutés en Géorgie, les Mirzoian, ont trouvé refuge en France il y a six ans où ils sont aujourd'hui menacés d'expulsion. Un rassemblement de soutien est organisé ce soir à 18 heures à Saint Jean de Braye, près d'Orléans.

"Quand on a ouvert la bâche du camion, on était à Orléans". Octobre 2002 : Elena et Aziz Mirzoian, accompagnés de leurs deux fils, débarquent en France, cachés dans un semi-remorque. Une semaine plus tôt, ils donnaient 5000 dollars à un passeur pour quitter, à tout prix, la Géorgie. "On ne savait pas où on atterrirait, peu importe, il fallait partir, raconte Elena, la maman. On est repoussés de partout, on n'a pas de pays". Kurdes de religion yézidie, les Mirzoian fuient les persécutions ethniques et la misère.

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jeudi 22 janvier 2009

A Bordeaux, un militant des droits de l'homme menacé d'expulsion

Le tribunal administratif de Bordeaux examinait aujourd'hui le recours déposé par Nugzar Sulashvili, militant des droits de l'Homme géorgien et sa femme, menacés d'expulsion avec leurs deux enfants (16 et 3 ans) à la suite du refus de la préfecture de la Dordogne de leur accorder un titre de séjour. La famille a trouvé refuge en France depuis quatre ans, après des tentatives d'enlèvement et d'assassinat. En Géorgie, Nugzar Sulashvili avait fondé une ONG d'aide aux prostituées et dénonçait régulièrement le commerce du sexe, s'attirant ainsi les foudres de la mafia. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à une date indéterminée.