Laissez-passer

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jeudi 19 avril 2012

Enfants à la rue : saisine du défenseur des droits

Impossible de savoir combien ils sont. Mais les associations qui leur viennent en aide sont formelles : depuis quelques mois, le nombre de mineurs étrangers à la rue en région parisienne a explosé. «Jamais autant de ces enfants n’ont été laissés en errance, à la rue jour et nuit, y compris au plus fort de l’hiver» dénoncent-elles dans un communiqué commun. Quinze organisations (1) ont donc décidé de saisir le défenseur des droits, Dominique Baudis.

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lundi 16 avril 2012

Un sans-papiers arrêté aux prud'hommes

Le conseil des Prud'hommes dans le tribunal de commerce de NanterreIl était venu réclamer des indemnités de licenciement, il est reparti les menottes aux poignets... Mercredi dernier, Monsieur K., sans-papiers malien, a été arrêté au conseil des prud’hommes de Nanterre. Selon des sources judiciaires et syndicales, cet homme a été interpellé à sa sortie du bureau de conciliation, dans le cadre d’une plainte déposée par son ex-employeur pour usurpation d’identité. Licencié de l’entreprise de restauration collective dans laquelle il travaillait depuis 2010, Monsieur K. avait décidé de faire valoir ses droits, le Code du travail prévoyant des indemnités versées à l’étranger en cas de rupture du contrat de travail. Mais son employeur a porté plainte, pour usurpation d’identité, dès qu’il a appris qu’une procédure prud’homale était engagée puis a tout simplement informé la police du jour et du lieu où elle pourrait «cueillir» son employé !

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jeudi 12 avril 2012

Des migrants abandonnés à en mourir en Méditerranée

Le Radeau de La Méduse de Théodore Géricault
La traversée devait durer moins de 24 heures, elle s’est transformée en une épopée tragique de quinze jours durant lesquels soixante-trois hommes, femmes et enfants, abandonnés à la dérive, sont morts de faim et de soif. Un radeau de la Méduse en pleine mer méditerranée, localisé par les autorités européennes et dérivant à quelques milles marins des flottes les plus sophistiquées au monde…

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jeudi 23 juin 2011

Les « fantasmes sécuritaires » de l'Europe mettront-ils fin à la libre circulation ?

La France et l’Italie ont-elles anticipé le vote par le sommet européen aujourd’hui du rétablissement des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen ? C’est ce qu’affirment deux associations, le Gisti et l’Anafé qui ont réalisé une mission d’observation à la frontière franco-italienne mi-avril.

La France et l’Italie sont alors dans une cynique partie de ping-pong avec les migrants tunisiens arrivés depuis quelques semaines sur l’île de Lampedusa. C’est à qui récupérera la patate chaude... Le 5 avril, l’Italie marque un point en annonçant la délivrance de titres de séjour « à titre humanitaire » aux « citoyens de pays d’Afrique du nord », leur permettant de se déplacer dans l’espace Schengen. Colère de la France, qui accuse l’Italie de ne pas avoir contrôlé efficacement ses frontières externes et établie des critères supplémentaires, notamment de ressources, pour franchir la frontière entre les deux pays.

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mercredi 4 mai 2011

Sarkozy et Guéant défient l'Europe

La France n’en finit pas de se faire taper sur les doigts par l’Union européenne pour sa politique migratoire. La commission européenne a demandé hier à Paris de lui fournir, « dès que possible », des « clarifications » concernant « les contrôles policiers dans la zone frontalière » avec l’Italie qui, s’ils étaient systématiques et permanents, seraient en infraction avec les règles de l’espace Schengen. L’Italie s’est également vu demander des éclaircissements sur les permis de séjour et documents de voyages délivrés aux Tunisiens.

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mardi 19 avril 2011

A Vintimille, la dignité reste à quai

Le départ était prévu dimanche, à 13h17, à Vintimille (Sud de l’Italie). Le «train de la dignité» qui devait rejoindre Marseille, est resté à quai, bloqué par les autorités françaises.

Organisée par le Collectif Welcome Menton-Vintimille (regroupement d’associations françaises et italiennes de soutien aux réfugiés), cette manifestation ferroviaire devait acheminer en France des Tunisiens, accompagnés de militants français et italiens.

Mais dès midi, tous les trains entre la France et l’Italie ont été annulés sur ordre du préfet des Alpes-Maritimes, en raison « des risques de trouble manifeste à l’ordre public ». Des manifestants italiens et français se sont alors regroupés en cortège, aux côtés de migrants tunisiens, scandant « Liberté, liberté » et « Nous sommes tous des clandestins ! ».

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lundi 14 février 2011

Guantanamo, à la mode de chez nous

Centre de rétention de Palaiseau ©Marie BarbierUn « Guantanamo à la française » : c’est en ces termes que plusieurs associations (Gisti, Cimade, LDH, Syndicat des avocats de France) ont dénoncé l’amendement gouvernemental à la loi Besson qui vient tout juste d’être adoptée par le Sénat en première lecture. Présenté à la commission des lois, cet amendement intègre au projet de loi sur l’immigration la possibilité de maintenir en rétention administrative jusqu’à 18 mois des étrangers condamnés à une peine d’interdiction du territoire ou à une mesure d’expulsion pour des « actes de terrorisme » ou « un comportement lié à des activités à caractère terroriste pénalement constatées ».

Si elle était votée en deuxième lecture, cette mesure s’ajouterait à celle de la loi sur la sécurité Loppsi 2, qui vient d’être définitivement adoptée par le Parlement, et qui prévoit le port du bracelet électronique pour ces mêmes personnes.

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jeudi 27 janvier 2011

La « préférence nationale » appliquée à l'apprentissage

Vous vous appelez Camille Durand, vous passez le bac en juin et devez, par conséquent, vous inscrire, pour la rentrée prochaine, dans une formation d'enseignement supérieur. Comme vos 750 000 homologues de terminale, vous saisissez donc votre souris pour vous rendre sur le site Admission post-bac (APB), procédure de pré-inscription mise en place depuis 2008 par le ministère de l'Enseignement supérieur.

Sous le logo de la République française, on vous demande de remplir votre identité, état civil et parcours scolaire. Enfin, les voeœux. Après réflexion, ce sera un DUT informatique en apprentissage. Choix de la formation, détails, sélectionner. Écran blanc. Et un message : « Seuls les candidats de nationalité française peuvent s'inscrire dans une formation en apprentissage sur APB ». Car Camille Durand est de nationalité malienne. Mais Camille Durand peut devenir belge ou portugaise (magie de l'informatique), elle verra le même message apparaître. Si seule la fictive Camille Durand était concernée, l'affaire ne serait pas si grave. Mais des étudiants en chair et en os ont déjà fait cette désagréable expérience.

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samedi 15 janvier 2011

Circulez, y’a tout à voir !

Existe-t-il une alternative à la politique de fermeture des frontières mise en place par la France depuis 1974 ? Oui : la liberté de circulation, d’installation et l’égalité des droits ! répond le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) qui organisait en novembre 2009 une journée d’étude sur le sujet. L’association publie aujourd’hui les actes de ce colloque qui donne du grain à moudre : non, l’ouverture des frontières n’est plus un slogan brandis par des militants « angélistes » ou « radicaux ». Depuis plusieurs années, intellectuels et experts constatent l’impasse d'une politique qui s’est muée en véritable « guerre aux migrants » et dressent d’autres analyses qui sont autant d’outils pour contrer les politiques actuelles.

« Liberté de circulation : un droit, quelles politiques ? » du Gisti, 161 p., 10 euros.

Lire aussi :
Quelques enregistrements du colloque du Gisti

lundi 20 décembre 2010

Mauvais remake de «Camping» au Conseil d’État

Face à l’engorgement des structures d’accueil pour demandeurs d’asile, le conseil d’État vient de publier une ordonnance pour le moins surprenante, suggérant aux services de l’État d’organiser un hébergement... sous tente. La plus haute juridiction administrative était saisie par le ministère de l’Intérieur, qui lui demandait d’annuler une ordonnance du tribunal administratif de Paris du 27 octobre donnant à la préfecture un délai de 48 heures pour trouver un lieu d’hébergement à un demandeur d’asile afghan de vingt ans, laissé à la rue.

Dans son ordonnance, rendue le 19 novembre, le juge des référés du conseil d’État précise que si « les capacités d’hébergement normalement disponibles sont temporairement épuisées », il appartient à l’autorité administrative de « rechercher si des possibilités d’hébergement sont disponibles dans d’autres régions et, le cas échéant, de recourir à des modalités d’accueil sous forme de tentes ou d’autres installations comparables ».

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lundi 26 juillet 2010

Le conseil d’état épingle l’Ofpra

En novembre 2009, le conseil d’administration de l’Office français des réfugiés et apatrides (Ofpra) ajoutait sur sa liste des pays d’origine dits « sûrs » la Turquie, la Serbie et l’Arménie. Une décision qui fit l’effet d’un petit séisme pour les associations de soutiens aux réfugiés. Désormais, les ressortissants de ces pays souhaitant demander l’asile en France verraient leur demande traitée en accéléré et pourraient être expulsés avant même une éventuelle décision en appel.

Jugeant scandaleuse cette décision, dix associations (1) avaient déposé un recours devant le Conseil d’État demandant l’annulation de la liste de dix-sept pays. La haute juridiction vient de leur donner en partie raison : dans une décision du 23 juillet, elle demande à l’Ofpra de retirer cinq pays de la liste : Arménie, Madagascar, Turquie, Mali et Sénégal.

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dimanche 28 mars 2010

Passeurs d’étrangers

Plein droit n°84 Outre les humoristes, s’il est une catégorie dans la ligne de mire du ministre de l’Immigration, ce sont bien les passeurs. «Je veux déclarer la guerre aux passeurs, déclarait Eric Besson en février 2009. Je veux déclarer la guerre à celles et ceux qui exploitent la misère humaine ». Dans sa revue Plein droit, le groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) s’attaque à ce sujet « hautement sensible » et « bien plus complexe qu’il n’y parait ». Les multiples barrières dont s’est entourée l’Europe conduisent inévitablement à l’organisation de passages clandestins. Où s’arrête la solidarité et au commence l’exploitation de la misère humaine ? Des passeurs portugais pendant la dictature aux Marocains qui aident à « brûler les étapes », en passant par les enfants passeurs de Mayotte, Plein droit montre la complexité de la figure du passeur, et fait voler en éclat la sempiternelle dichotomie passeur bourreau contre clandestin victime.

Plein droit. La revue du Gisti, n°84, mars 2010, 9€.

jeudi 29 octobre 2009

Régularisations : Besson doit revoir sa copie

Saisi d’un recours par le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), le Conseil d’Etat a annulé, la semaine dernière, la circulaire du 7 janvier 2008 qui précisait les conditions de régularisation par le travail. Le Gisti avait saisi le Conseil d’Etat sur l’ensemble des textes mettant en place l’immigration choisie qui organise un « régime à plusieurs vitesses » selon Serge Slama de l’association juridique : « si vous êtes Algérien ou Roumain, ça n’est pas le même régime qui s’applique », puisque ces textes définissent des listes de métiers en fonction des origines. Saisie sur cette question par la Cimade, la Halde avait reconnu, dans une décision du 15 septembre 2008, qu’il existait un risque de sélection des travailleurs sur « une base ethnique ». Le Conseil d’Etat a, en revanche, rejeté les requêtes du Gisti, validant ainsi le principe de l’immigration choisie, à une exception prêt : cette circulaire du 7 janvier 2008. Le Conseil d’Etat estime que le gouvernement ne peut « sans méconnaître la loi, restreindre les conditions » de régularisation.

Cette décision intervient alors que plus de 4100 travailleurs sans-papiers sont actuellement en grève dans toute l’Ile-de-France pour exiger justement une nouvelle circulaire qui définisse des critères simplifiés de régularisation par le travail. A la CGT, on prend donc acte de cette annulation : « Puisqu’il n’y a plus de circulaire, que le gouvernement se saisisse de cette occasion pour en écrire une nouvelle ! » répond Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT qui rappelle que des négociations ont commencé la semaine dernière entre ministère de l’Immigration, associations et syndicats pour définir une nouvelle circulaire « avec des critères simplifiés, améliorés et appliqués sur l’ensemble du territoire ». La CGT se félicite aussi que cette décision intervienne maintenant et non il y a quelques mois, puisque le syndicat avait profité de la brèche ouverte par cette circulaire pour obtenir la régularisation de 2500 travailleurs sans-papiers, lors d’un premier mouvement de grèves et d’occupations à l’automne 2008.

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lundi 26 octobre 2009

Colloque sur la liberté de circulation

Lundi 19 octobre, le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti) organisait une journée d'étude sur « La liberté de circulation : un droit, quelles politiques ? ». Quel plaisir de sortir pendant une journée du tourbillon de l’actualité pour se poser, réfléchir, analyser les politiques actuelles et étudier leurs alternatives !

Une journée très dense, dont il m'est impossible de rendre compte intégralement. En attendant les actes (qui devraient paraître d'ici quelques mois) voici quelques morceaux choisis d'interventions à écouter et réécouter sans modération :

Rupture ou continuité ?

Nicolas Sarkozy aime à répéter qu'il a mis en place une politique de rupture, notamment dans le domaine de l'immigration. Pas tant que ça, démontre Danièle Lochak, professeur de droit à l’université Paris X. Depuis l'antiquité, explique t-elle, les préoccupations économiques régissent les politiques d'immigration :


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vendredi 17 juillet 2009

Délit de solidarité, Besson ouvre le dialogue

Il risque d'y avoir du grabuge ce matin rue de Grenelle. Après des mois de polémiques, le ministre de l'Immigration a invité les associations de soutiens aux sans-papiers pour discuter du délit de solidarité.

Remis sous les projeteurs par le film de Philippe Lioret Welcome en mars dernier, ce délit punit de cinq ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende « l'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France ». Selon les associations, les humanitaires seraient mis en garde à vue et même parfois poursuivis sur la base de ce désormais fameux L.622-1. Pour Éric Besson, au contraire, « le délit de solidarité n'existe pas » et « personne n'a jamais été condamné en France pour avoir aidé un sans-papiers ». Et lorsque des associations comme le Gisti publie des listes de personnes condamnées, fac-similé des décisions de justice à l'appui, le ministre n'hésite pas à qualifié la crédibilité de cette association de « proche de zéro »...

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