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alternatives ?
Michel Feher, philosophe, président de l’association « Cette France-là
», décortique la politique migratoire mise en place depuis l’élection de
Nicolas Sarkozy. Outre sa brutalité, elle est surtout incohérente, dit-il, et
les partis de gauche peinent à faire passer ce message.
Eric Besson prétend qu’il fait la même politique que Jean-Pierre
Chevènement et Daniel Vaillant (1). Est-ce le cas ?
Depuis 1974 et l’arrêt officiel de l’immigration de main d’œuvre, tous les
gouvernements considèrent l’immigration comme un problème : « On ne
peut pas accueillir toute la misère du monde». De ce point de vue là, on peut
parler de continuité. Mais il existe aussi des ruptures. Depuis 2007,
l’immigration a pris une importance énorme tant dans la pratique que dans la
rhétorique gouvernementales. Du côté des pratiques, l’affichage des quotas de
sans-papiers à expulser et le soupçon jeté sur l’immigration familiale se
traduisent par une brutalité et une répression sans précédent – toutes les
associations l’attestent – qui a d’abord pour fin de fidéliser l’ancien
électorat du FN. En revanche, du côté de la rhétorique, le gouvernement ne dit
plus seulement que l’immigration est un problème mais ajoute qu’elle peut être
une chance, pour autant qu’on choisisse bien les migrants accueillis. Or comme,
il ajoute que les critères de choix sont d’une part les besoins économiques de
la France et d’autre part le respect, par les étrangers, des valeurs
républicaines, le discours gouvernemental a pour double effet d’apaiser les
craintes des électeurs se réclamant d’une droite humaniste et de gêner les
partis se réclamant d’une gauche responsable.