C’est l’histoire d’une lutte. Une lutte longue
et acharnée que ses protagonistes n’oublieront pas de sitôt. Les lecteurs de
l’humanité aussi s’en souviennent : le 8 avril 2010, quelques minutes
avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention de
Bobigny. Une victoire pour ce père de famille angolais qui a échappé à quatre
tentatives d’expulsion et purgé deux mois de prison pour avoir voulu vivre en
France alors qu’il n’était pas un immigré « choisi ». Avec une violence
aveugle et opiniâtre, l’administration française s’est acharné sur cet homme -
« grain de sable dans la machine à expulser », comme le titrait alors
l’Humanité - n’hésitant pas à utiliser un avion privé pour le faire quitter le
pays à tout prix.
Tag - Guilherme
mercredi 30 novembre 2011
L’histoire de Guilherme en photos
Par Marie Barbier le mercredi 30 novembre 2011, 14:00 - Livres, films, musiques...
mercredi 1 juin 2011
Dans les rouages de la machine à expulser
Par Marie Barbier le mercredi 1 juin 2011, 08:30 - Livres, films, musiques...
L'immigration aux frontières du droit, documentaire de Manon Loizeau, le 1er juin à 20h50 sur Canal Plus.
La réponse est assénée avec force dans un documentaire de 90 minutes diffusé ce soir, en première partie de soirée, sur Canal Plus. Pendant un an, la réalisatrice (Prix Albert Londres en 2006 pour son film «La Malédiction de naître fille») a suivi les histoires d’hommes et de femmes pris dans les rouages de la machine à expulser. Les lecteurs de l’Humanité en reconnaîtront certaines pour les avoir lues dans nos colonnes. Comme celle de Guilherme Hauka Azanga, ce père de famille qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion vers l’Angola. A Lyon, Manon Loizeau filme les enfants de l’école Gilbert Dru, traumatisés par l’arrestation musclée de ce père de famille. Si l’on estime à 150 000 euros le coût des expulsions ratées de Guilherme, les dégâts humains sont eux incalculables...
dimanche 5 septembre 2010
Guilherme parmi les manifestants
Par Marie Barbier le dimanche 5 septembre 2010, 15:28 - Solidarité
Guilherme Hauka-Azanga se souviendra longtemps de ce samedi 4 septembre 2010. D’abord parce que ce père de famille sans-papiers, contraint de vivre caché depuis six mois, est sorti de l’ombre pour manifester au grand jour ; ensuite parce que ses enfants, dont il est désormais séparé, étaient à ses côtés. Enfin, parce que Guilherme a chanté en duo avec Jane Birkin la superbe chanson de Serge Gainsbourg «Les p’tits papiers».
Depuis janvier dernier, une large mobilisation entoure cet Angolais de 45 ans qui vit à Lyon avec sa compagne congolaise, les deux filles aînées de cette dernière et leurs deux enfants. « La seule possibilité pour cette famille est de vivre en France, martèle Annabelle Billaud, membre de son comité de soutien. Ces enfants sont nés en France, pourquoi irait-ils vivre en Angola ?»
mercredi 23 juin 2010
Guilherme débouté
Par Marie Barbier le mercredi 23 juin 2010, 17:57 - Arrestations / Expulsions
Triste nouvelle qui vient de tomber sur le fil : la cour administrative d’appel de Lyon confirme l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture du Rhône à l'encontre de Guilherme Hauka-Azenga, père de famille angolais que l'administration française a tenté d'expulser quatre fois sans succès depuis le mois de janvier (lire ici).
Sans surprise, l’arrêt a repris les conclusions du rapporteur public qui remettait en question la version de Guillherme Hauka-Azanga, absent le jour de l’audience du 9 juin, sur les conseils de son avocat qui craignait une arrestation. Terrorisé par ces nombreuses tentatives d'expulsion particulièrement violentes, Guilherme se cache depuis sa libération en avril dernier. Il bénéficie du soutien des parents d'élève de l'école Gilbert Dru (où sont scolarisés ses enfants) qui ont créé une fabuleuse mobilisation autour de lui et continuent encore régulièrement à organiser des manifestation de soutien (voir leur site). Le 25 mai dernier, 300 personnes avaient marché de l'école Gilbert Dru à la préfecture, où 5210 lettres demandant sa régularisation immédiate, qui n'avaient pu être remises, avaient été accrochées devant le bâtiment.
Guilherme, 45 ans, est père de deux enfants nés en France d'une mère congolaise en situation régulière sur le territoire. En Angola, qu'il a fui en 2002, il laissé cinq enfants, d'une mère angolaise décédée en 2004. Dans sa décision, rendue le 16 juin, la cour a estimé que M. Hauka Azanga "ne vivait pas avec sa compagne et leurs enfants à la date de la décision en litige", qu'il n'avait pas "justifié de sa participation à l'entretien et à l'éducation des enfants à cette même date" et qu'il n'avait pas démontré "la réalité de la disparition alléguée" de son épouse angolaise.
Guilherme a désormais épuisé tous les recours sans obtenir le statut de réfugié.
jeudi 10 juin 2010
Nouvelle bataille pour Guilherme
Par Marie Barbier le jeudi 10 juin 2010, 10:26 - Arrestations / Expulsions
Il y avait foule hier après-midi au tribunal
administratif de Lyon. Une centaine de parents d’élève, associatifs et simples
citoyens avaient fait le déplacement pour soutenir Guilherme Hauka Azanga, dans
son procès en appel contre le préfet du Rhône. Banderoles, badges et même
t-shirt avaient été sortis pour l’occasion par le comité de soutien de ce papa angolais
menacé d’expulsion, qui se bat pour rester en France auprès de sa compagne et
de leurs enfants (lire ici).
Hier, Guilherme faisait appel du refus préfectoral de lui délivrer un titre de
séjour et de son obligation à quitter le territoire français.
mercredi 28 avril 2010
Sarkozy interpellé sur le cas de Guilherme
Par Marie Barbier le mercredi 28 avril 2010, 17:29
Plusieurs associations et syndicats (LDH, RESF, FCPE, FSU...) interpellent, dans une lettre ouverte, Nicolas Sarkozy sur le cas de Guilherme Hauka-Azanga. Après quatre expulsions ratées (lire ici), ce père de famille lyonnais vit aujourd’hui caché, menacé d’un nouvel éloignement. Les organisations demandent sa régularisation et dénoncent, par ailleurs, la surveillance policière autour de son comité de soutien : « Devons-nous considérer cela comme de vaines démonstrations d’intimidation de parents d’élèves ? ». A l’Elysée, on répond qu’il n’y aura « pas de réponse publique » à cette lettre.
vendredi 9 avril 2010
Guilherme, caillou dans la machine à expulser
Par Marie Barbier le vendredi 9 avril 2010, 19:20 - Arrestations / Expulsions
La lumière des réverbères éclaire faiblement un homme seul sur le trottoir. En costume sombre, il tire derrière lui une lourde valise blanche. Au bout de la rue, des cris et des applaudissements éclatent. Jeudi, quelques minutes avant minuit, Guilherme Hauka Azanga ressort libre du centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny. Comme une dernière humiliation, les agents de la police aux frontières le libèrent par la porte de derrière, quand sa famille et ses soutiens l’attendent devant l’entrée principale. Épilogue éloquent de plusieurs mois d’acharnement administratif contre un homme qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion, a purgé deux mois de prison et dont le seul crime, rappelle ses soutiens, est « de vouloir vivre en France avec sa famille ».
Quelques heures plus tôt, la
préfecture du Rhône avait diffusé un communiqué de presse succinct indiquant
que, dans « l’impossibilité matérielle de faire procéder à la reconduite à
la frontière de Monsieur Hauka Azanga à destination de son pays, l’Angola », le
préfet du Rhône décidait de mettre fin à sa rétention. Une belle victoire pour
les soutiens qui ont mené une impressionnante mobilisation contre l’expulsion
de ce père de famille lyonnais. A peine libéré, ce dernier, visiblement ému,
raconte les derniers rebondissements de son aventure : « Vers 16
heures (jeudi, NDLR), j’ai été transféré du centre de rétention vers le Bourget
et mis dans un jet privé. Après quarante minutes de vol, le pilote m’a dit
qu’on faisait demi-tour, qu’il n’avait pas accès à l’espace aérien du Portugal
». Prête à tout pour l’expulser, l’administration comptait transférer Guilherme
à Lisbonne, d’où un vol décollait dans la soirée pour Luanda.