Laissez-passer

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 8 juin 2011

On expulse bien les handicapés

La famille Vrenezi avant son expulsion
Bien loin de la conférence nationale sur le handicap, où Nicolas Sarkozy devrait s’exprimer aujourd’hui, un jeune polyhandicapé de 15 ans se meurt à cause de la politique française. Il y un peu plus d’un an, un bataillon de gendarmes pénétrait dans l’Institut d’éducation motrice de Freyming-Merlebach, près de Metz, pour y arrêter Ardi Vrenezi, atteint d’une maladie dégénérative du cerveau et d’épilepsie avec un polyhandicap lourd. Évacué sur un brancard, l’adolescent est immédiatement renvoyé au Kosovo avec sa famille.

Un an plus tard, un documentaire (1) diffusé la semaine dernière relance la mobilisation pour Ardi. Et crée un début de polémique. La documentariste Manon Loizeau s’est rendue au Kosovo pour y filmer Ardi. Premier constat, l’adolescent va mal. « Il va mourir plus vite et dans de moins bonnes conditions » constate Isabelle Kieffer, sa pédiatre lorsqu’il était en France. Ardi a des difficultés à s’alimenter, il a maigri et passe ses journées sur un matelas posé à même le sol.

Lire la suite...

mercredi 1 juin 2011

Dans les rouages de la machine à expulser

L'immigration aux frontières du droit, documentaire de Manon Loizeau, le 1er juin à 20h50 sur Canal Plus.

On a beaucoup glosé sur la politique migratoire sarkozienne. Son inhumanité, son coût, son inutilité. La documentariste Manon Loizeau ajoute une nouvelle question à ce plaidoyer : cette politique est-elle juste ? Au regard du droit international, français et des droits humains.

La réponse est assénée avec force dans un documentaire de 90 minutes diffusé ce soir, en première partie de soirée, sur Canal Plus. Pendant un an, la réalisatrice (Prix Albert Londres en 2006 pour son film «La Malédiction de naître fille») a suivi les histoires d’hommes et de femmes pris dans les rouages de la machine à expulser. Les lecteurs de l’Humanité en reconnaîtront certaines pour les avoir lues dans nos colonnes. Comme celle de Guilherme Hauka Azanga, ce père de famille qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion vers l’Angola. A Lyon, Manon Loizeau filme les enfants de l’école Gilbert Dru, traumatisés par l’arrestation musclée de ce père de famille. Si l’on estime à 150 000 euros le coût des expulsions ratées de Guilherme, les dégâts humains sont eux incalculables...

Lire la suite...

lundi 31 janvier 2011

La sordide histoire d’Ardi, prélude à la loi Besson

A ses dépens, il est un exemple édifiant de l’inhumanité de la politique migratoire française. La réforme du droit au séjour pour les étrangers malades ? « On est en plein dedans ! Ce qui est arrivé à Ardi est un avant-goût de ce qui nous attend » tonne Pascal Wuttke, responsable mosellan de l’Association des paralysées de France (APF). Un amendement à la loi Besson sur l’immigration, discutée à partir de demain au Sénat, prévoit en effet la remise en cause du droit au séjour pour les étrangers malades. Autrement dit, si cette réforme aboutie, l’effrayante histoire d’Ardi ne sera plus une exception.

Lire la suite...

jeudi 28 octobre 2010

Ardi dans un « état dramatique »

Ardi Vrenezi, garçon de quinze ans polyhandicapé, expulsé le 3 mai dernier vers le Kosovo, est dans un « état de santé dramatique » selon Bruno Gaurier de l’Association des paralysées de France (APF) qui lui a rendu visite au Kosovo la semaine dernière. Ardi, atteint d’une grave maladie dégénérative, était soigné à Freyming-Merlebach (Moselle) depuis 2009, avant d’être expulsé avec ses parents. «Sa maladie nécessite un traitement médicamenteux et une rééducation fonctionnelle constants» précise Bruno Gaurier. Sans cette prise en charge, son état de santé s’est rapidement détérioré ces cinq dernier mois.

jeudi 11 juin 2009

L'auxiliaire qui refusait l'expulsion

Yazid et Olivier sont inséparables. Outre l'amitié qui les lie, le premier est tout simplement indispensable au second. Olivier Morel, 39 ans, professeur d'anglais au lycée d'Echirolles (Isère), est tétraplégique. Yazid Zarour, 31 ans, l'aide comme auxiliaire de vie les nuits et les week-ends depuis trois ans. "Je suis totalement dépendant, explique Olivier. Yazid me fait manger, me douche, m'amène aux toilettes, me couche... Des choses basiques et intimes qu'on ne peut pas demander à n'importe qui. Nous avons construit une relation de confiance indispensable". Si Olivier se retrouve ainsi obligé de décrire son intimité, c'est que le préfet de l'Isère a décidé que la validité des papiers primait sur le reste et qu'un auxiliaire pouvait en remplacer un autre.

Lire la suite...