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Tag - Intérimaires

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lundi 12 avril 2010

A Bamako, le violent retour à la case départ de Siabou le gréviste

Siabou Diaberra, dans les rues de Bamako ©Marie Barbier

Autour du vendeur de cigarettes, des tabourets de fortune ont été posés sur la terre battue. Sous une chaleur étouffante, une dizaine de jeunes bamakois discutent autour d’une tasse de thé brûlant. Dans un pays où l’on n’ose même plus calculer le taux de chômage, les jeunes, forcés à l’inactivité, passent le temps comme ils peuvent. L’un d’entre eux ne parle pas beaucoup. Siabou Diaberra ne connait pas ce quartier de Bamako, ni ses habitants. Il est arrivé dix jours plus tôt, expulsé après huit longues années en France. Déposé comme un colis dans une ville où ne vit que sa « grande famille », des parents éloignés qui l’ont recueilli en attendant qu’il ait les moyens de rentrer dans son village, à plusieurs centaines de kilomètres.

Le verbe rare, Siabou Diabera n’est pas un revendicatif. Il ne crie pas au scandale. Mais énonce les faits. Gréviste sans papiers engagé dans le mouvement de lutte pour obtenir une circulaire de régularisation, il a été expulsé vers le Mali le 21 février dernier. Dans les locaux de l’Association malienne des expulsés (AME), en périphérie de Bamako, il montre une affiche des cercles des silences : le photographe Olivier Jobard y a pris sur le vif deux policiers embarquant de force, sur la passerelle d’un avion, un sans papiers, jambes scotchés, porté comme un paquet. « Ils m’ont fait ça ». Il baisse les yeux, regarde ses mains. Des cicatrices noires strient ses poignets, stigmates de ses menottes trop serrées.

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mercredi 24 mars 2010

Des grévistes sans papiers évacués

Devant l'agence après l'évacuation ©Jean-Louis Olivier
Les travailleurs sans papiers qui occupaient depuis seize mois l’agence d’interim Ranstad, avenue Daumesnil à Paris, pour exiger leur régularisation ont été évacués par les forces de l’ordre ce matin, après une décision du tribunal de grande instance de Paris. Près de 1500 intérimaires participent au mouvement de grèves et d’occupations lancé le 12 octobre 2009 à l’appel de onze organisations pour exiger une circulaire de régularisation.

Avec les élus Nicolas Bonnet (PCF, à droite) et Alexis Corbière (PG, à gauche) ©Jean-Louis OlivierElus et associations se sont relayés sur le site aujourd'hui pour apporter leur soutien aux grévistes et un rassemblement est prévu ce soir devant l’agence, où un campement provisoire a été installé. D'après plusieurs témoins, les grévistes ont vu leurs effets personnels et les matelas sur lesquels ils dormaient jetés sur le trottoir. Dans un communiqué, l'union syndical de l'intérim CGT dénonce une "décision inacceptable" qui "soulève une immense émotion et indignation".

vendredi 26 février 2010

« Bon retour à Bamako ! »

L'aventure malienne commence au 103, rue la Fayette à Paris. Tous les matins, dès 8 heures, les 1300 intérimaires sans papiers en grève se réunissent dans le sous-sol de cette agence Manpower pour faire le point sur leur lutte : nombre de Cerfa récupérés (promesses d'embauche), entreprises contactées, argent collecté... Après quatre mois de lutte, leur détermination est incroyable.

Je n'y suis pas pour un reportage, mais pour une prise de contacts. Je pars au Mali dimanche : association malienne des expulsés, excision ou anciens combattants, il y a de quoi dire et écrire. J'aimerais aussi parler de la grève des travailleurs sans papiers en France, savoir comment elle est perçue dans ce pays d'où sont originaires la très grande majorité des grévistes. Pour cela, il me faut trouver des familles à Bamako qui accepteront de me parler.

Les grévistes se montrent d'abord réticents. « Ca se passe pas comme ça au Mali, tu peux pas débarquer chez les gens que tu connais pas, m'explique l'un d'eux. Il faudrait que tu y ailles avec quelqu'un ». Aïe, ça commence mal. Méfiants, ils voudraient savoir ce que j'attends d'eux. J'explique : «6000 travailleurs sans papiers sont actuellement en grève en France. Si on retire les chinois qui sont 700, ceux qui restent sont essentiellement Maliens. Il y a donc quelque 5000 Maliens qui ont lancé, en France, une grève inédite. Je voudrais savoir comment ce mouvement est perçu au Mali. Les médias en parlent-ils ? Qu'en pensent les familles ?»

Rassurés et même flattés, les numéros de téléphones bamakois pleuvent. Celui-ci à un grand frère, celui-là sa femme, lui sa soeur. En partant, tous me gratifient d'un grand sourire et d'un « Bon retour à Bamako ! »

mardi 9 février 2010

Les sans-papiers de la rue du Regard « sous protection »

Depuis une semaine, il est là tous les jours, dès six heures du matin, « au cas où la police arriverait ». Laurent Cantet, Palme d'or du festival de Cannes pour son film « Entre les murs », se dit prêt à « faire tampon entre les forces de l'ordre et les grévistes » sans papiers de la rue du Regard (Paris 6e), menacés d'une évacuation imminente. « La grève est un droit constitutionnel qui n'est pas négociable », dit-il. Le réalisateur n'est pas le seul à s'être positionné. En quelques jours, un impressionnant mouvement de solidarité s'est constitué autour de ce piquet de grève.

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vendredi 22 janvier 2010

Des grévistes sans-papiers « tabassés »

Il est 7h25, mercredi matin, lorsque les forces de l’ordre pénètrent dans l’ancien hôtel Majestic. Depuis trois mois, soixante-trois intérimaires sans papiers occupent cet immeuble près de l’Arc de Triomphe, dans le cadre d’un vaste mouvement de grève pour obtenir une circulaire de régularisation.

D’après les témoignages que nous avons recueillis, cette évacuation, ordonnée par la justice, ne s’est pas faite sans violence. Ainsi, le Vieux Doucouré (lire son portrait ici) a la cheville foulée après avoir été « bousculé » par les forces de l’ordre : « Une centaine de CRS sont arrivés à 7h10. J’ai demandé trois fois à voir la requête d’évacuation, ils ont refusé. Une fois dehors, c’était violent : les CRS ont utilisé les gaz lacrymo et des grévistes ont été tabassés à coup de matraque. L’un a eu plusieurs dents cassées. »

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jeudi 14 janvier 2010

Le Palais Bourbon rénové par des sans-papiers !

Le 101, rue de l'UniversitéIls sont venus avec leurs badges magnétiques. Dessus : leur nom d’emprunt, une photo d’identité et, à côté du logo Bouygues, écrit en lettres violettes : « Assemblée nationale ».

Pendant près de deux ans, des intérimaires sans papiers employés par la société Adec, sous traitant de Bouygues, ont travaillé à la rénovation d’une annexe de l’assemblée nationale, 101 rue de l’université dans le 7e arrondissement de Paris. Depuis le 12 octobre, ils sont soixante-deux à occuper l’ancien hôtel Majestic près de l’arc de triomphe dans le cadre d’un vaste mouvement de grève lancé à l’appel de onze organisations.

Hier, entourés de députés de gauche et de droite et devant de nombreux journalistes, ils ont décrit leur conditions de travail effroyables : « J’étais sur le marteau-piqueur du matin jusqu’au soir, raconte Sako Bilali qui travaillait 39 heures par semaine pour 350 euros en moyenne. Quand Khadafi (président libyen, NDLR) est venu, ils ont renforcé les contrôles de sécurité on a pas pu travailler pendant trois jours ». Doucouré (lire son portrait dans l’Humanité du 31 décembre) a déclaré, d’une voix rendue blanche, par l’émotion : « Nous demandons à ce que les patrons et le gouvernement s’engage à nous régulariser. On cotise et on n’a le droit à rien. Nous voulons retrouver notre dignité ».

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mercredi 30 décembre 2009

Un sage chez les sans-papiers

PORTRAIT. Hier, ouvrier chez Renault Billancourt, aujourd'hui travailleur intérimaire sans papiers exploité, Le vieux Doucouré occupe depuis deux mois l'ancien Hôtel Majestic, à Paris.

le vieux Doucouré Doucouré, jeune Carte d'identité consulaire

Reportage sonore* (4') :



Avec mille précautions, il étale sur la table des documents jaunis. Pour un sans-papiers, Doucouré ne manque pas de paperasse : carte d’identité consulaire, certificat de formation professionnelle, attestation de visite médicale, déclarations d’impôts... Sur les photos d’identité en noir et blanc des années 70, un jeune malien de vingt ans à la coupe afro, tout juste débarqué à Paris, vous sourit. Quarante ans plus tard, Doucouré a le même sourire généreux ; un collier de barbe blanche orne désormais son visage. A 61 ans, il est le doyen des 6000 travailleurs sans papiers en grève depuis la mi-octobre pour obtenir une circulaire de régularisation. « Dans la culture africaine, la parole des anciens est très respectée, il est le sage », explique Maryline Poulain, de l’association Autremonde, qui soutient de mouvement. Le comité des délégués CGT l’a nommé coordinateur du mouvement, un titre honorifique qui en dit long sur son aura.

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mardi 22 décembre 2009

A Ménilmontant, en attendant l'évacuation

Devant l'agence d'intérim, lundi matin


REPORTAGE. «Dès matin bonne heure là, faut pas s’énerver.» Ibrahim Ndiaye, délégué des travailleurs sans papiers de Multipro, tente de calmer les esprits déjà bien échauffés en ce lundi matin. La secrétaire de l’agence d’intérim ne l’écoute pas, trop occupée à crier. Outre les trente-cinq grévistes, une trentaine de membres du comité de soutien se sont donné rendez-vous devant l’agence pour y attendre le patron. Ce dernier, «en déplacement», ne viendra pas. La secrétaire : «Je ne parlerai qu’au délégué CGT». «Je suis délégué Solidaires» répond Sébastien Chatillon. «Moi aussi je suis solidaire, mais je veux parler à la CGT» réplique la furie !

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mercredi 15 avril 2009

Une bougie et 1500 régularisations

Déjà 1500 ! Alors que Brice Hortefeux ne prévoyaient que "quelques centaines" de régularisations par le travail, le mouvement de grèves et d'occupations des travailleurs sans papiers, lancé il y a tout juste un an, a d'ores et déjà gagné 1500 cartes de séjour "salarié". Depuis le 15 avril 2008, ce sont quelque 2500 sans-papiers qui se sont mis en grève, certains pendant des mois, pour exiger leur régularisation.

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mardi 24 février 2009

Nouvelles occupations dans l'intérim

Ce matin, les sans-papiers intérimaires en lutte pour leur régularisation ont brièvement investi deux agences d'intérim dans le 12e arrondissement de Paris : les agences Global et Triangle, dont les responsables, sollicités depuis des mois, rechignent à faire les démarches de régularisation. Les deux agences ont été libérées après l'assurance écrite que les formulaires CERFA seraient remplis. "On est plutôt satisfait, reconnaît Yannic Poulain, secrétaire général de l'Union syndicale de l'intérim CGT. On souhaite maintenant que le Prisme (chambre patronale de l'intérim, NDLR) sorte de sa léthargie et donne des consignes à ses adhérents de négocier". Depuis la mi-décembre et la définition de nouveaux critères, les intérimaires peuvent enfin déposer leur dossier en préfecture.

Lire aussi :
Les intérimaires dans le "fond de la poubelle"

jeudi 19 février 2009

Le conflit s'enlise à Man BTP

REPORTAGE. "Qu'est ce qu'on veut ? Des papiers ! Pour qui ? Pour tous !" Pour la troisième fois depuis le début de leur grève, le 3 juillet dernier, les travailleurs sans-papiers de l'agence d'intérim Man BTP se sont rassemblés devant la fontaine Saint-Michel à Paris pour soutenir la délégation des porte-parole, élus, syndicats et associations reçue hier en préfecture. Les drapeaux roses de Solidaires flottent dans l'air, on danse et on chante pour se réchauffer :

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mercredi 28 janvier 2009

Les intérimaires, dans "le fond de la poubelle"


REPORTAGE. "Dans l'intérim, on a vraiment touché le fond de la poubelle" soupire Yannick Poulain, secrétaire général de l'Union syndicale de l'intérim CGT. Les intérimaires sans-papiers ont rejoint le mouvement en juin, non sans difficulté : le gouvernement a d'abord farouchement refusé de les prendre en compte, estimant qu'il fallait être en CDI pour prétendre à la régularisation par le travail. Depuis la mi-décembre et la définition de nouveaux critères, les intérimaires peuvent enfin déposer leur dossier en préfecture. Un soulagement pour les sans-papiers qui occupent les agences parisiennes : Perfect Interim, Man BTP, Manpower...

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vendredi 26 décembre 2008

Des avancées pour les 88 de Man BTP

REPORTAGE. Il a fallu faire venir un diable à roulettes pour porter les deux cartons. Au dessus, un plaisantin a posé un casque de chantier, attaché par une corde. Histoire de rappeler que les dossiers qui sont rangés là sont ceux de travailleurs. 65 dossiers : ceux des intérimaires de l’agence Man BTP en lutte depuis le 3 juillet. Plus de 150 jours de grève et d’occupation pour obtenir leur régularisation. Plus encore que les autres travailleurs sans papiers, les "88 de man BTP" (dont 65 dépendent de la préfecture de Paris), comme on les appelle maintenant, ont dû se battre pour que leurs droits soient reconnus : le ministère avait relégué les intérimaires aux oubliettes, les excluant de l'article 40 de la loi du 20 novembre 2007 et de la circulaire du 7 janvier 2008, qui prévoient les conditions de régularisations des travailleurs sans papiers sur demande de leur employeur. Il a fallu attendre le vendredi 12 décembre pour que le ministère transmette enfin les critères communs aux préfectures, y compris ceux des intérimaires.

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mercredi 17 décembre 2008

"La régularisation par le travail désormais banalisée"

"Enfin, nous sortons du règne de l’arbitraire préfectoral", se réjouit Francine Blanche, de la CGT. Vendredi dernier, le ministère de l’Immigration a transmis aux préfectures une série de critères permettant de régulariser les travailleurs sans papiers : exercer un emploi faisant partie de la liste des "150 métiers en tension" - (restauration, hôtellerie, nettoyage, - services à la personne…), résider en France depuis cinq ans et avoir soit un CDI, soit un CDD d’au moins un an. "Une importante étape est franchie, salue Francine Blanche. On se bat depuis des mois pour obtenir ces critères."

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