Une centaine de Tunisiens sont toujours bloqués dans la ville frontalière de Vintimille (Italie), devenue le symbole d'une Europe barricadée. Rencontre avec ces hommes désenchantés.
A la sortie de la gare de Vintimille, quelques dizaines de jeunes hommes bavardent sous le soleil. Des sourires doux, des yeux bruns pétillants et une patience infinie avec les nombreux journalistes qui se pressent sur la riviera italienne pour les voir. Les voici donc ces Tunisiens qui font frémir l’Europe ! Ceux dont Nicolas Sarkozy a dit qu’ils allaient déferler en « flux migratoires incontrôlables » ; ceux que Marine Le Pen et Chantal Brunel voulaient remettre dans des bateaux ; ceux que l’Italie et la France se renvoient avec cynisme comme de vulgaires balles de ping-pong. Les pires rumeurs ont circulé sur eux. On les a dits contre-révolutionnaires fuyant la démocratie naissante ou prisonniers de droit commun échappés des geôles tunisiennes.



Le
préfet des Alpes-Maritimes a annoncé, hier, une augmentation «significative» du
nombre de Tunisiens en provenance d’Italie. Durant les quinze premiers jours de
février, 86 ressortissants tunisiens en situation irrégulière ont été
interpellés dans ce département frontalier, contre 35 durant la même période en
2010. La réponse des autorités françaises a été de multiplier les arrestations
et les expulsions. Par ailleurs, les patrouilles de surveillance, sur les
routes, les voies ferroviaires et maritimes, ont été augmentées.