Laissez-passer

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jeudi 5 avril 2012

Accusé à tort, tabassé en prison... et expulsé ?

Retour à la case départ. Dans le cynique jeu de Monopoly de la politique migratoire française, Slaheddine Wertani apparaît comme le grand perdant. Aujourd’hui, il se retrouve dans la même situation qu’il y a quatre ans : menacé d’expulsion, après un passage par la case centre de rétention, prison, tabassage, coma, handicap et non lieu.

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mercredi 30 novembre 2011

Les avocats plaident pour le droit d'asile

Qui sème le vent récolte la tempête. Claude Guéant, à force de déclarations tonitruantes à fini par énerver les robes noires. Depuis hier, les avocats qui plaident à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), juridiction administrative traitant les recours des demandeurs d'asile, sont appelés à se mettre en grève.

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lundi 10 octobre 2011

Les mineurs isolés étrangers bientôt mieux accueillis ?

Cela pourrait être une victoire pour le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone. Jeudi, la Chancellerie a annoncé la mise en place d’un accueil plus équitable entre les départements des mineurs isolés étrangers (MIE). Ces enfants, arrivés seuls sur le territoire, se concentrent essentiellement à Paris qui en accueille actuellement 1 700 pour un budget de 70 millions d’euros et dans le 93, où 950 sont pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (à la charge des départements depuis 2007).

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vendredi 30 septembre 2011

Mineurs isolés étrangers : rien n'est réglé

Jean-Pierre RosenzweigLe bras de fer entre le conseil général de Seine-Saint-Denis et l’État sur la prise en charge des mineurs isolés étrangers (lire ici) continue. Résultat : des mineurs sont contraints de dormir à la rue, dénonce le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenzweig.

Que se passe t-il pour les mineurs étrangers du 93 ?

J-P. R. Nous avons une vingtaine de jeunes à la rue, qui tournent autour du tribunal. On ne sait pas quoi faire, à part la démarche humanitaire de leur donner à manger et à boire. De temps en temps, quelques places se libèrent, mais au compte goutte. Il y a urgence humanitaire. Et des procédures judiciaires d’assistance éducative en cours. Hier (mercredi, NDLR), j’ai été amené à prendre symboliquement une décision : j’ai confié des jeunes à la protection judiciaire de la jeunesse. Mon argument est que le Conseil général devrait les prendre en charge, mais la PJJ a une intervention subsidiaire : quand le premier de cordée ne peut pas, c’est le deuxième qui prend le relais… Mais bien entendu, aucune de mes décisions n’a été exécutée.

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jeudi 15 septembre 2011

La vraie-fausse relaxe d'Hortefeux

C’est une bisbille juridique qui profite à Brice Hortefeux. La cour d’appel de Paris a relaxé hier du délit d’injure raciale l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui avait été condamné en première instance.

A Seignosse (Landes) le 5 septembre 2009, le ministre, après avoir pris une photo avec Amine Benalia-Brouch, un militant auvergnat, avait déclaré : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

En juin 2010, le ministre avait été condamné à 750 euros d’amende. La cour d’appel a confirmé le caractère raciste et injurieux des propos mais a jugé irrecevable la constitution de partie civile du Mrap, à l’origine des poursuites, entraînant de facto la relaxe de Brice Hortefeux. « La cour a considéré que les propos avaient été tenus dans un lieu non public et donc qu’une association anti-raciste ne pouvait pas poursuivre en justice », explique Bernard Schmid, du service juridique du Mrap, L’association va saisir la cour de cassation et déposer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur cette interprétation de la loi.

Pour l’avocat du Mrap, Pierre Mairat, la question de l’indépendance du parquet est posée : « A partir du moment où l’injure raciste est caractérisé, le parquet aurait dû poursuivre ».

Par ailleurs, le Mrap a annoncé hier après-midi son intention de porter plainte devant la Cour de justice de la République contre Claude Guéant, actuel ministre de l’Intérieur, qui avait déclaré dimanche dernier que « l’immigration comorienne » marseillaise était la « cause de beaucoup de violences ».

jeudi 25 août 2011

Une journée ordinaire devant le juge des libertés

Le palais de justice de Paris- « Vous avez quelque chose à dire ? » Lunettes rouges sur le bout du nez et robe noire, Michèle Signoret, juge des libertés et de la détention (JLD) à la cour d’appel de Paris, questionne d’un ton glacial l’homme devant elle.

- « Je suis venu en France pour échapper aux mauvais traitements... » commence Sameh Theodore, chrétien égyptien (copte) enfermé depuis le 17 août au centre de rétention du Mesnil-Amelot, dans l’attente de son expulsion. Le père de famille de 45 ans n’aura pas le temps d’expliquer les persécutions dont sont victimes ses compatriotes coptes.

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lundi 16 mai 2011

Le procès des enfants enfermés

Erwan s’avance vers la barre avec calme. Ce jeune kossovar de 17 ans est cité comme témoin dans le procès de l’enfermement des enfants étrangers. Les applaudissements sont proscrits («ce n’est pas un spectacle»), l’ambiance studieuse. Depuis neuf heures, ce samedi, experts et témoins défilent devant ce tribunal d’opinion (1).

Erwan, dont la famille, sans-papiers, vit traquée en France depuis neuf ans, s’interroge, après son passage en centre de rétention : « Je ne savais pas quoi dire à mon petit frère. Comment expliquer à un enfant de six ans qu’il est enfermé dans une cage ? ».

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La circulaire oublie quelques sans-papiers...

Jeudi dernier, la Chancellerie demandait aux parquets de ne plus placer en garde à vue ni en prison des sans-papiers qui se seraient soustraits à une mesure d’éloignement (hors cas de « refus d’embarquer »), se conformant ainsi à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne. Mais quid des sans-papiers qui ne font pas encore l’objet de telles mesures ? L’emprisonnement et la garde à vue resteraient alors possibles. « Il s’agit à l’évidence de mettre « à l’abri » la pratique de la garde à vue comme antichambre des centres de rétention » dénonce le Syndicat de la magistrature qui appelle le garde des Sceaux à faire « encore un effort ».

jeudi 12 mai 2011

Les sans-papiers ne passeront plus par la case prison !

Définitivement votée hier soir par l'Assemblée nationale, la loi sur l'Immigration, censée transposer dans le droit français la « directive retour », fait déjà l'objet d'aménagements... Ce matin, la Chancellerie a envoyé une circulaire aux parquets précisant que le séjour irrégulier ne sera plus un motif d'incarcération, se conformant ainsi au droit européen. Le 28 avril, la cour de justice de l'Union européenne (CJUE), saisie par un tribunal italien, a jugé illégale la détention d'un étranger pour le seul motif qu'il se serait soustrait à une mesure d'éloignement. Cet emprisonnement ne serait pas conforme à la « directive retour ». La France punit pourtant le séjour irrégulier d'un an de prison, qui peut aller jusqu'à trois si l'étranger se soustrait à une mesure d'éloignement.

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mercredi 11 mai 2011

Fin des gardes à vue pour les sans-papiers ?

C’est une libération qui pourrait en appeler des milliers d’autres. Vendredi dernier, la cour d’appel de Nîmes a annulé la garde à vue d’un sans-papiers Tchétchène et l’a libéré du centre de rétention, appliquant ainsi un arrêt de la cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Fin avril, l’autorité judiciaire de l’UE, saisie par un tribunal italien, s’était appuyée sur la « directive retour » de décembre 2008 pour juger illégal l’emprisonnement d’un sans-papiers au seul motif que ce dernier demeure sur le territoire d’un État en violation d’un ordre de quitter le territoire. Or le droit français, en contradiction totale avec cette « directive retour », punit d’un an de prison et de 3750 euros d’amende le simple fait de se trouver en situation irrégulière sur le territoire français. Se soustraire à une mesure d’éloignement est passible de trois ans de prison et dix ans d’interdiction du territoire.

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lundi 2 mai 2011

Des «patrons négriers» à la barre

Ce pourrait être un procès historique dans la lutte des travailleurs sans-papiers. Cet après-midi, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Paris, les sous-traitants de la SNCF accusés d’avoir exploités durant des années des maîtres-chiens en situation irrégulière.

En octobre 2008, trente-sept maîtres-chiens débutent une lutte collective pour obtenir leur régularisation. Ils révèlent alors des conditions de travail effroyables : sans-papiers, sans contrat de travail, sans repos, sans congés payés, ils travaillent de nuit pour un salaire de 8 euros de l’heure.

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vendredi 22 avril 2011

Un maire accusé de provoquer la haine raciale

La banderole accrochée dans les rues de Villeneuve-le-roi
Les banderoles, tracts et autres pétitions sont apparus au courant du mois de février dans la commune de Villeneuve-le-roi (Val-de-Marne). D’abord discrètement, puis de manière tout à fait officielle. Quatre banderoles, frappées du logo municipal, sont dressées dans les artères principales de la ville, sur lesquelles les Villeneuvois peuvent lire : « Le conseil général doit faire évacuer les campements roms de notre ville ! ». Une campagne de pétition relaie ce slogan, avec distribution sur les marchés, porte-à-porte, etc. « Pendant trois semaines, ça a été la grosse artillerie », raconte Joël Josso, élu d’opposition PCF. Objet de l’ire de la mairie UMP, des familles roms installées dans la ville depuis un an environ sur un terrain appartenant au Conseil général. Or, durant l’été dernier, au moment où Hortefeux et consorts médiatisaient l’évacuation des campements roms, le Conseil général du Val-de-Marne s’était justement engagé à ne pas évacuer ce terrain qui compte une petite centaine de Roumains.

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mercredi 9 février 2011

Droit des étrangers : le refus d’une « justice d’abattage »

On les croyait silencieux et dociles, les juges administratifs - chargés de contrôler l’administration - nous prouvent le contraire. Les deux syndicats majoritaires (le SJA et l’USMA, qui représentent 90% de la profession) appellent à un mouvement de grève aujourd’hui partout en France. Ce mot d’ordre, lancé de longue date, est conforté par le vent de révolte qui secoue la justice depuis une semaine. Et s’ils se disent aujourd’hui solidaires de l’ordre judiciaire, les magistrats administratifs pointent aussi leur spécificité.

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mardi 1 février 2011

Les maîtres-chiens de la SNCF contre-attaquent

Ils ne comptent pas en rester là. Les trente-huit maîtres-chiens sans papiers de la SNCF qui avaient entamé en octobre 2008 une longue lutte pour obtenir leur régularisation, passent à la deuxième phase de leur action : les poursuites. Hier, ils étaient rassemblés, avec leurs soutiens, devant le conseil des Prud'hommes de Paris où onze sociétés devaient répondre, entre autre, de travail dissimulé. « Des sommes considérables » sont en jeu affirme l'avocat des maîtres-chiens, Xavier Robin, qui regrette un report de l'affaire à une date ultérieure.

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jeudi 27 janvier 2011

Le « voyage » en France de Fatoumata, l’Africaine

Zapi 3, zone d'attente de RoissyEn 2009, 13 000 étrangers sont passées par une zone d'attente en France. La plupart dans l'indifférence générale. L'histoire de Fatoumata est donc une histoire banale : une femme qui veut rendre visite à sa famille mais qui, pour un papier oublié, est enfermée une semaine en zone d'attente avant d'être refoulée. Une histoire qui sort de l'ombre parce que le cinéaste Laurent Chevallier, beau-frère de Fatoumata, a décidé de la raconter. Récit d'une humiliation d'Etat.



Je m’appelle Laurent Chevallier. Je suis cinéaste et durant plus de vingt ans, j’ai réalisé plusieurs films en Guinée-Conakry (Djembefola, L’Enfant Noir, Circus Baobab, Momo le doyen, etc.). C’est dans ce pays, en 1999, que j’ai rencontré mon épouse Manty Chevallier-Camara qui depuis vit en France à mes côtés, loin de sa famille. Nous avions prévu d’inviter sa grande sœur Fatoumata Camara à venir passer un mois chez nous pour qu’elle soigne des problèmes chroniques de tension et qu’elle puisse découvrir nos deux enfants, ses neveux.

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