Laissez-passer

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mercredi 20 avril 2011

Embrouillamini à Vintimille

La situation était confuse, hier, à la frontière entre la France et l’Italie. Entre policiers désabusés et migrants mal informés et inquiets, reportage des deux cotés de la frontière.

Passeront ? Passeront pas ? Dans le train entre Vintimille et Nice, hier, les Tunisiens qui tentaient de franchir la frontière franco-italienne ne savaient plus à quel saint se vouer tant la confusion était grande. Debout entre deux compartiments, Aymed, 26 ans, tripote avec angoisse son billet de train. Dans son autre main, il tient son permis de séjour temporaire délivré par les autorités italiennes, sésame pour l’espace Schengen qui a suscité la colère de la France. A bord du train, nul ne sait comment la police hexagonale réagira à ce document. « Et c’est quoi cette histoire de 60 euros ? Interroge Aymed, anxieux. Il parait qu’il faut qu’on montre de l’argent à la police. »

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mardi 19 avril 2011

A Vintimille, la dignité reste à quai

Le départ était prévu dimanche, à 13h17, à Vintimille (Sud de l’Italie). Le «train de la dignité» qui devait rejoindre Marseille, est resté à quai, bloqué par les autorités françaises.

Organisée par le Collectif Welcome Menton-Vintimille (regroupement d’associations françaises et italiennes de soutien aux réfugiés), cette manifestation ferroviaire devait acheminer en France des Tunisiens, accompagnés de militants français et italiens.

Mais dès midi, tous les trains entre la France et l’Italie ont été annulés sur ordre du préfet des Alpes-Maritimes, en raison « des risques de trouble manifeste à l’ordre public ». Des manifestants italiens et français se sont alors regroupés en cortège, aux côtés de migrants tunisiens, scandant « Liberté, liberté » et « Nous sommes tous des clandestins ! ».

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lundi 14 mars 2011

Lampedusa : « Ces jeunes Tunisiens sont juste assoifés de liberté »

Des italiens sur l'île de Lampedusa, en février ©AFP
Depuis un mois, l’arrivée de 8 000 Tunisiens sur les côtes italiennes déchaîne les commentaires. Des plus catastrophistes - « flux migratoires incontrôlables », selon Nicolas Sarkozy - aux plus ignobles, la députée UMP Chantal Brunel proposant de les « remettre dans des bateaux ». Aujourd’hui, c’est au tour de la patronne du Front National, Marine Le Pen, d’instrumentaliser ces arrivées en se rendant sur l’île de Lampedusa. Face à ce déferlement politique et médiatique, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme a diligenté une mission d’enquête pour étudier ce phénomène. Du 19 au 26 février, plusieurs associations françaises et tunisiennes se sont rendues en Tunisie et en Italie. Claire Rodier, de Migreurop, faisait partie de ces observateurs. De Zarzis à Lampedusa, elle raconte les raisons du départ des jeunes Tunisiens, les traversées tragiques et la difficile arrivée dans une Europe terrorisée par le mythe de « l’invasion ».

Que pensez-vous de la controverse européenne autour des questions migratoires ?

Claire Rodier. Nous assistons à une surenchère du rejet qui pose la question de notre rapport à la liberté des autres. Il faut savoir ce qu’on veut : est-ce qu’on préfère la démocratie, synonyme de mobilité, ou des régimes autoritaires qui interdisent à leurs ressortissants de partir ? Le besoin d’émancipation passe aussi par la traversée des frontières, mais la Tunisie ne va pas se vider ! Il est consternant de comparer la frilosité de l’Europe pour ces 8 000 personnes arrivées en Italie et son silence total sur la situation en Tunisie, où c’est par dizaine de milliers que les migrants arrivent de Libye. Sans être équipé, ce pays fait ce qu’il peut pour absorber les besoins du moment. Face à ces jeunes assoiffés de liberté, la seule réponse de l’Europe est de les traiter en agresseurs qu’il faut repousser. Cette mission a mis en lumière une vision extrêmement eurocentrée de la Méditerranée. Considérée comme une barrière ici, elle est vue comme un espace de partage du côté tunisien.

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mercredi 2 mars 2011

« L’invasion de l’Europe par bateaux est un fantasme politique »

Virginie Guiraudon
Alors que la droite et l'extrême droite alimentent les peurs d'un débarquement d'immigrés sur les côtes européennes, Virginie Guiraudon, directrice de recherche au CNRS et au centre d’étude européen de Sciences-po Paris, réfute la possibilité d’un exode massif et analyse la crise de la politique migratoire traversée par l’Union européenne.



Dès sa prise de fonction lundi, le nouveau ministre de l'Immigration, Claude Guéant, insistait sur la nécessité «de lutter contre l’immigration irrégulière qui, c’est un fait, (...) inquiète» les Français. La veille, Nicolas Sarkozy avait évoqué « des flux migratoires devenus incontrôlables» et une «Europe en première ligne». Qu'en est-il réellement ? Décryptage.

La crise en Libye alimente les craintes d’une arrivée massive de migrants en Europe. L’Italie parle de 300 000 arrivées. L’extrême droite française brandit le chiffre de 1,5 million. Quelle est la véracité de ces chiffres ?

Virginie Guiraudon. Ils sont complètement fantaisistes ! Aucune enquête ne permet aujourd’hui de dire combien de gens vont émigrer. D’autant que le cas libyen est compliqué car Kadhafi a toujours joué avec les chiffres en prétendant que les migrants en Libye voulaient traverser la Méditerranée. Pourquoi tous les subsahariens voudraient-ils venir en Europe ? Ce sont des saisonniers, qui travaillent en Libye et qui retourneront sans doute chez eux.

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jeudi 17 février 2011

L'asile pour les seuls bénalistes ?

Des Tunisiens en attente de transfert le 13 février 2011 à Lampedusa.Le préfet des Alpes-Maritimes a annoncé, hier, une augmentation «significative» du nombre de Tunisiens en provenance d’Italie. Durant les quinze premiers jours de février, 86 ressortissants tunisiens en situation irrégulière ont été interpellés dans ce département frontalier, contre 35 durant la même période en 2010. La réponse des autorités françaises a été de multiplier les arrestations et les expulsions. Par ailleurs, les patrouilles de surveillance, sur les routes, les voies ferroviaires et maritimes, ont été augmentées.

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