Laissez-passer

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mardi 6 septembre 2011

La rentrée scolaire en charter

L’Histoire aurait pu être belle ; elle est sinistre. Hier matin, jour de la rentrée scolaire, la famille Ajeti-Hasani - grands-parents, parents et six enfants âgés de un à onze ans - a été expulsée du territoire français. Vous avez dit une belle histoire ? Oui parce que, comme chez Astérix, toute la Gaule n’est pas envahie par la pensée sarkoziste. Un petit village d’irréductibles auvergnats résiste encore aux quotas d’expulsion : Saint-Amant Roche Savigne, 530 habitants au milieu des vertes montagnes du Puy-de-Dôme.

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mercredi 31 août 2011

A peine ouvert, le centre du Mesnil-Amelot tourne à plein régime

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et marne), qui a ouvert ses portes ultra modernes le 1er août dernier, « accueille » sa première famille : une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Le père, absent du domicile familial à Guéret, dans la Creuse, le 30 août au matin, a échappé à l'arrestation. Avec la nouvelle loi Besson, cette mère et ses trois enfants peuvent rester enfermés jusqu'à 45 jours dans ce centre.

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dimanche 21 août 2011

A Rennes, la loi Besson en action

Menacée d’expulsion, la famille Chowdhury devrait comparaître demain pour la deuxième fois devant le juge des libertés. Jeudi, la cour d’appel de Rennes avait annulé la première décision de remise en liberté, la jugeant contraire à la loi Besson. L’avocate de la famille, Me Le Strate, avait en effet saisi le JLD en urgence, arguant du traumatisme de l’enfermement pour les deux enfants. Or, la nouvelle loi sur l’immigration prévoit désormais un passage devant le JLD après cinq jours de rétention, au lieu de deux auparavant... « Cette jurisprudence empêcherait, dans tous les cas, le JLD de statuer en urgence », dénonce Me Le Strate, qui va saisir la Cour de cassation.

vendredi 19 août 2011

Le préfet de Rennes s’acharne sur les familles

Le centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-LandeUne «accélération» pour les uns, un «acharnement» pour les autres. Ces trois dernières semaines, trois familles ont été placées au centre de rétention administrative (CRA) de Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine).

La dernière en date, la famille Chowdhury, a été arrêtée mercredi matin à son domicile. En France depuis six ans, ils ont fui le Bengladesh où le père, militant politique, est condamné à la prison à vie. Leurs deux enfants sont nés en France. L’aîné bénéficie d’un soutien médico-psychologique à cause de troubles du langage et du comportement. « On se bat pour obtenir leur régularisation depuis cinq ans, raconte Yannick Nadesan, conseiller municipal PCF et parrain du petit garçon. Mais l’administration rejette nos demandes et cette famille vivait dans la peur que la police vienne frapper à leur porte. » Ce qui a fini par se produire il y a deux jours.

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mercredi 22 juin 2011

Charlotte, enceinte, séropositive et menacée d'expulsion

A peine publiée au journal officiel vendredi, la loi sur l'immigration fait déjà ses premières victimes. Elle s'appelle Charlotte (1), a 27 ans. Enceinte et séropositive, elle est menacée d'expulsion vers son pays d'origine, l'Ukraine, sous prétexte que son traitement y serait disponible. La loi Besson réduit considérablement le droit au séjour des étrangers malades. Désormais, le titre de séjour ne peut être accordé qu'en cas d'absence du traitement approprié dans le pays d'origine, et non plus en cas d'impossibilité d'accès effectif au traitement.

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lundi 13 juin 2011

Frileux, les sages valident la loi sur l'immigration

Une censure et deux réserves d’interprétations : c’est le maigre bilan du passage de la loi sur l’immigration au Conseil constitutionnel qui valide donc l’essentiel de ce texte pourtant très controversé. Sur les 111 articles que compte la loi, une vingtaine avaient été jugés inconstitutionnels par les députés socialistes à l’origine de cette saisine. Et seul l’un d’entre eux a été censuré par les sages. Qualifiée de « Guantanamo à la française » par les associations, la seule mesure retoquée permettait de rallonger jusqu’à 18 mois la durée de rétention des étrangers condamnés pour des activités à caractère terroriste et ayant purgé leur peine. Les sages ont ramené cette durée à six mois.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a exprimé sa « grande satisfaction » pour une « décision (qui) valide toutes les mesures adoptées par le Parlement sur la proposition du gouvernement, à une phrase près ».

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jeudi 9 juin 2011

La loi Besson validée par le Conseil constitutionnel

Les sages ont annoncé aujourd'hui qu'ils validaient la quasi totalité de la loi sur l'immigration, l'intégration et la nationalité votée le 11 mai par le Parlement et vivement contestée par l'opposition de gauche. Les groupes socialistes de l'Assemblée et du Sénat avaient saisi le Conseil, estimant qu'une vingtaine des quelques 110 articles que compte la loi étaient contraires à la Constitution. une seule disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel, relative à la durée de la rétention administrative d'un étranger, que la loi prévoyait de prolonger de 12 mois au-delà d'une durée maximale fixée dans un premier temps à six mois. Cette mesure avait été qualifiée de "Guantanamo à la Française" par les associations. Les sages ont jugé que cette prolongation apportait à la liberté individuelle une atteinte contraire à l'article 66 de la Constitution. Ils ont également émis deux "réserves", mais sans les invalider, sur deux articles de la loi -44 et 51- relatifs au placement en détention d'un étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français.

mercredi 1 juin 2011

Dans les rouages de la machine à expulser

L'immigration aux frontières du droit, documentaire de Manon Loizeau, le 1er juin à 20h50 sur Canal Plus.

On a beaucoup glosé sur la politique migratoire sarkozienne. Son inhumanité, son coût, son inutilité. La documentariste Manon Loizeau ajoute une nouvelle question à ce plaidoyer : cette politique est-elle juste ? Au regard du droit international, français et des droits humains.

La réponse est assénée avec force dans un documentaire de 90 minutes diffusé ce soir, en première partie de soirée, sur Canal Plus. Pendant un an, la réalisatrice (Prix Albert Londres en 2006 pour son film «La Malédiction de naître fille») a suivi les histoires d’hommes et de femmes pris dans les rouages de la machine à expulser. Les lecteurs de l’Humanité en reconnaîtront certaines pour les avoir lues dans nos colonnes. Comme celle de Guilherme Hauka Azanga, ce père de famille qui a résisté à quatre tentatives d’expulsion vers l’Angola. A Lyon, Manon Loizeau filme les enfants de l’école Gilbert Dru, traumatisés par l’arrestation musclée de ce père de famille. Si l’on estime à 150 000 euros le coût des expulsions ratées de Guilherme, les dégâts humains sont eux incalculables...

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jeudi 31 mars 2011

L'usine à expulser du Mesnil-Amelot tourne à vide

Le Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne ©Marie Barbier ENQUÊTE. Ah, le charmant petit village du Mesnil-Amelot ! Son église Saint-Martin, classée au patrimoine historique ; ses habitations typiques des villages ruraux de la Plaine de France et ses... trois centres de rétention, antichambres pour les expulsions de sans-papiers.

En 1989, la première prison pour étrangers de ce village de Seine-et-Marne est installée dans des bâtiments de chantier Algeco. Vingt-deux ans plus tard, la politique du chiffre est passée par là et c’est un immense complexe qui devait être inauguré le 29 mars 2010, il y a tout juste un an.

Ses grands bâtiments flambant neufs se dressent à l’entrée du village. Derrière deux rangées de grillages, on aperçoit les structures de plein pied surmontées de caméras de vidéosurveillance et de détecteurs de mouvements. Conçu pour accueillir 240 retenus, ce CRA devait être le plus grand jamais construit depuis celui de Vincennes (Val-de-Marne), ravagé par un incendie en juin 2008. Pour contourner la législation qui interdit les centres de plus de 140 places, feu le ministère de l’Immigration a fait construire deux centres limitrophes, de 120 places chacun, qui possèdent une seule et même entrée.

Derrière le fossé, les premières grilles du centre de rétention ©Marie Barbier L'entrée du centre, surmontée de caméras de vidéosurveillance ©Marie Barbier

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« Les centres de rétention sont délétères »


L’observatoire de l’enfermement des étrangers organise, le 4 avril, une rencontre sur la question de l’accès aux soins en rétention (1). Entretien avec Arnaud Veisse, du Comité médical des exilés (Comede).

Quelles sont les spécificités de la prise en charge médicale en rétention ?

Arnaud Veisse. Celles de tous les lieux d’enfermement. On y retrouve les problèmes connus des médecins qui travaillent en prison. Ce sont des lieux de souffrances psychologiques et de violences physiques, où les auto-mutilations et les grèves de la faim sont fréquentes. Les conditions d’enfermement et de surpopulation sont délétères pour la santé, en particulier pour la santé mentale.

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lundi 14 février 2011

Guantanamo, à la mode de chez nous

Centre de rétention de Palaiseau ©Marie BarbierUn « Guantanamo à la française » : c’est en ces termes que plusieurs associations (Gisti, Cimade, LDH, Syndicat des avocats de France) ont dénoncé l’amendement gouvernemental à la loi Besson qui vient tout juste d’être adoptée par le Sénat en première lecture. Présenté à la commission des lois, cet amendement intègre au projet de loi sur l’immigration la possibilité de maintenir en rétention administrative jusqu’à 18 mois des étrangers condamnés à une peine d’interdiction du territoire ou à une mesure d’expulsion pour des « actes de terrorisme » ou « un comportement lié à des activités à caractère terroriste pénalement constatées ».

Si elle était votée en deuxième lecture, cette mesure s’ajouterait à celle de la loi sur la sécurité Loppsi 2, qui vient d’être définitivement adoptée par le Parlement, et qui prévoit le port du bracelet électronique pour ces mêmes personnes.

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Le Sénat adoucit (un peu) la loi Besson

Les sénateurs ont voté jeudi dernier en première lecture un projet de loi sur l’immigration, l’intégration et la nationalité quelque peu adouci par rapport au texte voté en octobre dernier par les députés. Les deux mesures phares du projet de loi ont été retoquées : l’extension de la déchéance de nationalité aux meurtriers de représentants de l’autorité publique et la réforme du contentieux judiciaire, qui avait soulevé la colère des associations et des magistrats.

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mercredi 9 février 2011

Droit des étrangers : le refus d’une « justice d’abattage »

On les croyait silencieux et dociles, les juges administratifs - chargés de contrôler l’administration - nous prouvent le contraire. Les deux syndicats majoritaires (le SJA et l’USMA, qui représentent 90% de la profession) appellent à un mouvement de grève aujourd’hui partout en France. Ce mot d’ordre, lancé de longue date, est conforté par le vent de révolte qui secoue la justice depuis une semaine. Et s’ils se disent aujourd’hui solidaires de l’ordre judiciaire, les magistrats administratifs pointent aussi leur spécificité.

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jeudi 3 février 2011

Loi Besson : motus et votes décousus

Affiche devant le Sénat @Marie BarbierDe mémoire de policiers, on n’avait jamais vu ça devant le Palais du Luxembourg : une cinquantaine de militants se sont rassemblés hier midi, devant cinq CRS goguenards, pour un Cercle de silence contre la loi Besson. Des têtes chenues majoritairement, dont celle du frère franciscain Alain Richard, inventeur de ces rassemblements muets. « Chacun fait un travail à l’intérieur de soit pour écouter ce qu’il a de meilleur et réfléchir aux violations des droits humains » explique l’octogénaire barbu.

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mardi 1 février 2011

La loi Besson : un « fourre-tout de mesures répressives »

Alors que le Sénat entame ce soir, en première lecture, les discussions sur la loi sur l'immigration, le point de vue d'Eliane Assassi, sénatrice du groupe communiste, républicain et sénateurs du Parti de gauche (CCR-SPG), à l'origine de quelque 150 amendements sur cette loi !

Eliane Assassi« Nous en sommes à la septième loi sur l'immigration en sept ans, c'est un véritable acharnement. Cette loi Besson me met tellement en colère ! Le gouvernement use de la soit disante transposition des directives européennes, mais ce n'est qu'un prétexte. Ce n'est pas un hasard si ce texte arrive au sénat aujourd'hui, à un mois des Cantonales et juste après la loi Lopsi 2 sur la sécurité. On est en plein amalgame. La loi Besson veut à tout prix empêcher les étrangers d'arriver en France, on crée des zones d'attentes « sac à dos ». Et tant pis si on met dans le même sac les demandeurs d'asile et les immigrants irréguliers. On veut empêcher les étrangers de rester en France donc on s'en prend au mariage gris. C'est une stigmatisation permanente. On augmente la durée du temps en rétention à 45 jours et je ne parle même pas du bannissement ! Cette loi est un fourre-tout de mesures répressives. On agite le chiffon rouge de l'étranger qui attend aux frontières par hordes entières. Nous avons déposé 150 amendements sur ce projet de loi. Les associations et les syndicats sont très mobilisés contre ce texte, nous sommes les porte-voix de cette colère. »

Cinquante organismes chrétiens (dont la Cimade, la Joc ou le secours catholique) signataires du texte « Ne laissons pas fragiliser le droit de l'étranger » appellent à une manifestation aujourd'hui devant le sénat de 16 h à 17h30.


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