Depuis le 12 octobre 2009, Simbala Gandega, Malien de 28 ans, est en grève pour obtenir ses papiers. Il a occupé son entreprise, puis l'opéra Bastille et enfin, depuis octobre 2010, la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, Porte Dorée à Paris. Hier, les travailleurs sans-papiers ont trouvé porte close et une rangée de képis pour les empêcher de rentrer dans le musée. Mais pendant quatre mois, ils ont vécu dans ce bâtiment qui fut construit en 1931 pour l'exposition coloniale. Tout un symbole de réappropriation.
Pour accéder aux collections permanentes, les grévistes
bénéficient de laissez-passer gratuits. Sambala a visité le musée une fois.
Chaque passage de cette collection le renvoie à un moment de sa vie : le
départ "en aventure", le très long voyage jusqu'en Europe, l'arrivée, la lutte.
Comme un miroir. Pour nous, Sambala se fait guide de musée, le temps d'une
après-midi.
Ecouter la visite (5') :




Chaque jour,
Mahamadou Keita, de l’Association malienne des expulsés (AME), se rend à
l’aéroport Bamako-Sénou. Impossible de savoir à l’avance si des
« reconduits » seront dans l’avion. Donc Keita assure une présence
tous les soirs. Théoriquement, l’avion Paris-Bamako d’Air France atterrit à
20h50, mais, récemment, les vols ont eu beaucoup de retards, notamment à cause
des intempéries en France. Ca le faire rire, Keita, que son emploi du temps
dépende de la météo française.





Vendredi dernier, donc, la préfecture leur
a remis un titre provisoire de séjour de trois mois, avec autorisation de
travailler, première étape avant la délivrance d’une carte de séjour.
«Maintenant, on va pouvoir enfin travailler dans la dignité et la sérénité», se
réjouit Arouna Traoré, le délégué des grévistes (lire son portrait 


