Laissez-passer

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mardi 13 mars 2012

A Marseille, la politique de la terre brûlée

A Chateau-Gombert ©Patrick Gherdoussi
C’est un trou de verdure où ne chante aucune rivière, n’en déplaise au poète. Entre deux immeubles modernes de la technopôle de Château-Gombert - ancien village devenu 13e arrondissement de Marseille - un chemin de terre mène à un terrain en pente où sont installées caravanes et cabanes. Six familles roumaines vivent ici depuis plusieurs semaines, grâce à l’action d’élus et d’associations. « Face à la politique de la terre brûlée, nous avons décidé de procéder à des réquisitions citoyennes, explique Caroline Godard, membre de l’association Rencontres Tziganes.

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vendredi 29 avril 2011

La solidarité s’organise peu à peu

Dans le mur en béton qui longe la voie de chemin de fer, Abdel désigne un petit trou : « Voici l’entrée de notre château ! ». Le jeune homme de 21 ans, yeux noisette et sourire éclatant, a le sens de l’ironie, car faute d’un château, ce mur cache une série de matelas posés au sol. Depuis plusieurs semaines, ces rails désaffectés sont le seul refuge des centaines de migrants tunisiens fraîchement débarqués à Paris. Seule protection contre la pluie, le périphérique qui passe à quelques mètres au dessus. Outre ces conditions d’hygiène désastreuse, les Tunisiens ont faim. Certains avouent n’avoir mangé qu’une baguette deux jours plus tôt. Traqués par les policiers, affamés, ces migrants sont épuisés et l’aide tarde à venir.

Le square de la Porte de la Villette ©Pierre Pytkowicz

AU square de la Villette, mercredi ©Pierre Pytkowicz

Matelas le long des rails ©Pierre Pytkowicz

Un Tunisien de 15 ans sur son matelas ©Pierre Pytkowicz

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Traque et matraque pour les Tunisiens

Au square de la Villette, mercredi ©Pierre Pytkowicz

À Marseille, à Nice et à Paris, les arrestations massives de Tunisiens récemment arrivés en France se sont multipliées ces derniers jours. À Paris, après les arrestations de mardi soir, qui avaient vu une soixantaine de migrants placés en garde à vue pour «infraction à la législation au séjour» ; les interpellations se sont poursuivies mercredi soir, principalement dans le 19e arrondissement. L’opération s’est déroulée vers 21 heures porte de la Villette, alors que la Croix-Rouge procédait à une distribution de repas chauds. D’après Omeyya Seddik, administrateur de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) cité par l’AFP, sur les 100 ou 200 «jeunes migrants» présents, «presque tout le monde» a été embarqué après avoir fini de manger.

L’avocate Samia Maktouf chiffre à une centaine le nombre d’interpellés juste pour la nuit de mercredi à jeudi. Certains auraient été libérés après s’être vu notifier des arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière (APRF) avant d’être relâchés. Un nombre indéterminé aurait été placés au centre de rétention administrative de Vincennes, dans l’attente de leur expulsion vers la Tunisie ou l’Italie. «C’est une situation complètement absurde, tonne l’avocate. Ils n’ont pas de laissez-passer consulaires parce que les autorités tunisiennes ont autre chose à faire, donc ils ne pourront pas être expulsés.»

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mercredi 27 avril 2011

A Paris, le jasmin a l'odeur des menottes

Mercredi, au square de la Porte de la Vilette ©Pierre Pytkowicz
« La police : le soir, le matin, tout le temps ! » Hier, dans le square de la porte de la Villette où plusieurs centaines de Tunisiens ont trouvé refuge depuis leur arrivée à Paris, les esprits étaient encore échauffés par les nombreuses arrestations des dernières heures.

Dans la nuit de mardi à mercredi, une soixantaine de personnes, en majorité des Tunisiens récemment arrivés en France, ont été placées en garde à vue à Paris et en Seine-Saint-Denis. L’opération policière, qui s’est déroulée dans les 10e, 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris, avait pour « visée d’établir un diagnostic de (leur) situation » a osé expliquer la préfecture de police de Paris.

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mardi 19 avril 2011

A Vintimille, la dignité reste à quai

Le départ était prévu dimanche, à 13h17, à Vintimille (Sud de l’Italie). Le «train de la dignité» qui devait rejoindre Marseille, est resté à quai, bloqué par les autorités françaises.

Organisée par le Collectif Welcome Menton-Vintimille (regroupement d’associations françaises et italiennes de soutien aux réfugiés), cette manifestation ferroviaire devait acheminer en France des Tunisiens, accompagnés de militants français et italiens.

Mais dès midi, tous les trains entre la France et l’Italie ont été annulés sur ordre du préfet des Alpes-Maritimes, en raison « des risques de trouble manifeste à l’ordre public ». Des manifestants italiens et français se sont alors regroupés en cortège, aux côtés de migrants tunisiens, scandant « Liberté, liberté » et « Nous sommes tous des clandestins ! ».

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lundi 1 mars 2010

« 24 heures sans nous » aujourd’hui

La journée sans immigrés« L’immigration n’est pas un problème en France, c’est une chance ». Pour démontrer l’apport économique, social et culturel de l’immigration, un « mouvement de citoyens » propose, aujourd’hui, une initiative originale : « 24 heures sans nous la journée sans immigrés » (lire l’Humanité du 25 novembre). Née sur le réseau social facebook, la journée sans immigrée (LJSI) a largement dépassé l’univers de la toile. L’initiative est aujourd’hui soutenue par plusieurs associations: Gisti, Cimade, Réseau éducation sans frontières… « Les associations qui sont trop politiques ont été les moins sollicitées », explique la présidente du collectif Nadia Lamarkbi, citant « SOS-Racisme, qui est proche d'un parti ».

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vendredi 29 janvier 2010

Des camps d'internement aux centres de rétention

70 ans de la Cimade

Pour fêter son soixante-dixième anniversaire, la Cimade invite le public à découvrir les actions qui ont jalonné son histoire, comme ce week-end à pau avec une réflexion autour de l'enfermement administratif. L'occasion de revenir sur 70 ans de combats avec Geneviève Jacques, 66 ans, secrétaire générale de la Cimade de 1988 à 1996, aujourd’hui équipière bénévole à Aubervilliers.



Geneviève Jacques En 1940, des pasteurs du Sud-Ouest de la France lancent un appel : des réfugiés de l’Allemagne nazie sont enfermés dans des camps. Comment entrer dans ces camps pour les aider ? Geneviève Jacques nous raconte comment Madeleine Barot, première secrétaire générale de la Cimade, réussit à tromper les autorités pour pénétrer et s’installer à l’intérieur de ces camps d’internement :

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mercredi 25 novembre 2009

Une "journée sans immigrés" ?

A quoi ressemblerait la France sans les immigrés ? A un pays paralysé répond un collectif de citoyens tout juste créé qui, pour le prouver, appelle à un nouveau type d’action : « la journée sans immigrés, 24 heure sans nous !»

L'affiche de la journée sans immigrés«Nous assistons à un glissement du discours sur l’immigration avec une stigmatisation systématique des immigrés» a dénoncé hier, lors d’une conférence de presse Nadia Lamarkbi, la présidente de ce collectif «non partisan» et «non communautariste».

Pour «changer le regard», ce mouvement appelle les immigrés, enfants d’immigrés et, plus largement, tous les citoyens contre la politique d’immigration actuelle, à faire du 1er mars prochain une «journée historique» en cessant de consommer et de travailler.

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dimanche 16 août 2009

La famille Santos libérée

La mobilisation a porté ses fruits : la petite Véa, cinq ans, et ses parents n'ont pas été expulsés samedi vers les Philippines. La famille Santos est sortie jeudi du centre de rétention du Canet (Marseille) et a même, chose exceptionnelle, été raccompagnée par le chef du centre jusqu’à la gare pour retourner à Cannes Pour les militants de RESF des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône et de la Ligue des droits de l’homme, le préfet Francis Lamy a été désavoué. Mais la lutte n’est pas terminée : la procédure d’expulsion suit son cours, sous le régime d’une assignation à résidence. La régularisation de la famille Santos reste à arracher.

Lire aussi :
Vives protestations contre l'expulsion programmée d'une fillette

jeudi 13 août 2009

Vives protestations contre l'expulsion programmée d'une fillette

Lundi dernier, centre de rétention du Canet, dans le 14e arrondissement de Marseille. Sur le tableau qui liste les expulsions à venir, un nouveau nom apparaît : famille Santos ; embarquement forcé prévu vendredi 14 août sur le vol Air France de 6h35. Marignane - Lyon - Paris Roissy. Puis les Philippines via Amsterdam. Vendredi donc, Véa, 5 ans, née sur le sol français, pourrait être « reconduite », selon le vocable en vigueur, dans un pays où elle n'a jamais mis les pieds et que ses parents ont quitté depuis dix ans.

La famille Santos

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mercredi 12 août 2009

Un bébé de treize mois bientôt expulsé ?

Décidément, les enfants sont dans le collimateur de la machine à expulser qui tourne à plein régime cet été. Après Zandale, Albanaise de huit ans expulsée la semaine dernière, et Véa, cinq ans, en rétention à Marseille (article à lire demain), c'est un bébé de treize mois, né en France, et ses parents moldaves sans-papiers, qui ont été placés en rétention à Toulouse en vue d'être expulsés. La fillette a été déclarée par sa mère à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) puis reconnue par son père. En Moldavie, en revanche, elle n'a aucune existence administrative. Révélée par le quotidien Ouest France ce matin, l'information a été confirmée par la préfecture de Charente-Maritime qui prévoit l'expulsion samedi.

vendredi 10 avril 2009

La Cimade évincée de 19 centres de rétention

Le centre de rétention du Mesnil-AmelotLe couperet est tombé en début d'après-midi. Après huit mois de polémiques, d'actions judiciaires et d'annulations, le ministère de l'intérieur a rendu public le résultat de l'appel d'offres pour l'aide juridique aux étrangers retenus. Le 30 octobre 2008, le tribunal administratif avait annulé le premier appel d'offres, demandant notamment une meilleure définition des compétences juridiques des candidats. Ce deuxième appel d'offres avait été lancé en décembre 2008. Il divise la France en huit lots, premier écueil selon les associations qui s'inquiètent de la cohérence nationale d'une mission ainsi divisée.

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mercredi 25 mars 2009

Les bénévoles visés par des quotas d'arrestations

"Monsieur Besson, nous allons vous aider à remplir vos quotas", ironise Sandrine Witeska, d'Emmaüs France. Le mercredi 8 avril au matin, 5 500 personnes "affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans papiers" se constitueront prisonniers volontaires devant les Palais de justice des grandes villes de France (lire l'appel ici).

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mardi 3 mars 2009

Eux aussi...

Suite à la garde à vue, le 17 février dernier, de Kamel Fassatoui, responsable de la communauté d'Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge pour aide au séjour d'une personne en situation irrégulière, une série de personnalités ont lancé une pétition déclarant avoir "privilégié l'accueil et le secours de personnes, fragilisées ou démunies, rencontrées à l'occasion de notre engagement professionnel, associatif ou militant, sans nous préoccuper au préalable de leur situation au regard de la loi". Dans la liste des premiers signataires : Louis Bartolomei, Magistrat honoraire, Alain Badiou, Philosophe, Christian Bruschi, agrégé des facultés de droit, Gérard Périer, professeur de lettres honoraire, fondateur de l'université populaire.

A ce jour, plus de 8000 personnes ont signé la pétition "Nous aussi". Voir la liste des signataires.

vendredi 20 février 2009

Besson traque les sans-papiers chez l'Abbé Pierre

La petite communauté Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge est sous le choc. Et elle n'est pas la seule. Mercredi, de Nice à Montpellier, en passant par la cité phocéenne, une demi-douzaine de communautés ont fermé leur porte pour la journée, en signe de protestation. "Même quand l'Abbé Pierre est mort, on ne s'était pas arrêté, pour continuer la lutte, raconte Kamel Fassatoui, responsable de cette communauté. Là, les compagnons n'étaient plus en état de travailler. Trop, c'est trop."

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