Cela pourrait être une victoire pour le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone. Jeudi, la Chancellerie a annoncé la mise en place d’un accueil plus équitable entre les départements des mineurs isolés étrangers (MIE). Ces enfants, arrivés seuls sur le territoire, se concentrent essentiellement à Paris qui en accueille actuellement 1 700 pour un budget de 70 millions d’euros et dans le 93, où 950 sont pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (à la charge des départements depuis 2007).
Tag - Mineurs isolés étrangers
lundi 10 octobre 2011
Les mineurs isolés étrangers bientôt mieux accueillis ?
Par Marie Barbier le lundi 10 octobre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
vendredi 30 septembre 2011
Mineurs isolés étrangers : rien n'est réglé
Par Marie Barbier le vendredi 30 septembre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
Le bras de
fer entre le conseil général de Seine-Saint-Denis et l’État sur la prise en
charge des mineurs isolés étrangers (lire ici)
continue. Résultat : des mineurs sont contraints de dormir à la rue,
dénonce le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre
Rosenzweig.
Que se passe t-il pour les mineurs étrangers du 93 ?
J-P. R. Nous avons une vingtaine de jeunes à la rue, qui tournent autour du tribunal. On ne sait pas quoi faire, à part la démarche humanitaire de leur donner à manger et à boire. De temps en temps, quelques places se libèrent, mais au compte goutte. Il y a urgence humanitaire. Et des procédures judiciaires d’assistance éducative en cours. Hier (mercredi, NDLR), j’ai été amené à prendre symboliquement une décision : j’ai confié des jeunes à la protection judiciaire de la jeunesse. Mon argument est que le Conseil général devrait les prendre en charge, mais la PJJ a une intervention subsidiaire : quand le premier de cordée ne peut pas, c’est le deuxième qui prend le relais… Mais bien entendu, aucune de mes décisions n’a été exécutée.
mercredi 14 septembre 2011
Enfants étrangers, le cri de colère du 93
Par Marie Barbier le mercredi 14 septembre 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
« Qu’est ce que vous croyez ? Que les jeunes qui ont fui la faim ou la guerre rêvent de venir en Seine-Saint-Denis ? Non ! Ils se placent sous la protection de la France. » Claude Bartolone ne décolère pas et somme l’État de prendre ses responsabilités. Comme il l’avait menacé dans un courrier au garde des Sceaux en juillet dernier, le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis refuse, depuis le 1er septembre, d’accueillir les mineurs isolés étrangers (MIE) qui lui seraient confiés par la justice ou qui se présenteraient à ses services.
lundi 27 juin 2011
Dans le centre Primo Levi, au chevet des survivants
Par Marie Barbier le lundi 27 juin 2011, 08:30 - Eclairages
Prendre le temps. Le temps d’écouter ou de ne rien dire, le temps d’accueillir et de tenter de soigner. C’est le pari fait en 1995 par l’association Primo Lévi qui ouvre alors un centre de soins consacré aux personnes victimes de la torture et des violences politiques. Quinze après, le bouche à oreille a fonctionné et ce sont plus de 300 patients qui sont soignés ici. Tout doucement.
Prendre le temps de recevoir d'abord. Dans une salle d’attente chaleureuse au deuxième étage d’un immeuble de l’avenue Parmentier à Paris, la sonnette retentit régulièrement pour laisser entrer hommes, femmes et enfants. Quelques livres, des jouets, des revues. Et deux « accueillantes » spécialement formées pour recevoir les nouveaux venus. Ils ne sont pas si nombreux, un tiers seulement des 300 patients du centre. « La durée moyenne de suivi est de deux à trois ans, explique la directrice, Sibel Agrali. Le temps est un luxe de notre époque, le droit commun n’en a pas. Nous nous donnons le temps pour une vraie rencontre, pour qu’un lien se tisse avec ces personnes. »
lundi 16 mai 2011
Le procès des enfants enfermés
Par Marie Barbier le lundi 16 mai 2011, 08:30 - Enfermement
Erwan s’avance vers la barre avec calme. Ce jeune kossovar de 17 ans est cité comme témoin dans le procès de l’enfermement des enfants étrangers. Les applaudissements sont proscrits («ce n’est pas un spectacle»), l’ambiance studieuse. Depuis neuf heures, ce samedi, experts et témoins défilent devant ce tribunal d’opinion (1).
Erwan, dont la famille, sans-papiers, vit traquée en France depuis neuf ans, s’interroge, après son passage en centre de rétention : « Je ne savais pas quoi dire à mon petit frère. Comment expliquer à un enfant de six ans qu’il est enfermé dans une cage ? ».
jeudi 31 mars 2011
A Mayotte, 101e département français, un climat de terreur pour les immigrés
Par Marie Barbier le jeudi 31 mars 2011, 08:30 - Eclairages
Un « contexte de terreur » : c’est ainsi que Jean-François Corty, responsable des missions France de Médecins du monde, décrit la situation à Mayotte, où il s’est rendu la semaine dernière et qui devient ce soir le 101e département français. « Le nombre des expulsions est dramatiquement élevé : 25 000 l’an passé pour 200 000 habitants. Si on transposait ces chiffres à la métropole, cela représenterait sept millions de personnes expulsées ! »
Autant dire que les arrestations et placements en rétention fonctionnent à plein régime et le passage au statut de département de l’île n’y changera rien : le droit des étrangers sera dérogatoire et restera le plus restrictif de France.
jeudi 3 mars 2011
Avoir 15 ans en rétention
Par Marie Barbier le jeudi 3 mars 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs
Il a les traits tirés. Dit qu’il n’arrive pas à
dormir. Avec sa main, il imite un moulin à côté de sa tête. Christian Kiniangi
cogite. Et il a de quoi. Depuis seize jours, ce garçon, qui affirme avoir 15
ans, est enfermé au centre de rétention administrative (CRA) de Plaisir, dans
les Yvelines. La préfecture de la Somme, elle, le déclare majeur, donc
expulsable.
Il y a un an, Christian ne parlait que le Lingala. Aujourd’hui, c’est dans un français correct qu’il raconte son histoire. Né en République démocratique du Congo (RDC), Christian est orphelin de père et de mère. « Mes parents ont été tués en 2007, le 22 mars. » Son père était « politicien ». Une amie de ses parents prend soin de lui, jusqu’à ce jour d’avril 2010 où un « monsieur » l’emmène en France. A Roissy, l’homme part acheter une carte téléphonique et ne reviendra pas. Un Congolais habitant Amiens (Somme) recueille Christian, le loge une semaine puis le confie à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le garçon commence alors à « bâtir » sa vie : des éducateurs, des amis et une formation de carreleur au collège César Franck d’Amiens, où il intègre une troisième d’insertion. Ironie de la situation, sa demande de stage lui est refusée parce qu’il n’a pas les seize ans requis…
jeudi 20 janvier 2011
De jeunes afghans « livrés à eux-mêmes »
Par Marie Barbier le jeudi 20 janvier 2011, 08:30 - Enfants et jeunes majeurs

Ils gèrent l’après-bulldozer et ça n’est pas tous les jours facile... Les salariés du centre d’accueil des mineurs isolés étrangers (CAMEI) de Vitry-sur-Orne en Moselle ont déposé un préavis de grève aujourd’hui pour protester contre une « protection au rabais » des jeunes afghans.
Le 22 septembre 2009, les bulldozers détruisaient la « jungle » de Calais. Séparés des adultes, une cinquantaine de mineurs étaient conduits, selon les autorités, dans « des foyers adaptés pour les accueillir immédiatement ». En juillet 2010, ils étaient rejoints par une trentaine d’autres mineurs après l’évacuation d’un campement au canal Saint Martin à Paris. Depuis, beaucoup de ces jeunes ont fugué et sur les trois centres prévus initialement, il n’en reste plus qu’un, celui de Moselle qui accueille vingt-sept mineurs isolés étrangers.
vendredi 8 janvier 2010
Pitshou, sans-papiers de 16 ans, logé à l'hôpital
Par Marie Barbier le vendredi 8 janvier 2010, 08:00 - Enfants et jeunes majeurs
Depuis trois mois, Pitshou vit à l’hôpital. Non pas que ce congolais de seize ans soit malade, mais le personnel du service pédiatrie a décidé de le garder, jusqu’à ce que les différentes administrations cessent de se rejeter la responsabilité de sa prise en charge. L’histoire est kafkaïenne : arrivé en Ariège début octobre, Pitshou est recueilli au commissariat de Pamiers. Le procureur prononce une mesure de protection provisoire dont l’application incombe au conseil général. Ce dernier refuse, Pitshou est relâché dans la nature. Affamé, le jeune garçon fait un malaise, les pompiers le conduisent au centre hospitalier du Val d’Ariège. Le jeune homme n’a pas quitté sa chambre depuis.
jeudi 19 novembre 2009
L'accueil des jeunes migrants saturé
Par Marie Barbier le jeudi 19 novembre 2009, 08:00 - Enfants et jeunes majeurs
REPORTAGE. Au bout d’un couloir aux murs délabrés, le directeur du centre ouvre une porte en soupirant : dans cet ancien bureau il a réussi à tasser six matelas. «Normalement, je n’ai pas le droit d’accueillir plus de dix-neuf mineurs, précise Dominique Habiyaremye. Mais quand se présente un gamin de treize ans à la rue, vous choisissez vite entre humanité et légalité.»
Comme les autres structures d’accueil de mineurs isolés étrangers, le centre du Kremlin-Bicêtre, géré par Enfants du monde-Droits de l’homme (EMDH) sous contrat avec l’État, manque cruellement de moyens. Pour la capitale ce dispositif, dit Versini, compte 120 places. Un chiffre nettement insuffisant face à l’afflux croissant de jeunes migrants. Plusieurs dorment chaque soir à la rue, faute de place. Pour répondre à l’inquiétude des associations, le ministère a créé un groupe de travail et présentait hier ses premières mesures.
Reflets des conflits et de la misère du monde, le centre du Kremlin-Bicêtre accueille aussi bien des Afghans qui ont fui la guerre que des Éthiopiennes livrées aux réseaux de prostitution. Tous ont parcouru des milliers de kilomètres, seuls, pour rejoindre l’Europe. EMDH est chargé de les mettre à l’abri, théoriquement pour une durée de quinze jours, avant leur prise en charge par l’aide sociale à l’enfance. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, les services de l’état, totalement saturés, bloquent à tous les étages. «Certains sont là depuis quatre ou cinq mois, témoigne Dominique Habiyaremye. Cette période d’attente est très dure à gérer pour eux. Ils n’ont qu’une envie : aller à l’école et se poser enfin quelque part».
jeudi 10 septembre 2009
Avec les enfants perdus d'Afghanistan
Par Marie Barbier le jeudi 10 septembre 2009, 18:22 - Les Afghans du Canal
REPORTAGE. Intrigués, ils s'approchent, écoutent. Se chuchotent dans l'oreille, rigolent. Et s'éparpillent, telle une volée de moineaux, vers le baby-foot où une partie s'engage. Comme tous les ados du monde, les garçons de la plate-forme d'accueil des mineurs isolés étrangers de France terre d'asile, aiment jouer. Pourtant, à y regarder de plus près, ces garçons là ne sont pas comme les autres.
mercredi 13 mai 2009
Dans Zapi 3, salle d'attente de la France
Par Marie Barbier le mercredi 13 mai 2009, 07:00 - Enfermement
REPORTAGE. Il a fallu envoyer trois demandes officielles et attendre des semaines pour que l'autorisation nous soit enfin accordée de pénétrer dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Le jour dit, le capitaine de la police aux frontières (PAF), qui nous sert de guide, précise très sérieusement : "L'endroit n'a pas été nettoyé pour votre visite". Ouf !
jeudi 29 janvier 2009
Nouveau scandale en zone d'attente
Par Marie Barbier le jeudi 29 janvier 2009, 08:00 - Enfermement
Décidément, les zones d'attente font beaucoup parler d'elles ces derniers temps. La semaine dernière, le Réseau éducation sans frontière dénonçait la présence de mineurs isolés après que trois fillettes, âgées respectivement de 12, 11 et 5 ans, ont été retenues plusieurs jours à Roissy. Mardi, l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) alertait sur un nouveau scandale.
mercredi 21 janvier 2009
Une fillette de douze ans en prison pour étrangers
Par Marie Barbier le mercredi 21 janvier 2009, 07:00 - Enfants et jeunes majeurs
Williana a le sourire. Après des années d’attente, la fillette congolaise est enfin en France, choyée par son père et sa belle mère. Mais pour en arriver là, elle a dû passer quatre jours dans une "prison administrative", la zone d’attente d’Orly.
vendredi 19 décembre 2008
Sangatte au coeur de Paris
Par Marie Barbier le vendredi 19 décembre 2008, 19:43 - Les Afghans du Canal

REPORTAGE. Certains ont à peine quatorze ans. Les plus âgés, la trentaine. Tous les soirs, place du Colonel-Fabien, dans le 10e arrondissement de Paris, des dizaines de jeunes hommes attendent. Leur espoir ? Réussir à monter dans les bus de l’Atlas qui transportent les sans-abri dans des centres d’hébergement, et éviter ainsi de passer une nouvelle nuit dehors. Ce sont des Afghans, dans leur très grande majorité, et il y a aussi quelques Irakiens et Iraniens. Ils ont fui des pays en guerre, parcouru l’Europe pendant des mois et atterri à Paris, au carrefour des routes migratoires.
