Laissez-passer

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mardi 27 mars 2012

A Nice, des empêcheurs d'expulser en rond


Quelques membres du RESF niçois ©Thierry Gazzera
L’un des visages de Nice se donne volontiers : la promenade des Anglais, les palmiers et la mer bleu azur. On y voit aussi, ostensibles, une droite décomplexée et une extrême droite hyperactive, entre Front national et bloc identitaire. Mais on croise également, dans ce coin de France bling-bling, des instituteurs retraités qui cachent des enfants sans-papiers, des anciens baroudeurs qui aménagent des squats pour les voyageurs de passage, des électriciens installant des compteurs clandestins pour des familles tchétchènes… Une France populaire qui résiste quotidiennement à la politique de quotas et d’expulsions. Une France qui se réchauffe au contact des migrants, quand d’autres se glacent à l’idée d’un déferlement imaginaire.

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vendredi 29 avril 2011

La solidarité s’organise peu à peu

Dans le mur en béton qui longe la voie de chemin de fer, Abdel désigne un petit trou : « Voici l’entrée de notre château ! ». Le jeune homme de 21 ans, yeux noisette et sourire éclatant, a le sens de l’ironie, car faute d’un château, ce mur cache une série de matelas posés au sol. Depuis plusieurs semaines, ces rails désaffectés sont le seul refuge des centaines de migrants tunisiens fraîchement débarqués à Paris. Seule protection contre la pluie, le périphérique qui passe à quelques mètres au dessus. Outre ces conditions d’hygiène désastreuse, les Tunisiens ont faim. Certains avouent n’avoir mangé qu’une baguette deux jours plus tôt. Traqués par les policiers, affamés, ces migrants sont épuisés et l’aide tarde à venir.

Le square de la Porte de la Villette ©Pierre Pytkowicz

AU square de la Villette, mercredi ©Pierre Pytkowicz

Matelas le long des rails ©Pierre Pytkowicz

Un Tunisien de 15 ans sur son matelas ©Pierre Pytkowicz

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Traque et matraque pour les Tunisiens

Au square de la Villette, mercredi ©Pierre Pytkowicz

À Marseille, à Nice et à Paris, les arrestations massives de Tunisiens récemment arrivés en France se sont multipliées ces derniers jours. À Paris, après les arrestations de mardi soir, qui avaient vu une soixantaine de migrants placés en garde à vue pour «infraction à la législation au séjour» ; les interpellations se sont poursuivies mercredi soir, principalement dans le 19e arrondissement. L’opération s’est déroulée vers 21 heures porte de la Villette, alors que la Croix-Rouge procédait à une distribution de repas chauds. D’après Omeyya Seddik, administrateur de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) cité par l’AFP, sur les 100 ou 200 «jeunes migrants» présents, «presque tout le monde» a été embarqué après avoir fini de manger.

L’avocate Samia Maktouf chiffre à une centaine le nombre d’interpellés juste pour la nuit de mercredi à jeudi. Certains auraient été libérés après s’être vu notifier des arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière (APRF) avant d’être relâchés. Un nombre indéterminé aurait été placés au centre de rétention administrative de Vincennes, dans l’attente de leur expulsion vers la Tunisie ou l’Italie. «C’est une situation complètement absurde, tonne l’avocate. Ils n’ont pas de laissez-passer consulaires parce que les autorités tunisiennes ont autre chose à faire, donc ils ne pourront pas être expulsés.»

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mercredi 20 avril 2011

Embrouillamini à Vintimille

La situation était confuse, hier, à la frontière entre la France et l’Italie. Entre policiers désabusés et migrants mal informés et inquiets, reportage des deux cotés de la frontière.

Passeront ? Passeront pas ? Dans le train entre Vintimille et Nice, hier, les Tunisiens qui tentaient de franchir la frontière franco-italienne ne savaient plus à quel saint se vouer tant la confusion était grande. Debout entre deux compartiments, Aymed, 26 ans, tripote avec angoisse son billet de train. Dans son autre main, il tient son permis de séjour temporaire délivré par les autorités italiennes, sésame pour l’espace Schengen qui a suscité la colère de la France. A bord du train, nul ne sait comment la police hexagonale réagira à ce document. « Et c’est quoi cette histoire de 60 euros ? Interroge Aymed, anxieux. Il parait qu’il faut qu’on montre de l’argent à la police. »

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mardi 22 février 2011

Sur la Côte d'Azur, la chasse aux Tunisiens bat son plein

L’arrivée dans le Sud-Est de la France de quelques dizaines de Tunisiens serait-elle en train de faire perdre la tête aux autorités françaises ? Depuis le début du mois, la préfecture des Alpes-Maritimes a enregistré 113 interpellations de Tunisiens, soit une augmentation « significative ». Les autorités ont donc sorti l’artillerie lourde : renfort de CRS, augmentation des patrouilles de surveillance, sur les routes, les voies ferroviaires et maritimes, mais aussi consignes discriminatoires et multiplication des atteintes aux droits.

La note affichée au commissariat de CannesAinsi, le commissariat de Cannes a vu affichée sur ses murs, durant tout le week-end, une note dactylographiée incitant à arrêter en priorité les Tunisiens. Elle demande aux fonctionnaires de la CSP (Circonscription de sécurité publique) d’« interpeller les étrangers en situation irrégulière ‘de nationalité tunisienne’ dans la gare et aux abords samedi et dimanche ».

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lundi 3 mai 2010

Un Paris-Nice, à pied pour des papiers

Dessin de FaujourQuelque 930 kilomètres à pied, en trente jours. Le pari n’est pas sportif mais politique, il est relevé par quatre-vingt sans papiers partis samedi de la capitale pour rejoindre la Côte d’Azur. Nice n’a pas été choisie pour son soleil, mais parce que la ville accueille, à la fin du mois, le sommet France Afrique, qui se tient l’année du cinquantième anniversaire des indépendances des anciennes colonies françaises. Une cinquantaine de chefs d’État sont invités, auxquels les marcheurs entendent délivrer un message : ne signez pas pour les expulsions !

Conformément au Pacte européen sur l’immigration et l’asile adopté en 2008, la France a signé des accords sur l’immigration avec plusieurs pays comme le Sénégal, la Tunisie ou le Bénin. Les manifestants demandent aux chefs d’États africains de ne plus signer ces accords de gestion des flux migratoires et de ne pas délivrer les laissez-passer permettant au gouvernement français d’expulser les immigrés en situation irrégulière.

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vendredi 10 avril 2009

La Cimade évincée de 19 centres de rétention

Le centre de rétention du Mesnil-AmelotLe couperet est tombé en début d'après-midi. Après huit mois de polémiques, d'actions judiciaires et d'annulations, le ministère de l'intérieur a rendu public le résultat de l'appel d'offres pour l'aide juridique aux étrangers retenus. Le 30 octobre 2008, le tribunal administratif avait annulé le premier appel d'offres, demandant notamment une meilleure définition des compétences juridiques des candidats. Ce deuxième appel d'offres avait été lancé en décembre 2008. Il divise la France en huit lots, premier écueil selon les associations qui s'inquiètent de la cohérence nationale d'une mission ainsi divisée.

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vendredi 20 février 2009

Besson traque les sans-papiers chez l'Abbé Pierre

La petite communauté Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge est sous le choc. Et elle n'est pas la seule. Mercredi, de Nice à Montpellier, en passant par la cité phocéenne, une demi-douzaine de communautés ont fermé leur porte pour la journée, en signe de protestation. "Même quand l'Abbé Pierre est mort, on ne s'était pas arrêté, pour continuer la lutte, raconte Kamel Fassatoui, responsable de cette communauté. Là, les compagnons n'étaient plus en état de travailler. Trop, c'est trop."

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