Gilles GarnierMercredi matin, une centaine de Roms expulsés d’un camp de Saint-Denis ont été convoyés jusqu’à la gare RER de Noisy-le-Sec dans un tramway affrété spécialement pour eux. Cette réquisition provoque de vives réactions syndicales et politiques. Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) à Noisy-le-Sec et conseiller général de Seine-Saint-Denis a été témoin de la scène.

Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu hier matin ?

Gilles Garnier. Aux alentours de 11 heures, j’ai vu, devant la gare de Noisy-le-Sec, un regroupement impressionnant de forces de police : six camionnettes de CRS, cinq véhicules légers et des policiers municipaux. Je me suis approché et ils m’ont dit qu’ils « attendaient les Roms ». Surpris par cette réponse, je suis resté et j’ai vu arriver une rame de tram, avec marqué « sans voyageurs » à l’avant et à l’arrière, qui s’est arrêtée au terminus. Ont été débarqué entre 60 et 80 Roms, des familles avec des enfants, parfois en bas âge, toutes avec des paquets. J’ai ensuite appris qu’un camp de Saint-Denis avait été évacué le jour même. Ils ont été mis dans la gare RER, toujours encadré par la police. Je n’ai rien pu faire, sinon protester, ce qui ne servait pas à grand-chose. Dès que je suis arrivé à mon bureau, j’ai envoyé une lettre au préfet pour savoir pourquoi la police avait réquisitionné une rame de tram ; au maire de Noisy-le-Sec pour lui demander pourquoi la police municipale avait participé à cette opération et à Pierre Mongin, secrétaire générale de la RATP, pour l’interpeller sur cette réquisition.