Laissez-passer

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mercredi 14 décembre 2011

Quand rétention rime avec prison

C’est un « bilan sans concession » que dresse aujourd’hui les cinq associations présentes en rétention. Ce qui est soi est une victoire. En 2008, le ministère de l’Immigration lançait un appel d’offres pour morceler l’aide juridique dans les centres de rétention administrative (CRA) et réduire d’autant la parole de la Cimade, alors unique témoin gênant. Échec sur toute la ligne. « On est plus forts ensemble », résume Pierre Henry, directeur de France terre d’asile. « Nous avons dépassé ce piège de la concurrence pour défendre une ambition commune : faire respecter les droits de l’Homme en rétention », ajoute Jérôme Martinez, secrétaire général de la Cimade.

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mercredi 14 septembre 2011

Enfants étrangers, le cri de colère du 93

« Qu’est ce que vous croyez ? Que les jeunes qui ont fui la faim ou la guerre rêvent de venir en Seine-Saint-Denis ? Non ! Ils se placent sous la protection de la France. » Claude Bartolone ne décolère pas et somme l’État de prendre ses responsabilités. Comme il l’avait menacé dans un courrier au garde des Sceaux en juillet dernier, le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis refuse, depuis le 1er septembre, d’accueillir les mineurs isolés étrangers (MIE) qui lui seraient confiés par la justice ou qui se présenteraient à ses services.

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jeudi 31 mars 2011

A Mayotte, 101e département français, un climat de terreur pour les immigrés

Un « contexte de terreur » : c’est ainsi que Jean-François Corty, responsable des missions France de Médecins du monde, décrit la situation à Mayotte, où il s’est rendu la semaine dernière et qui devient ce soir le 101e département français. « Le nombre des expulsions est dramatiquement élevé : 25 000 l’an passé pour 200 000 habitants. Si on transposait ces chiffres à la métropole, cela représenterait sept millions de personnes expulsées ! »

Autant dire que les arrestations et placements en rétention fonctionnent à plein régime et le passage au statut de département de l’île n’y changera rien : le droit des étrangers sera dérogatoire et restera le plus restrictif de France.

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dimanche 28 mars 2010

Passeurs d’étrangers

Plein droit n°84 Outre les humoristes, s’il est une catégorie dans la ligne de mire du ministre de l’Immigration, ce sont bien les passeurs. «Je veux déclarer la guerre aux passeurs, déclarait Eric Besson en février 2009. Je veux déclarer la guerre à celles et ceux qui exploitent la misère humaine ». Dans sa revue Plein droit, le groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) s’attaque à ce sujet « hautement sensible » et « bien plus complexe qu’il n’y parait ». Les multiples barrières dont s’est entourée l’Europe conduisent inévitablement à l’organisation de passages clandestins. Où s’arrête la solidarité et au commence l’exploitation de la misère humaine ? Des passeurs portugais pendant la dictature aux Marocains qui aident à « brûler les étapes », en passant par les enfants passeurs de Mayotte, Plein droit montre la complexité de la figure du passeur, et fait voler en éclat la sempiternelle dichotomie passeur bourreau contre clandestin victime.

Plein droit. La revue du Gisti, n°84, mars 2010, 9€.

lundi 18 janvier 2010

« Folie et violence » à Mayotte

Alors que Nicolas Sarkozy se rend aujourd'hui à Mayotte, plusieurs associations ont établi un dossier à charge contre la politique d’immigration dans l’archipel des Comores. La Cimade, Médecins du monde ou encore le Secours catholique dénoncent la « folie et la violence d’une politique sécuritaire coupant cette petite île de son milieu naturel et historique » : rafles, centre de rétention jugé « indigne de la république » par la CNDS et un nombre d’expulsions forcées battant tous les records. Pour les trois premiers trimestres de 2009, la préfecture annonçait 14 449 personnes éloignées dont 2 248 enfants.

Télécharger le dossier interassociatif en PDF


vendredi 10 avril 2009

La Cimade évincée de 19 centres de rétention

Le centre de rétention du Mesnil-AmelotLe couperet est tombé en début d'après-midi. Après huit mois de polémiques, d'actions judiciaires et d'annulations, le ministère de l'intérieur a rendu public le résultat de l'appel d'offres pour l'aide juridique aux étrangers retenus. Le 30 octobre 2008, le tribunal administratif avait annulé le premier appel d'offres, demandant notamment une meilleure définition des compétences juridiques des candidats. Ce deuxième appel d'offres avait été lancé en décembre 2008. Il divise la France en huit lots, premier écueil selon les associations qui s'inquiètent de la cohérence nationale d'une mission ainsi divisée.

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mercredi 18 février 2009

A Mayotte, on expulse bien les enfants

En septembre 2007, Malik* est interpellé à Mayotte et expulsé vers l'île comorienne d'Anjouan. Une procédure courante sur l'île qui en a connu plus de 16000 en 2007. Sauf que Malik a 15 ans et que son expulsion est légalement interdite. "En droit français on ne peut pas expulser des mineurs, souligne l'avocat Jean-Eric Malabre qui plaidait hier ce cas devant la Cour d'appel administrative (CAA) de Bordeaux. Or à Mayotte l'État s'en vante puisqu'il va jusqu'à les comptabiliser !". Selon la Défenseure des enfants, en novembre 2008, 2 194 enfants dont 628 de moins de deux ans, avaient été expulsés de Mayotte sur l'année en cours.

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mardi 3 février 2009

Le "mouvement perpetuel" des sans-papiers de Mayotte

ENTRETIEN. Avec Un aller simple pour Maoré, Agnès Fouilleux livre un document accablant sur la politique migratoire de l'Etat français à Mayotte. Ce film documentaire, qui sort en salles aujourd'hui, décrypte l'histoire de cette seule île des Comores encore française. Depuis 1994 et l'instauration du "Visa Balladur", les Comoriens qui veulent rejoindre Mayotte doivent obtenir un impossible visa. Hommes, femmes et enfants sont condamnés à passer clandestinement les 70 kms qui séparent les deux îles à bord des "kwassa-kwassa", ces barques de pêcheurs qui chavirent régulièrement, causant la mort de leurs occupants. Dans un entretien, Agnès Fouilleux dénonce la situation catastrophique des sans-papiers de Mayotte et le rôle trouble de la France dans l'indépendance des Comores.

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mercredi 14 janvier 2009

Hortefeux explose tous les records

Créé il y a vingt mois, le ministère de l'immigration et de l'identité nationale n'a pas chômé : il a expulsé de France métropolitaine 45 000 sans-papiers. Brice Hortefeux, qui doit quitter très prochainement ses fonctions, a dressé hier matin le bilan de son activité devant les journalistes et les ambassadeurs, conviés pour l'occasion. Dans une avalanche de chiffres, le ministre a annoncé qu'il avait dépassé tous les objectifs qui lui avaient été assignés. Les 26 000 expulsions exigées en 2008 ? Hortefeux en annonce 29796, soit une hausse de 28,5% par rapport à 2007, un "résultat sans précédent". Si l'on ajoute l'Outre mer (Mayotte et la Guyane dans une écrasante majorité), ce sont 53 364 étrangers qui ont été "reconduits à la frontière" en 2008. La lutte contre les fraudes ? 1562 passeurs et 861 marchands de sommeil arrêtés. La baisse de l'immigration familiale au profit de l'immigration professionnelle ? Pour la première fois, le nombre de cartes de séjour délivrées pour raison familiale passe sous la barre des 90000 titres, avec 85800 cartes attribuées, soit une baisse de 10%. Le développement "solidaire" avec les pays du Sud ? Huit "accords de gestion concertée des flux migratoires" signés en vingt mois. Etc.

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lundi 22 décembre 2008

La nouvelle copie d’Hortefeux ne convainc pas

Bis repetita. Le ministre de l’immigration a annoncé vendredi dans un communiqué le lancement d’un nouvel offre pour le droit de visite dans les centres de rétention administrative (CRA). Brice Hortefeux souhaite ainsi mettre fin à ce qu’il qualifie de "situation de monopole" de la Cimade, seule association actuellement habilitée à fournir une aide juridique aux étrangers retenus. Le premier appel d’offres, lancé en août, avait suscité une forte opposition des associations de défense des étrangers qui dénonçaient, dans une pétition signée par plus de 73 000 personnes, une "volonté d'entraver l'action de la société civile". Le 30 octobre, une ordonnance du tribunal administratif de Paris, annulait l’appel d’offres, exigeant, entre autre, une meilleure définition des compétences juridiques des candidats.

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dimanche 21 décembre 2008

Traitements "inhumains et dégradants" à Mayotte

Indigne, humiliant, effroyable... Les mots manquent pour qualifier les images diffusées jeudi dernier par Libération. Un agent de la Police aux frontières (PAF) a filmé les conditions inhumaines dans lesquelles sont maintenus les sans-papiers à l’intérieur du Centre de rétention administrative (CRA) Pamandzi de Mayotte. Saleté des douches et des cuisines, surpopulation, enfants enfermés à double tour, dormant sur des matelas entassés à même le sol près des poubelles... Ces images ont suscité de nombreuses réactions. Pour Amnesty International, les "conditions de détention inqualifiables (des migrants retenus dans le centre de Pamandzi, NDLR) peuvent être assimilées à des traitements inhumains et dégradants". Le contrôleur général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue a annoncé qu’il allait dépêcher une mission sur place "dès que possible" pour procéder à une "analyse approfondie de la situation et faire les recommandations qui s'imposent". Et de critiquer, au passage, la politique du chiffre menée par Brice Hortefeux : "Depuis 2006, il y a autour de 16000 reconduites à la frontière par an, mineurs compris, à partir de Mayotte, pour une population de 187000 habitants. Ce chiffre impressionnant ne saurait être atteint sans violations des droits de l'homme". La préfecture de Mayotte a fait savoir, quant à elle, que la situation au sein du CRA était exceptionnelle le jour du tournage. "Le 22 octobre est le seul jour, sur les quatre derniers mois, où le chiffre de 200 retenus a été dépassé (pour 60 places, NDLR)". Un nouveau centre de 140 places devrait être construit d’ici la fin de l’année 2010, celui-ci aux "normes nationales". Nous voilà rassurés.