Laissez-passer

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jeudi 10 novembre 2011

Un front à gauche pour les droits des migrants

Ils ne sont pas nombreux, mais représentent le syncrétisme de la lutte en faveur des migrants de ces dernières années : travailleurs sans-papiers, familles menacées d’expulsion, demandeurs d’asile, Roms, lycéens... Mardi soir, une cinquantaine de militants associatifs, politiques et syndicaux se sont réunis à l’Usine, le siège de campagne du Front de gauche, pour discuter du lancement de leur appel « Pour les droits des migrant-e-s et contre le racisme ». « On a envie de s’engager dans cette campagne, de dépasser les composantes du Front de gauche et d’impulser une vraie dynamique », introduit l’avocate Mylène Stambouli. L’appel, lancé avant la fête de l’Humanité, réunit aujourd’hui 400 signataires qui s’engagent à « déconstruire les idées toute faites » et à défendre « un programme alternatif aux logiques sécuritaires». Reste à « approfondir, échanger, débattre ».

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jeudi 20 octobre 2011

L'UMP ne veut pas du droit de vote des étrangers

A huit mois de l’élection présidentielle, la droite populaire a choisi sa cible : les étrangers. Le très droitier collectif de l’UMP a lancé hier une pétition contre le droit de vote et d’éligibilité des étrangers issus des pays hors-Union européenne aux élections locales. Sur le site www.nondroitdevotedesetrangers.fr, une main qui ressemble au doigt près à celle de SOS Racisme clame : « Touche pas à mon vote ». Les arguments défilent : démarche anachronique, absurdité symbolique (« un mauvais signal alors que notre société traverse une crise identitaire »), manœuvre électoraliste, etc.

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jeudi 22 septembre 2011

La mobilisation s'étend pour Serge Guichard, poursuivi pour avoir nettoyé un bidonville

Le parquet d’Evry a trouvé un bon filon pour renflouer le ministère de la Justice : faire payer des amendes aux militants. Serge Guichard, président de l’association de solidarité avec les familles roms de l’Essonne, doit comparaître aujourd’hui devant le tribunal d’instance d’Evry pour « dépôts d’immondices sur la voie publique » (lire ici). Il risque 1500 euros d’amende, voire une peine de prison d’après la ligue des droits de l’homme (LDH) qui le soutient.

Son crime ? Avoir organisé, avec d’autres associations un nettoyage complet du bidonville de Moulin Galant. Depuis six mois, ce terrain occupé par des familles Roms ne bénéficiait plus du ramassage des ordures. Associations, militants et Roms avaient donc nettoyé les lieux et posé 2000 sacs poubelles à l’entrée du terrain, à disposition des services d’enlèvement. L’action s’avère fructueuse : quelques semaines plus tard, les ordures sont ramassées régulièrement.

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mardi 6 septembre 2011

La rentrée scolaire en charter

L’Histoire aurait pu être belle ; elle est sinistre. Hier matin, jour de la rentrée scolaire, la famille Ajeti-Hasani - grands-parents, parents et six enfants âgés de un à onze ans - a été expulsée du territoire français. Vous avez dit une belle histoire ? Oui parce que, comme chez Astérix, toute la Gaule n’est pas envahie par la pensée sarkoziste. Un petit village d’irréductibles auvergnats résiste encore aux quotas d’expulsion : Saint-Amant Roche Savigne, 530 habitants au milieu des vertes montagnes du Puy-de-Dôme.

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vendredi 2 septembre 2011

Le T1 se transforme en tramway de la honte

Le gouvernement a beau crier aux « amalgames odieux » et aux « allégations mensongères », l’image provoque consternation et émotion. Mercredi matin, environ 70 Roms, hommes, femmes et enfants, ont été transportés de Saint-Denis à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) à bord d’une rame de tramway spécialement affrétée pour eux. « L’image de ces gens débarqués d’un tramway, avec des ballots et des enfants sous le bras, était insupportable », déplore Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) de Noisy-le-Sec et conseiller général, qui a assisté à la scène. Dans un département qui a abrité le camp de Drancy, d’où 67 000 juifs furent déportés vers les camps d’extermination, même si toute comparaison est impossible, c’est avant tout le symbole qui choque.

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jeudi 1 septembre 2011

« Ces gens débarqués du tramway, avec des ballots et des enfants sous les bras, c’était insupportable »

Gilles GarnierMercredi matin, une centaine de Roms expulsés d’un camp de Saint-Denis ont été convoyés jusqu’à la gare RER de Noisy-le-Sec dans un tramway affrété spécialement pour eux. Cette réquisition provoque de vives réactions syndicales et politiques. Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) à Noisy-le-Sec et conseiller général de Seine-Saint-Denis a été témoin de la scène.

Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu hier matin ?

Gilles Garnier. Aux alentours de 11 heures, j’ai vu, devant la gare de Noisy-le-Sec, un regroupement impressionnant de forces de police : six camionnettes de CRS, cinq véhicules légers et des policiers municipaux. Je me suis approché et ils m’ont dit qu’ils « attendaient les Roms ». Surpris par cette réponse, je suis resté et j’ai vu arriver une rame de tram, avec marqué « sans voyageurs » à l’avant et à l’arrière, qui s’est arrêtée au terminus. Ont été débarqué entre 60 et 80 Roms, des familles avec des enfants, parfois en bas âge, toutes avec des paquets. J’ai ensuite appris qu’un camp de Saint-Denis avait été évacué le jour même. Ils ont été mis dans la gare RER, toujours encadré par la police. Je n’ai rien pu faire, sinon protester, ce qui ne servait pas à grand-chose. Dès que je suis arrivé à mon bureau, j’ai envoyé une lettre au préfet pour savoir pourquoi la police avait réquisitionné une rame de tram ; au maire de Noisy-le-Sec pour lui demander pourquoi la police municipale avait participé à cette opération et à Pierre Mongin, secrétaire générale de la RATP, pour l’interpeller sur cette réquisition.

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vendredi 22 avril 2011

Un maire accusé de provoquer la haine raciale

La banderole accrochée dans les rues de Villeneuve-le-roi
Les banderoles, tracts et autres pétitions sont apparus au courant du mois de février dans la commune de Villeneuve-le-roi (Val-de-Marne). D’abord discrètement, puis de manière tout à fait officielle. Quatre banderoles, frappées du logo municipal, sont dressées dans les artères principales de la ville, sur lesquelles les Villeneuvois peuvent lire : « Le conseil général doit faire évacuer les campements roms de notre ville ! ». Une campagne de pétition relaie ce slogan, avec distribution sur les marchés, porte-à-porte, etc. « Pendant trois semaines, ça a été la grosse artillerie », raconte Joël Josso, élu d’opposition PCF. Objet de l’ire de la mairie UMP, des familles roms installées dans la ville depuis un an environ sur un terrain appartenant au Conseil général. Or, durant l’été dernier, au moment où Hortefeux et consorts médiatisaient l’évacuation des campements roms, le Conseil général du Val-de-Marne s’était justement engagé à ne pas évacuer ce terrain qui compte une petite centaine de Roumains.

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mercredi 23 février 2011

« On nous traite comme ça parce qu'on est étrangers »


Aïcha et Khadija ont un peu « le trac ». Pour la première fois, les deux lycéennes de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) se rendent en préfecture pour obtenir un titre de séjour. D’origine marocaine, les deux jeunes filles se disent « prêtes à tout pour avoir des papiers ». Même à se réveiller en pleine nuit pour attendre dans le froid un hypothétique rendez-vous. Levées à quatre heures du matin hier, elles ont donc rejoint la longue file d’attente des étrangers devant la sous-préfecture d’Antony.

L’occasion pour le Réseau éducation sans frontières (RESF) d’organiser un rassemblement de protestation contre les conditions d’accueil des étrangers en préfecture. Quelques tentes sont même dressées devant le bâtiment administratif, rapidement retirées par les policiers pour « occupation illégale du domaine public ». Tant pis pour les enfants qui dormaient à l’intérieur, protégés du froid. « Est-ce que c’est la place d’un enfant d’être là en pleine nuit ? » interroge, sans sourciller, le commissaire d’Antony. C’est justement la question posée par Resf dans une lettre ouverte au préfet : « Est-il normal de passer la nuit à faire la queue dans le froid sous la pluie et parfois la neige, sans toilettes, sans abri, à la porte d’un bâtiment censé symboliser la République ? »

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mardi 8 février 2011

Un nouvel appel contre le racisme d'Etat

Un texte volontairement court et mesuré pour rallier le plus grand nombre : l’historien Olivier Le Cour Grandmaison a présenté hier son Appel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration et pour la régularisation des sans-papiers.

Lancé le 1er novembre, l’appel initial exigeait la suppression du ministère de l’Immigration et de l’identité nationale. Or quelques jours plus tard, ce dernier passait à la trappe lors du remaniement ministériel. Un tour de passe-passe pour les initiateurs de l’appel. « C’est comme une comptine pour enfants : le ministère de l’Immigration tombe à l’eau, que reste t-il ? Le Ministère de l’Immigration, transféré à l’Intérieur !» ironise Olivier Le Cour Grandmaison.

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mardi 1 février 2011

La loi Besson : un « fourre-tout de mesures répressives »

Alors que le Sénat entame ce soir, en première lecture, les discussions sur la loi sur l'immigration, le point de vue d'Eliane Assassi, sénatrice du groupe communiste, républicain et sénateurs du Parti de gauche (CCR-SPG), à l'origine de quelque 150 amendements sur cette loi !

Eliane Assassi« Nous en sommes à la septième loi sur l'immigration en sept ans, c'est un véritable acharnement. Cette loi Besson me met tellement en colère ! Le gouvernement use de la soit disante transposition des directives européennes, mais ce n'est qu'un prétexte. Ce n'est pas un hasard si ce texte arrive au sénat aujourd'hui, à un mois des Cantonales et juste après la loi Lopsi 2 sur la sécurité. On est en plein amalgame. La loi Besson veut à tout prix empêcher les étrangers d'arriver en France, on crée des zones d'attentes « sac à dos ». Et tant pis si on met dans le même sac les demandeurs d'asile et les immigrants irréguliers. On veut empêcher les étrangers de rester en France donc on s'en prend au mariage gris. C'est une stigmatisation permanente. On augmente la durée du temps en rétention à 45 jours et je ne parle même pas du bannissement ! Cette loi est un fourre-tout de mesures répressives. On agite le chiffon rouge de l'étranger qui attend aux frontières par hordes entières. Nous avons déposé 150 amendements sur ce projet de loi. Les associations et les syndicats sont très mobilisés contre ce texte, nous sommes les porte-voix de cette colère. »

Cinquante organismes chrétiens (dont la Cimade, la Joc ou le secours catholique) signataires du texte « Ne laissons pas fragiliser le droit de l'étranger » appellent à une manifestation aujourd'hui devant le sénat de 16 h à 17h30.


mardi 11 janvier 2011

La gauche en rétention pour soutenir Samana

Alima Boumediene-Thiéry

Une pièce de huit m2 : quatre murs blancs, une table, trois chaises, deux portes. C’est dans ce parloir que, depuis jeudi dernier, Samana Tshibuyi reçoit les parlementaires de gauche. Vingt-cinq jours aujourd’hui que ce père de famille congolais est enfermé dans le centre de rétention administratif de Palaiseau (Essonne). Vingt-cinq jours « pour rien » dénonce le Réseau éducation sans frontières (RESF), pour qui la vie de cet homme est en France, auprès de ses deux enfants (Cunégonde, 5 ans et Maximilien, 4 ans) et non en République démocratique du Congo qu’il a fui il y a sept ans et demi.

Les parlementaires, qui bénéficient d’un droit de visite des lieux d’enfermement, se relaient auprès de Samana depuis jeudi pour lui exprimer leur soutien : les socialistes Sandrine Mazetier et François Lamy ; Martine Billard et Danielle Simonnet (PG) ; Sylvie Clerc et Bernard Vera (PCF). Et, hier, Olivier Besancenot (NPA) et Alima Boumediene-Thiéry (EE-Verts).

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mardi 9 novembre 2010

La Corse, terre « sans expulsions »

L’été dernier, l’arrivée sur les plages corses de 123 kurdes syriens avait été le prétexte saisi par Eric Besson pour durcir une fois de plus la politique migratoire française. Alors que ce projet de loi devrait être examiné avant la fin de l’année par le Sénat, les élus de l’assemblée de Corse ont adopté vendredi une motion qui déclare l’île « terre sans expulsion » et juge que la loi Besson constitue un « nouveau cap dans l’iniquité et la réduction du droit des migrants ».La motion adoptée mélange les propositions de Dominique Bucchini (PCF) et de Jean-Christophe Angelini, Femu a Corsica (nationaliste modéré). « En rappelant le poids économique des sans-papiers, nous leur redonnons une dignité », explique ce dernier, qui assure que la motion est « symbolique, mais à portée pratique » puisqu’elle demande aux élus de participer à des parrainages.

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jeudi 2 septembre 2010

« Ca fantasme plus, ça se cause ! »

Palabres sur la place ©Guillaume Clément

Place du Moulin Galant ©Guillaume Clément

Les Roms du campement de Moulin Galant ©Guillaume Clément

Le conseiller général Bruno Piriou ©Guillaume Clément

Les prises de paroles viennent de se terminer mais plusieurs groupes, dispersés sur la place, poursuivent le débat. Une femme hausse la voix. Bruno Piriou écoute, puis reprend sa conversation : «C’est bien, ça discute». Le conseiller général (PCF) de l’Essonne est à l’origine de cette initiative originale : une réunion publique entre Roms du campement de Moulin Galant et les riverains de ce quartier de Corbeil-Essonnes. Quelques deux cents habitants ont fait le déplacement : famille roms, riverains, associatifs, politiques et badauds.

Dans un coin, la conversation s’envenime. Une brochette de riveraines, bras croisés sur le ventre : « C’est des conneries tout ça ! ». « On habite au bord de l’Essonne, on paye une taxe de rivière et eux, ils jettent tout dans l’eau, crache Stéphanie, 38 ans. Au minimum, il faudrait qu’ils soient propres. » De quoi irriter Carole, une autre riveraine, pas vraiment du même avis : « On a jamais eu de souci, c’est les conditions dans lesquelles ils vivent qui sont inadmissibles ! ». Son mari, Abdoulaye, « malien et fier de l’être », renchérit : « Comment peuvent-ils avoir le droit de venir ici mais pas de travailler ? Ca me révolte, c’est vraiment l’Europe des riches ».

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samedi 12 juin 2010

La gauche à Sarkozy : « Régularisez ! »

Une telle unité à gauche n’avait pas été vue depuis longtemps : les onze partis de gauche, de Lutte ouvrière au Parti socialiste, ont adressé jeudi une lettre commune à Nicolas Sarkozy, lui demandant de trouver une « issue positive » au conflit des travailleurs sans papiers. « Nous tenons à vous faire part de notre soutien aux 6 000 travailleuses et travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2009 », écrivent-ils. « Leur régularisation est une nécessité, au nom de la dignité de ces travailleurs sans droit, exploités, alors qu’ils paient des impôts, cotisent à toutes les caisses de solidarité mais risquent quotidiennement l’expulsion ».

Depuis huit mois, les travailleurs sans papiers multiplient les piquets de grève dans toute l’Ile-de-France pour exiger des critères clairs de régularisation. Ils sont plusieurs centaines installés sur la place de la Bastille, à Paris, depuis le 27 mai. Une occupation qui a certainement permis la réouverture des négociations : une réunion s’est tenue hier entre les syndicats et les ministères du Travail et de l’Immigration. L’issue de cette réunion n’était pas connue à l’heure où nous écrivions ces lignes. Les leaders de gauche estiment « plus qu’urgent » que ces négociations permettent « d’intégrer dans la nouvelle définition des critères de régularisation ». « Ce conflit du travail doit enfin trouver une issue positive », ajoutent-ils.

Outre la gauche dans son ensemble, le mouvement des travailleurs sans papiers bénéficie du soutien du monde culturel et artistique. Pour la deuxième semaine consécutive, tous ces soutiens devraient s’afficher ce dimanche à 15 heures sur les marches de l’opéra Bastille pour une photo de famille.

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vendredi 13 novembre 2009

« Les gauches doivent enfin dire que l’immigration n’est pas un problème »

Michel Feher, Photo : Clemence Herout

Lire aussi :
Immigration : quelles alternatives ?

Michel Feher, philosophe, président de l’association « Cette France-là », décortique la politique migratoire mise en place depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Outre sa brutalité, elle est surtout incohérente, dit-il, et les partis de gauche peinent à faire passer ce message.

Eric Besson prétend qu’il fait la même politique que Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant (1). Est-ce le cas ?

Depuis 1974 et l’arrêt officiel de l’immigration de main d’œuvre, tous les gouvernements considèrent l’immigration comme un problème : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde». De ce point de vue là, on peut parler de continuité. Mais il existe aussi des ruptures. Depuis 2007, l’immigration a pris une importance énorme tant dans la pratique que dans la rhétorique gouvernementales. Du côté des pratiques, l’affichage des quotas de sans-papiers à expulser et le soupçon jeté sur l’immigration familiale se traduisent par une brutalité et une répression sans précédent – toutes les associations l’attestent – qui a d’abord pour fin de fidéliser l’ancien électorat du FN. En revanche, du côté de la rhétorique, le gouvernement ne dit plus seulement que l’immigration est un problème mais ajoute qu’elle peut être une chance, pour autant qu’on choisisse bien les migrants accueillis. Or comme, il ajoute que les critères de choix sont d’une part les besoins économiques de la France et d’autre part le respect, par les étrangers, des valeurs républicaines, le discours gouvernemental a pour double effet d’apaiser les craintes des électeurs se réclamant d’une droite humaniste et de gêner les partis se réclamant d’une gauche responsable.

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