Laissez-passer

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Tag - Pierre Pytkowicz

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vendredi 29 avril 2011

La solidarité s’organise peu à peu

Dans le mur en béton qui longe la voie de chemin de fer, Abdel désigne un petit trou : « Voici l’entrée de notre château ! ». Le jeune homme de 21 ans, yeux noisette et sourire éclatant, a le sens de l’ironie, car faute d’un château, ce mur cache une série de matelas posés au sol. Depuis plusieurs semaines, ces rails désaffectés sont le seul refuge des centaines de migrants tunisiens fraîchement débarqués à Paris. Seule protection contre la pluie, le périphérique qui passe à quelques mètres au dessus. Outre ces conditions d’hygiène désastreuse, les Tunisiens ont faim. Certains avouent n’avoir mangé qu’une baguette deux jours plus tôt. Traqués par les policiers, affamés, ces migrants sont épuisés et l’aide tarde à venir.

Le square de la Porte de la Villette ©Pierre Pytkowicz

AU square de la Villette, mercredi ©Pierre Pytkowicz

Matelas le long des rails ©Pierre Pytkowicz

Un Tunisien de 15 ans sur son matelas ©Pierre Pytkowicz

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Traque et matraque pour les Tunisiens

Au square de la Villette, mercredi ©Pierre Pytkowicz

À Marseille, à Nice et à Paris, les arrestations massives de Tunisiens récemment arrivés en France se sont multipliées ces derniers jours. À Paris, après les arrestations de mardi soir, qui avaient vu une soixantaine de migrants placés en garde à vue pour «infraction à la législation au séjour» ; les interpellations se sont poursuivies mercredi soir, principalement dans le 19e arrondissement. L’opération s’est déroulée vers 21 heures porte de la Villette, alors que la Croix-Rouge procédait à une distribution de repas chauds. D’après Omeyya Seddik, administrateur de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) cité par l’AFP, sur les 100 ou 200 «jeunes migrants» présents, «presque tout le monde» a été embarqué après avoir fini de manger.

L’avocate Samia Maktouf chiffre à une centaine le nombre d’interpellés juste pour la nuit de mercredi à jeudi. Certains auraient été libérés après s’être vu notifier des arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière (APRF) avant d’être relâchés. Un nombre indéterminé aurait été placés au centre de rétention administrative de Vincennes, dans l’attente de leur expulsion vers la Tunisie ou l’Italie. «C’est une situation complètement absurde, tonne l’avocate. Ils n’ont pas de laissez-passer consulaires parce que les autorités tunisiennes ont autre chose à faire, donc ils ne pourront pas être expulsés.»

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mercredi 22 décembre 2010

Les enfants roms sur la route de l'école

Tous les matins, Stoyan, rom bulgare installé en France depuis deux ans, prend ses deux enfants par la main et les emmène à l’école. Anodin ? Au contraire. Les enfants de Stoyan - Simona, 8 ans et Stivan, 10 ans, sont des exceptions. La scolarisation des enfants roms, pourtant obligatoire, reste extrêmement marginale en France. Seuls 10% des 7000 enfants roms vivant en France, vont régulièrement à l’école.

De gauche à droite : Stivan, sa soeur Simona et leur père Stoyan ©Pierre Pytkowicz

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mercredi 28 juillet 2010

Madalina-Maria, mère de famille rom, veut sortir de la spirale infernale

Elle n’a rien. « Pas un centime », dit-elle dans un Français approximatif. Mais elle ne demande rien. La mendicité, Madalina-Maria Candoi a décidé d’en sortir. Mais comment faire seule, avec deux enfants, sans rien ? Une amie lui a acheté quelques couches pour la petite, un paquet de gâteaux sur la table sera certainement le seul repas de la journée. Et après ? Elle hausse les épaules, la jeune femme vit au jour le jour depuis son retour en France il y a deux semaines, après avoir été expulsée vers la Roumanie. Son dénuement rappelle des temps passés, quand les œuvres sociales n’existaient pas. Seule aide qui nous rappelle que nous sommes bien au XXIe siècle : depuis deux semaines, Madalina-Maria est logée par le Samu social.

Madalina-Maria Candoi et son fils © Pierre Pytkowicz

Madalina-Maria Candoi et son fils © Pierre Pytkowicz

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dimanche 11 juillet 2010

A Beauvais, la solidarité s'organise pour éviter un « mini-Sangatte »

Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz

Condamnés à dormir à la rue faute de places d’hébergement, des demandeurs d’asile se sont installés dans le camping municipal de Beauvais, avec le soutien des associations.

REPORTAGE. Sur une belle pelouse onduleuse, quatorze tentes, de tailles et couleurs différentes, s’étalent au soleil. Rien ne distingue ces guitounes des autres toiles de vacanciers. Si ce n’est, justement, que pour ces campeurs, l’endroit n’a rien d’une villégiature. Depuis le 1er juillet, une vingtaine de demandeurs d’asile dorment au camping municipal de Beauvais (Oise) ; dernière solution trouvée par les associations pour éviter à ces hommes et à ces femmes de dormir sous les ponts.

Il y a là des Nigérians, des Congolais, des Angolais ; artistes, intellectuels, opposants politiques qui ont fui les persécutions et pensaient trouver en France, « patrie des droits de l’homme » comme ils l’appellent, l’asile. Ainsi, Pitchen Sokolo, artiste peintre et sculpteur, dénonçait, à travers ses œuvres, les lobbies du tabac au Congo Kinshasa. Mis en prison, il a été torturé avant de réussir à s’enfuir. Arrivé à Beauvais, il a dormi deux mois dehors. « Je suis parti brutalement pour sauver ma vie, raconte-t-il, derrière ses petites lunettes rondes. En tant qu’intellectuel, je m’attendais à ce que la France soit une terre d’asile. » Raté.

« Les blancs ne sont pas des gens bien »

Raté aussi pour Philomène qui, elle, a quitté le même pays le 26 juin dernier. Violée par un militaire qu’elle a dénoncée, elle dit : « Je ne peux pas retourner là-bas, ils vont me tuer ». Pourquoi, comment, parcoure-t-on la moitié du globe pour se retrouver à Beauvais ? Un « monsieur » l’a amenée ici, elle ne sait pas pourquoi. Avant d’être logée au camping, elle a dormi sous un pont. « Il y a beaucoup d’insécurité. Les blancs ne sont pas des gens bien, on ne peut pas laisser des gens dormir comme ça. » Et de s’inquiéter : « Le camping est ouvert deux mois, après on va aller où ? »

Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz

Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz Camping municipal de Beauvais ©Pierre Pytkowicz

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jeudi 3 septembre 2009

La justice prive Chama de son père

« Écœurement », « stupeur », les amis et soutiens du petit Chama et de son père étaient sous le choc hier soir après la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de maintenir en rétention Joao Abel Gabriel. « Il est expulsable à tout moment, sans son fils qui reste en France et devrait être placé à la Dass », explique son avocate maître Herrero. « Comment un magistrat peut-il considérer comme légal de séparer un fils de son père ? » s'emporte Jean-Michel Delabre, du Réseau éducation sans frontières.

Devant le tribunal administratif de Cergy Pontoise, mercredi matin

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jeudi 1 janvier 2009

Nuits glaciales dans le Nord

CALAIS032.jpg

Les nuits sont glaciales ces jours-ci dans le Nord-Pas-de-Calais pour les migrants condamnés à dormir dehors depuis la fermeture du centre de Sangatte, en 2002. Selon le rapport de la Coordination française pour le droit d’asile, ils sont quelque 1 500 le long du littoral de la Manche, bloqués faute de pouvoir passer en Angleterre. Ils viennent d’Afghanistan, d’Irak, d’Érythrée ou du Soudan. À Calais, ils seraient actuellement entre 600 et 700, selon les chiffres des associations qui leur viennent en aide.

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vendredi 5 septembre 2008

À Calais, en attendant « le passage »

CALAIS025.jpg Tous les midis, les associations distribuent des centaines de repas.

REPORTAGE. Par temps clair, les hautes falaises de Douvres se laissent apercevoir depuis la plage de Calais. 35 kilomètres. Une distance dérisoire pour les milliers de voyageurs qui les traversent chaque jour, sous la Manche ou en ferry. Un gouffre pour les centaines de migrants bloqués sur le continent. La coordination française pour le droit d’asile (CFDA), qui présentait hier le résultat de trois mois d’enquête sur le sujet, évalue entre 1000 et 1500 le nombre d’exilés actuellement présents le long du littoral de la Manche et de la mer du Nord. Soit autant qu’avant la fermeture du camp de Sangatte, en novembre 2002. Ils sont environ 500 à Calais. Des hommes jeunes pour la plupart, quelques dizaines de femmes et d’enfants. La majorité vient d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak. Sur la centaine venue d’Afrique, la corne du continent est surreprésentée : Érythrée, Éthiopie et Somalie.

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