Laissez-passer

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mercredi 7 décembre 2011

Dans les Hauts-de-Seine, les étrangers peuvent aller uriner « chez Claude »…

Devant la sous-préfecture d'Antony ce matin
Dans le cadre de la semaine d’action contrer les conditions d’accueil des étrangers en préfecture, des militants du Réseau éducation sans frontières ont installé ce matin, devant la sous-préfecture d’Antony (Hauts-de-Seine) des sanisettes Claude Guéant ! Barrés d’un bandeau jaune « Chez Claude », les WC ont été posés à l’aube sur le parking avec le soutien d'élus du départements. Dans cette sous-préfecture, comme dans des dizaines d’autres partout en France, des centaines d’étrangers doivent attendre chaque nuit en plein air pour tenter d’être reçus par les services administratifs de l’Etat (lire notre reportage ici).

Le RESF a par ailleurs écrit un courrier au sous-préfet d’Antony pour lui demander de « bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour pérenniser ce dispositif indispensable à l’hygiène publique et au respect dû à chacun ». Laissé en place le matin, les petits coins avaient disparus à 14 heures. Bien décidé à ne pas voir disparaitre leur urinoire guéantiste, les militants se sont rendus au commissariat pour déposer une main-courante pour vol…

vendredi 25 février 2011

Les mensonges du préfet du 92

Le préfet des Hauts-de-Seine a vivement réagi au rassemblement du Réseau éducation sans frontières devant la sous-préfecture d’Antony organisé mardi dernier, n’hésitant pas à lancer des contre-vérités. « Ces personnes sont entrées ou sont restées sur le territoire français illégalement » affirme Patrick Strzoda dans Le Parisien à propos des hommes et des femmes obligés d’attendre des nuits entières pour renouveler leur titre de séjour et dont la grande majorité ne sont pas du tout en situation irrégulière ! Et d’ajouter que le bâtiment administratif ne « se prête pas à des aménagements ». Mauvaise foi, quand tu nous tiens...


mercredi 23 février 2011

« On nous traite comme ça parce qu'on est étrangers »


Aïcha et Khadija ont un peu « le trac ». Pour la première fois, les deux lycéennes de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) se rendent en préfecture pour obtenir un titre de séjour. D’origine marocaine, les deux jeunes filles se disent « prêtes à tout pour avoir des papiers ». Même à se réveiller en pleine nuit pour attendre dans le froid un hypothétique rendez-vous. Levées à quatre heures du matin hier, elles ont donc rejoint la longue file d’attente des étrangers devant la sous-préfecture d’Antony.

L’occasion pour le Réseau éducation sans frontières (RESF) d’organiser un rassemblement de protestation contre les conditions d’accueil des étrangers en préfecture. Quelques tentes sont même dressées devant le bâtiment administratif, rapidement retirées par les policiers pour « occupation illégale du domaine public ». Tant pis pour les enfants qui dormaient à l’intérieur, protégés du froid. « Est-ce que c’est la place d’un enfant d’être là en pleine nuit ? » interroge, sans sourciller, le commissaire d’Antony. C’est justement la question posée par Resf dans une lettre ouverte au préfet : « Est-il normal de passer la nuit à faire la queue dans le froid sous la pluie et parfois la neige, sans toilettes, sans abri, à la porte d’un bâtiment censé symboliser la République ? »

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Enquête de l'autre côté du guichet

Alexis SpireLes bureaux de préfecture suscitent un espoir pour chacun : obtenir des papiers. Mais que se passe t-il de l’autre côté du guichet ? Alexis Spire, sociologue au CNRS, a mené une enquête de plusieurs années dans les coulisses des consulats, des préfectures et des services de la main d’oeuvre étrangère. Son livre «Accueillir ou reconduire» dévoile la face cachée de cette machine à trier les étrangers. En se faisant embaucher comme guichetier vacataire dans un service préfectoral, il met en lumière l’action de ceux qui, dans les coulisses de l’administration, conduisent ce que le sociologue appelle la « politique des guichets ».

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Tintamarre de Saint-Denis à Bobigny

La coordination 93 de lutte pour les sans papiers organise aujourd'hui (1) un « tintamarre » pour que le préfet les entende enfin ! En septembre dernier, dix-huit associations publiaient un livre noir des conditions d’accueil et du traitement des dossiers à la préfecture de Seine-Saint-Denis et demandaient par deux fois à être reçues par le préfet. Elles n’ont reçu aucune réponse. Chaque nuit, entre 200 et 300 personnes en moyenne font le pied de grue sur le parvis pour tenter d’obtenir un rendez-vous avec les services préfectoraux. Femmes enceintes et personnes handicapées n’ont pas d’accès prioritaires. Ce « traitement inhumain » favorise les trafics en tous genres pour obtenir places ou tickets. Parmi les solutions proposées par les associations : un personnel plus nombreux et mieux formé, des locaux rénovés et le téléchargement de documents sur internet.

(1) Départ à 14 h à la mairie de Saint-Denis. Arrivée à 15 heures sur le parvis de la préfecture.


mercredi 6 octobre 2010

Dans le ventre de la machine à expulser

La Cimade publie aujourd’hui ses Chroniques de rétention, témoignage inédit de la réalité de l’enfermement des étrangers en France. Loin du discours officiel d’une France accueillante et généreuse, une trentaine d’intervenants racontent leur quotidien derrière les barbelés des centres de rétention. Outre les histoires ubuesques qu’ils rencontrent, ils livrent aussi leurs doutes, leurs angoisses, leurs colères. Des chroniques à la fois instructives, drôles, émouvantes et révoltantes qui dépeignent la réalité sordide des antichambres de l’expulsion. Alors que le projet de loi en discussion à l’Assemblée promet d’allonger la durée de rétention de 32 à 45 jours, ces témoignages démontrent l’inhumanité mais aussi l’absurdité de l’industrialisation de l’enfermement des étrangers. Morceaux choisis d'un livre d’utilité publique.

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mardi 21 septembre 2010

« Se lever à 5h30 pour un bout de papier »

File d'attente ©Marie Barbier Le jour est à peine levé, mais ils sont déjà des centaines à attendre. Comme tous les matins. Mais hier, les étrangers venus faire le pied de grue devant la préfecture de Bobigny, pour tenter d’obtenir titre de séjour ou demande d’asile, ont bénéficié d’une exceptionnelle distraction. Dès cinq heures, associations et élus s’étaient donnés rendez-vous pour dénoncer cette situation « indigne » et rendre public un « livre noir » sur les conditions d’accueil et le traitement des dossiers dans cette préfecture particulièrement saturée. Chaque jour, la direction des étrangers accueille 1 500 usagers. En 2009, il y a eu à Bobigny 9 000 demandes de naturalisation et 2 800 demandes d’asile.

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