Laissez-passer

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vendredi 11 mai 2012

Un moratoire sur les expulsions ?

Hier matin, Nika Peikrishvili, 18 ans, a refusé d’embarquer dans l’avion qui devait l’expulser vers la Pologne. Lycéen tout juste majeur, Nika vit depuis quatre ans, avec sa mère et son grand frère à Poitiers (Vienne). Hier matin, il a été ramené au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), dans l’attente d’un prochain vol. «On a le sentiment que des préfets mettent un point d’honneur à expulser jusqu’au dernier moment, regrette Richard Moyon, du Réseau éducation sans frontières (RESF). C’est difficilement compréhensible. J’ai connaissance d’une dizaine de situations aussi insupportables que celle de Nika pour lesquelles il faudrait prendre une décision immédiate.»

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jeudi 12 avril 2012

Deux enfants en rétention à Lyon

Deux enfants scolarisés à Lyon ont été arrêté hier avec leurs parents, dans l’hôtel où la préfecture les avaient logés, et placés au centre de rétention. La préfecture avait en effet obligation de loger la famille suite au référé que celle-ci a déposé à la fin du Plan froid. Mariame, 9 ans, et Atar, 7 ans, sont scolarisés à l’école Jean Giono, dans le 8e arrondissement. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) rappelle que l’enfermement des enfants étrangers est contraire aux principes protégés par les textes internationaux.

M., Mme Mamoï et les deux enfants vivent en France depuis septembre 2010. D'une communauté ethnique minoritaire d'Azerbaïjan, le couple s'est vu refuser sa demande d'asile par l'OFPRA, puis par la CNDA. Le 23 février 2012, la préfecture refuse à son tour la demande de titre de séjour et délivre à la famille une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).

jeudi 5 avril 2012

Accusé à tort, tabassé en prison... et expulsé ?

Retour à la case départ. Dans le cynique jeu de Monopoly de la politique migratoire française, Slaheddine Wertani apparaît comme le grand perdant. Aujourd’hui, il se retrouve dans la même situation qu’il y a quatre ans : menacé d’expulsion, après un passage par la case centre de rétention, prison, tabassage, coma, handicap et non lieu.

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mercredi 29 février 2012

Gestes désespérés en rétention

Trois hospitalisations hier, deux autres mardi... Les tentatives de suicide et les automutilations se multiplient au centre de rétention administrative (CRA) de Palaiseau en Seine et Marne. Claude Peschanski, de l’Observatoire Citoyen de ce centre y voit les « premières conséquences de la loi Besson votée cet été », qui allonge la durée d’enfermement jusqu’à 45 jours. « Comment voulez-vous rester enfermé tout ce temps sans rien faire, comme une bête en cage, alors que vous n’avez commis aucun délit ? s’interroge la militante. Les retenus ne voient pas d’autres issues. » Hier matin, Bilal Benyahia, algérien en France depuis onze ans, a donc avalé des lames de rasoir pour prouver sa volonté de rester en France auprès de sa femme, française et enceinte de huit mois. Emmené aux urgences, il en est ressorti pour comparaître devant le juge des libertés hier après-midi. Début février, il s’était lacéré la poitrine et le cou pour ne pas être expulsé vers l’Algérie. C’est aussi la méthode qu’a choisi un Géorgien au centre de rétention de Cornebarrieu, près de Toulouse, en se tailladant l’avant bras devant l’un de ses enfants mardi matin. L’homme, son épouse et leurs quatre enfants avaient été arrêté la veille à la préfecture de Gironde. La famille devait être renvoyée vers la Pologne.

lundi 27 février 2012

Ce que propose la gauche pour les sans-papiers

Manifestation D'ailleurs nous sommes d'ici, le 28 mai dernier ©Frédéric Poussin
Nous avons interrogé les candidats de cinq partis de gauche (PS, EELV, FG, NPA et LO) sur ce qu'ils entendaient mettre en place, s'ils étaient élus à la présidentielle, sur six grands thèmes touchant aux questions d'immigration. Voici leurs réponses :

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vendredi 23 décembre 2011

Chouaïb, jeune autiste, libéré hier soir après 31 jours de rétention

Chouaïb Benhachiche
La nouvelle est tombée hier peu avant 19 heures. «Il est sorti ! Nous allons nous rejoindre pour faire la fête.» s’exclamait Samia Attali, de l’association Je vous tends la main. Hier soir donc, Chouaïb Benhachiche, jeune autiste de vingt et un ans, a été libéré du centre de rétention de Vincennes où il était enfermé depuis trente et un jours. Pour la plus grande joie de ses soutiens qui se sont démenés pour le sortir de cette situation « aberrante ».

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mardi 20 décembre 2011

Un jeune autiste en rétention depuis un mois

Chouaïb Benhachiche est un jeune homme de 20 ans. D’origine algérienne, il est suivi par l’Aide sociale à l’enfance depuis ses 16 ans et bénéficie d’un « contrat jeune majeur », qui lui permet d’être logé dans un foyer de jeune travailleur à Paris. Malgré ses troubles du comportement d’allures autistiques, Chouaïb a obtenu, en juin dernier, son CAP dans la restauration. Mais, alors que l’État lui assure sa protection d’un côté, de l’autre il lui refuse un titre de séjour. Shouaid est donc sans-papiers sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

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lundi 19 décembre 2011

Un mineur isolé enfermé en rétention

Boudjemaa Tair-Tahar, jeune tunisien qui a fêté ses 17 ans la semaine dernière, a été placé au centre de rétention de Vincennes hier dans l’attente de son expulsion. Un enfermement illégal puisque la France interdit les reconduites à la frontières de mineurs, sauf s’ils sont accompagnés de leurs parents « Il a vraiment une tête de bébé et il n’arrête pas de pleurer » témoigne une intervenante de l’Assfam, qui a pu le rencontrer. Placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur le vol d’un téléphone portable, Boudjemaa au lieu d’être libéré comme les autres, a été directement placé en rétention suite à des tests osseux qui l’ont déclaré majeur. Les tests de pilosité et de développement génital utilisé par l’administration pour déterminer la minorité ou la majorité sont très décriés, par la communauté scientifique elle-même. Leur marge d’erreur communément admise serait de 18 mois.

mercredi 14 décembre 2011

Quand rétention rime avec prison

C’est un « bilan sans concession » que dresse aujourd’hui les cinq associations présentes en rétention. Ce qui est soi est une victoire. En 2008, le ministère de l’Immigration lançait un appel d’offres pour morceler l’aide juridique dans les centres de rétention administrative (CRA) et réduire d’autant la parole de la Cimade, alors unique témoin gênant. Échec sur toute la ligne. « On est plus forts ensemble », résume Pierre Henry, directeur de France terre d’asile. « Nous avons dépassé ce piège de la concurrence pour défendre une ambition commune : faire respecter les droits de l’Homme en rétention », ajoute Jérôme Martinez, secrétaire général de la Cimade.

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mardi 13 décembre 2011

Guéant, gentil organisateur

Claude Guéant a estimé dimanche que les étrangers résidant en France devaient respecter « ce qui fait l'art de vivre français, comme les civilités, la politesse, la gentillesse ». Il est vrai que le ministre de l’Intérieur est un expert en civilités. Un exemple ? Les cinq associations présentes en rétention ont rendu public aujourd'hui un rapport accablant sur les conditions d’enfermement des étrangers en France : proche de la prison, à la limite du droit, cause de souffrances psychologiques, voire d’automutilations et de tentatives de suicide. Et ils ne disent même pas merci ces ingrats !

Les maux de la rétention

Sandy, au 59 rue de Rivoli ©Francine Bajande Chaque année plus de 30 000 hommes, femmes et enfants sont enfermés, en France, dans les centres de rétention administrative (CRA), antichambres de l’expulsion. Alors que les cinq associations présentes dans ces lieux interdits aux journalistes rendent public ce matin leur premier rapport annuel, nous sommes allés à la rencontre d’ex-retenus. Ils racontent la vie quotidienne derrière les barbelés et les traumatismes d’une telle politique.

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Les centres de rétention interdits aux journalistes

Si aucune loi ne le stipule clairement, les centres de rétention administrative (CRA) sont bien l’un des rares endroits en France où un journaliste ne peut exercer librement son métier. Ainsi, les multiples demandes faites par l’Humanité ces dernières années sont toujours restées lettre morte. « Il s’agit de préserver le droit à la vie privée des retenus » ose t-on répondre au ministère de l’Intérieur pour justifier ces refus. Le réseau Migreurop a lancé en octobre une campagne pour exiger un droit de regard et d’information dans les centres d’enfermement des migrants. Lancée dans toute l’Union européenne, cette campagne verra plusieurs actions dans le courant de l’année 2012. A suivre, donc.

vendredi 19 août 2011

Le préfet de Rennes s’acharne sur les familles

Le centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-LandeUne «accélération» pour les uns, un «acharnement» pour les autres. Ces trois dernières semaines, trois familles ont été placées au centre de rétention administrative (CRA) de Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine).

La dernière en date, la famille Chowdhury, a été arrêtée mercredi matin à son domicile. En France depuis six ans, ils ont fui le Bengladesh où le père, militant politique, est condamné à la prison à vie. Leurs deux enfants sont nés en France. L’aîné bénéficie d’un soutien médico-psychologique à cause de troubles du langage et du comportement. « On se bat pour obtenir leur régularisation depuis cinq ans, raconte Yannick Nadesan, conseiller municipal PCF et parrain du petit garçon. Mais l’administration rejette nos demandes et cette famille vivait dans la peur que la police vienne frapper à leur porte. » Ce qui a fini par se produire il y a deux jours.

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jeudi 18 août 2011

La Cimade quitte le CRA de Nîmes

Après le suicide, samedi dernier, d’un père de famille roumain dans le centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes, la Cimade, association qui fournit une aide juridique aux retenus, a annoncé son retrait du centre durant trois jours. Une action politique pour « refuser la banalisation de la privation de liberté, l’inhumanité et la violence des procédures ».

lundi 16 mai 2011

Le procès des enfants enfermés

Erwan s’avance vers la barre avec calme. Ce jeune kossovar de 17 ans est cité comme témoin dans le procès de l’enfermement des enfants étrangers. Les applaudissements sont proscrits («ce n’est pas un spectacle»), l’ambiance studieuse. Depuis neuf heures, ce samedi, experts et témoins défilent devant ce tribunal d’opinion (1).

Erwan, dont la famille, sans-papiers, vit traquée en France depuis neuf ans, s’interroge, après son passage en centre de rétention : « Je ne savais pas quoi dire à mon petit frère. Comment expliquer à un enfant de six ans qu’il est enfermé dans une cage ? ».

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