Laissez-passer

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vendredi 11 mai 2012

Un moratoire sur les expulsions ?

Hier matin, Nika Peikrishvili, 18 ans, a refusé d’embarquer dans l’avion qui devait l’expulser vers la Pologne. Lycéen tout juste majeur, Nika vit depuis quatre ans, avec sa mère et son grand frère à Poitiers (Vienne). Hier matin, il a été ramené au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), dans l’attente d’un prochain vol. «On a le sentiment que des préfets mettent un point d’honneur à expulser jusqu’au dernier moment, regrette Richard Moyon, du Réseau éducation sans frontières (RESF). C’est difficilement compréhensible. J’ai connaissance d’une dizaine de situations aussi insupportables que celle de Nika pour lesquelles il faudrait prendre une décision immédiate.»

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jeudi 19 avril 2012

Enfants à la rue : saisine du défenseur des droits

Impossible de savoir combien ils sont. Mais les associations qui leur viennent en aide sont formelles : depuis quelques mois, le nombre de mineurs étrangers à la rue en région parisienne a explosé. «Jamais autant de ces enfants n’ont été laissés en errance, à la rue jour et nuit, y compris au plus fort de l’hiver» dénoncent-elles dans un communiqué commun. Quinze organisations (1) ont donc décidé de saisir le défenseur des droits, Dominique Baudis.

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mardi 27 mars 2012

A Nice, des empêcheurs d'expulser en rond


Quelques membres du RESF niçois ©Thierry Gazzera
L’un des visages de Nice se donne volontiers : la promenade des Anglais, les palmiers et la mer bleu azur. On y voit aussi, ostensibles, une droite décomplexée et une extrême droite hyperactive, entre Front national et bloc identitaire. Mais on croise également, dans ce coin de France bling-bling, des instituteurs retraités qui cachent des enfants sans-papiers, des anciens baroudeurs qui aménagent des squats pour les voyageurs de passage, des électriciens installant des compteurs clandestins pour des familles tchétchènes… Une France populaire qui résiste quotidiennement à la politique de quotas et d’expulsions. Une France qui se réchauffe au contact des migrants, quand d’autres se glacent à l’idée d’un déferlement imaginaire.

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mercredi 7 décembre 2011

Dans les Hauts-de-Seine, les étrangers peuvent aller uriner « chez Claude »…

Devant la sous-préfecture d'Antony ce matin
Dans le cadre de la semaine d’action contrer les conditions d’accueil des étrangers en préfecture, des militants du Réseau éducation sans frontières ont installé ce matin, devant la sous-préfecture d’Antony (Hauts-de-Seine) des sanisettes Claude Guéant ! Barrés d’un bandeau jaune « Chez Claude », les WC ont été posés à l’aube sur le parking avec le soutien d'élus du départements. Dans cette sous-préfecture, comme dans des dizaines d’autres partout en France, des centaines d’étrangers doivent attendre chaque nuit en plein air pour tenter d’être reçus par les services administratifs de l’Etat (lire notre reportage ici).

Le RESF a par ailleurs écrit un courrier au sous-préfet d’Antony pour lui demander de « bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour pérenniser ce dispositif indispensable à l’hygiène publique et au respect dû à chacun ». Laissé en place le matin, les petits coins avaient disparus à 14 heures. Bien décidé à ne pas voir disparaitre leur urinoire guéantiste, les militants se sont rendus au commissariat pour déposer une main-courante pour vol…

mercredi 12 octobre 2011

La mauvaise histoire belge de Mme Vigoureux

Brigitte Vigoureux et ses deux filles, Thyssina et Elaura
C’est une histoire belge qui ne fait rire personne. Surtout pas Brigitte Vigoureux, 47 ans, bloquée au Congo depuis deux mois. « Je tourne en rond ici avec mes filles qui ont raté leur rentrée scolaire », déplore la mère de famille.

Tout commence en août 2010. Brigitte Vigoureux, née au Congo mais Belge par son père, perd sa carte d’identité. Habitant en France depuis plus de vingt ans - ses cinq enfants y sont nés - elle se rend à l’ambassade de Belgique pour refaire ses papiers. Là, surprise : une enquête de nationalité est ouverte par les autorités belges sur la famille Vigoureux. « On lui a dit qu’elle devait se rendre sur son lieu de naissance pour récupérer des certificats » raconte sa fille Victor, restée à Paris.

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mercredi 23 février 2011

« On nous traite comme ça parce qu'on est étrangers »


Aïcha et Khadija ont un peu « le trac ». Pour la première fois, les deux lycéennes de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) se rendent en préfecture pour obtenir un titre de séjour. D’origine marocaine, les deux jeunes filles se disent « prêtes à tout pour avoir des papiers ». Même à se réveiller en pleine nuit pour attendre dans le froid un hypothétique rendez-vous. Levées à quatre heures du matin hier, elles ont donc rejoint la longue file d’attente des étrangers devant la sous-préfecture d’Antony.

L’occasion pour le Réseau éducation sans frontières (RESF) d’organiser un rassemblement de protestation contre les conditions d’accueil des étrangers en préfecture. Quelques tentes sont même dressées devant le bâtiment administratif, rapidement retirées par les policiers pour « occupation illégale du domaine public ». Tant pis pour les enfants qui dormaient à l’intérieur, protégés du froid. « Est-ce que c’est la place d’un enfant d’être là en pleine nuit ? » interroge, sans sourciller, le commissaire d’Antony. C’est justement la question posée par Resf dans une lettre ouverte au préfet : « Est-il normal de passer la nuit à faire la queue dans le froid sous la pluie et parfois la neige, sans toilettes, sans abri, à la porte d’un bâtiment censé symboliser la République ? »

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mardi 11 janvier 2011

La gauche en rétention pour soutenir Samana

Alima Boumediene-Thiéry

Une pièce de huit m2 : quatre murs blancs, une table, trois chaises, deux portes. C’est dans ce parloir que, depuis jeudi dernier, Samana Tshibuyi reçoit les parlementaires de gauche. Vingt-cinq jours aujourd’hui que ce père de famille congolais est enfermé dans le centre de rétention administratif de Palaiseau (Essonne). Vingt-cinq jours « pour rien » dénonce le Réseau éducation sans frontières (RESF), pour qui la vie de cet homme est en France, auprès de ses deux enfants (Cunégonde, 5 ans et Maximilien, 4 ans) et non en République démocratique du Congo qu’il a fui il y a sept ans et demi.

Les parlementaires, qui bénéficient d’un droit de visite des lieux d’enfermement, se relaient auprès de Samana depuis jeudi pour lui exprimer leur soutien : les socialistes Sandrine Mazetier et François Lamy ; Martine Billard et Danielle Simonnet (PG) ; Sylvie Clerc et Bernard Vera (PCF). Et, hier, Olivier Besancenot (NPA) et Alima Boumediene-Thiéry (EE-Verts).

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mardi 21 décembre 2010

Ces enfants privés de parents à Noël

Le Noël des orphelins de RESF ©Francine Bajande

L’ambiance était joyeuse et détendue lundi soir au local parisien du Réseau éducation sans frontières (RESF). Pourtant le rendez-vous du jour n’incitait pas particulièrement à la fête : le Réseau organisait un « goûter des Orphelins de Noël », réunissant une dizaine d’enfants dont l’un des deux parents, sans-papiers, risque de passer Noël dans un centre de rétention, sous la menace d’une expulsion. Mais, tous les enfants n’étant pas au courant du sort de leurs parents, les considérations politiques se sont faites, pour une fois, en toute discrétion et parcimonie.

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jeudi 16 décembre 2010

Lycéens solidaires

« Ils vont à l'école comme nous, mais ils ont peur tout le temps. Ca s'fait pas, c'est pas normal. » Mélissa a seize ans et manifestait hier pour la première fois de sa vie. L'objet de sa colère ? Le sort réservé à ses camarades de classe sans papiers du lycée professionnel Jules Maret de Boulogne (Hauts-de-seine). Le Réseau éducation sas frontières (RESF) organisait hier deux rassemblements devant les sous-préfectures d'Antony et de Boulogne, nouvelle étape dans la campagne de mise sous protection des jeunes majeurs sans papiers. Depuis le 1er octobre, le conseil régional d'Ile-de-France et plus de soixante dix lycées de la région ont voté des résolutions de soutien à ces élèves.

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samedi 18 septembre 2010

Ils vont chanter pour les sans-papiers

Rock sans-papiersDu chant et des armes. Le concert de solidarité avec les sans-papiers, organisé ce soir à Paris-Bercy, promet d’être un moment festif et engagé. Sur scène, plus d’une vingtaine d’artistes se relayeront pendant quatre heures : Jane Birkin qui interprétera Les p‘tits papiers de Serge Gainsbourg, Oxmo Puccino, Emily Loizeau, Abd Al Malik, Cali, 113, Cheb Bilal, Jeanne Cherhal, Clarika, Daniel Darc, Jacques Higelin, No One is Innocent ou encore les Têtes raides et les Wampas.

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mercredi 21 juillet 2010

On expulse bien les bébés de dix mois...

Un bébé de dix mois et ses parents géorgiens sans-papiers, retenus en centre de rétention administrative de Lyon depuis le 8 juillet (lire ici), ont été expulsés mardi matin vers la Pologne. Selon le Réseau éducation sans frontières, la mère de famille, enceinte, a fait une fausse couche en rétention et le père est atteint d’une hépatite C. Ils ont été expulsés à bord d’un avion «spécialement affrété pour eux en direction de la Pologne», en vertu des accords Dublin II qui renvoient vers le premier pays traversé de l’Union européenne.

jeudi 4 février 2010

Salima expulsée vers le Maroc sans sa jumelle

Malgré la mobilisation de plusieurs associations et partis politiques, Salima, une jeune femme sans papiers de Clermont-Ferrand a été expulsée vers le Maroc hier matin sans sa sœur, qui vit toujours cachée. Le Réseau éducation sans frontières avait «trouvé quelqu’un sur place à Casablanca pour l’accueillir» et a annoncé que la mobilisation continuait pour qu’elle revienne. Un rassemblement est prévu demain à 14h devant la préfecture du Puy-de-Dôme.

Une pétition pour Salima et Salma est disponible sur le site de RESF.

samedi 24 octobre 2009

Expulsée avec son cartable

Mercredi matin, Nanette Alanhi Bangofa se rendait tranquillement en cours. Cette jeune-fille de dix-neuf ans est en première année de BTS compta-gestion au lycée Jules Siegfried dans le 10e arrondissement de Paris. D’origine congolaise, Nanette est arrivée en France en 2007. Sa mère bénéficie d’une carte de séjour résident de dix ans, son père est décédé. Pour sa majorité, la préfecture de police de Paris lui offre... une obligation de quitter le territoire. Sans argent pour payer un avocat, elle ne fait pas appel.

Contactée au téléphone, Nanette raconte que, mercredi matin, elle est arrêtée par les forces de l’ordre à la gare du Nord. Sans même passer par la case garde à vue, la jeune fille est directement emmenée à l’aéroport d’Orly et mise à bord d’un avion pour Casablanca, puis de Casablanca à Brazzaville. Malgré ses demandes réitérés, les policiers de la laissent pas prévenir sa mère. Ce n’est qu’une fois arrivée sur place, jeudi matin, qu’elle a pu lui téléphoner. Aujourd’hui Nanette se retrouve démunie à Brazzaville, elle n’avait sur elle que deux euros et son sac de cours. Au bout du fil, elle ne cesse de répéter «Faites quelques chose, je ne peux pas rester ici». Elle est logée, pour quelques jours, chez une cousine.

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jeudi 10 septembre 2009

«Chama me disait : "je vais te sortir de là"»

Il a sonné à la porte vers 21 heures, mardi soir. Ursula, sa petite amie, a hurlé de joie ; sa mère ensuite. De quoi réveiller Chama Dieumerci, 5 ans, qui a crié à son tour en voyant son père. « Il ne voulait plus me lâcher, s'amuse Joao Abel Gabriel. Il me suivait partout ! » Une heure avant, cet angolais de 44 ans était libéré, en toute discrétion, du centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny, où il était retenu depuis deux semaines.

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samedi 5 septembre 2009

Éric Besson justifie l’enfermement des enfants

« Arrogance », « vulgarité », « démagogie ». Le Réseau Éducation sans frontières (RESF) n’a pas de mots assez durs pour qualifier les propos du ministre Éric Besson sur l’enfermement des enfants. Cet été, selon RESF, pas moins de 19 enfants ont été enfermés en centre de rétention administrative (CRA), antichambres de l’expulsion. Le plus petit avait neuf mois, la plus grande, dix-sept ans. Le 12 août, la Ligue des droits de l’homme envoyait une lettre ouverte à Éric Besson, dénonçant « cette inversion du droit qui ignore la spécificité de l’enfance et met notre pays dans une situation inacceptable au regard de ses engagements internationaux ».

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