Laissez-passer

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 26 décembre 2011

Marie-Hélène et Ileana : « Je ne peux te donner autant que tu me donnes »

Marie-Hélène et Ileana ©Patrick Nusbaum
Elles sont assises sur le couvre lit fleuri et discutent tendrement, à la chaleur du poêle. Des épluchures de clémentines, jetées dans le feu, diffusent une douce odeur d’enfance. A peine quelques signes extérieurs de misère évoque le dénuement dans cet intérieur soigné et douillet. L’unique ampoule éclaire la pièce d’une lumière faible et sporadique. Sur les murs, recouverts de tissus à fleurs, un poster Playmobil tient lieu de seule décoration. Sortir de cette cabane chaleureuse, c’est plonger dans la misère crue du bidonville de Massy : la boue qui colle aux chaussures, la montagne de déchets à l’arrière des caravanes et les rats, ventrus et grouillants. Un peu moins de 250 personnes vivent dans ce petit bois coincé entre une bretelle d’autoroute et une voie rapide, à l’abri des regards.

Lire la suite...

dimanche 5 septembre 2010

«Nous ne pouvions pas rester sans rien faire»

 Dans 147 villes partout en France, quelque 150 000 personnes sont descendues dans la rue samedi pour protester contre la «politique xénophobe» menée par le gouvernement français. Un sursaut citoyen qui fait suite à l’expulsion de plus d’un millier de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie en moins d’un mois et aux promesses de Nicolas Sarkozy d’élargir les conditions de déchéance de la nationalité. « On en a supporté beaucoup depuis 2002, mais là le gouvernement a passé une barre, c’est devenu intolérable», analyse Jean-Pierre Dubois de la Ligue des droits de l’homme qui appelait à manifester aux côtés d’une cinquantaine d’associations, syndicats et partis politique. Les chiffres de la participation ont été revus à la hausse hier, passant de 100 000 manifestants à plus de 150 000. Le double des estimations officielles qui étaient hier de 77 300. «C’est, sans aucun doute, une déception pour leurs organisateurs » s’est gaussé le ministre de l’intérieur. «Brice Hortefeux est assez mal placé pour évaluer l’efficacité d’une action anti-raciste, s’amuse Jean-Pierre Dubois, étant donné que c’est le seul ministre jamais condamné pour racisme et encore en fonction...» Le président de la LDH se félicite au contraire du «succès» d’une mobilisation «lancée le 2 août pour le 4 septembre» : «beaucoup de gens sont venus dans une démarche individuelle, non affilié à une organisation ou un partis, mais en famille pour dire «ca suffit comme ça». 

A Paris... 

« Laissez passer les p’tits papiers, à l’occasion, papier chiffon... » La mobilisation est lancée, en chanson, à Paris. Quelques minutes avant 11 heures, le bus à impérial, dans lequel se sont installé des artistes participant au concert «Rock sans-papiers» le 18 septembre à Paris, s’arrête rue de Grenelle. Jane Birkin, Jeanne Cherhal, Agnès Jaoui et Régine entonnent Les p’tits papiers de Serge Gainsbourg sous les fenêtres du ministère de l’Immigration, durant quelques minutes avant de rejoindre quelque 200 manifestant, au métro Varenne. 

Reportage photo de Frédéric Poussin :


Et le son, où l'on se rend compte que Régine monopolise un peu le micro...

Lire la suite...

vendredi 3 septembre 2010

Des expulsions néfastes pour la santé

Le démantèlement des camps nuit gravement à la santé. C’est en substance, le message transmis jeudi à Lyon par l’ONG Médecins du monde qui a pris pour exemple la situation particulière du camp situé à deux pas de la gare Lyon Part Dieu, dans le 3e arrondissement. Les familles roms de ce camp pourraient être délogées très rapidement puisque le tribunal administratif de Lyon doit rendre son délibéré mardi prochain, sur l’expulsion de ce camp, le plus grand camp de l’agglomération lyonnaise, qui accueille 100 à 150 roms, pour la plupart de Roumanie, sur des terrains appartenant à Réseau ferré de France et au conseil général du Rhône. L’ONG Médecins du monde a demandé à ce que cette évacuation ne se fasse pas sans proposition de relogement.

«S’il y a expulsion, que ce soit avec des conditions de logement dignes, tout simplement humaines», a demandé le responsable de l’antenne Rhône-Alpes, Pierre Micheletti, lors d’une conférence de presse relayée par l’Agence france presse. L’ancien président de l’ONG a aussi exigé « qu’un certain nombre de situations médicales soient prises en compte », insistant sur « le traumatisme psychologique supplémentaire » que représente « le harcèlement continuel » dont sont victimes ces populations.

Lire la suite...

mercredi 1 septembre 2010

« Les Roms ne vont pas refaire leur vie ici avec 300 euros »

ENTRETIEN. Depuis le 28 juillet, près d’un millier de Roumains et de Bulgares ont été reconduits dans leur pays par les autorités françaises. Une accélération qui porte à 8 300 le nombre de reconduites à la frontières dans ces deux pays depuis le début de l’année. A Bucarest, l’ONG Romani Criss, qui défend les droits des Roms depuis 1993, s’inquiète des répercussions de ces «rapatriements» en Roumanie, pays qui compte la plus forte minorité rom en Europe. Rencontre avec l’une de ses fondatrices, Nicoleta Bitu.

Comment les Roms expulsés de France sont-ils accueillis en Roumanie ?

Ces «rapatriements» sont très médiatisés ici. Il y avait beaucoup de journalistes à la descente des avions. Les roms se sont sentis agressés par les médias, le climat était très tendu. Du coup, nous les associations on a eu du mal à les approcher. Ils sont donc repartis seuls vers Bucarest, où ils ont pris des bus pour rentrer chez eux. Cette question est très récente en Roumanie. C’est seulement il y a un mois, sur pression de la France, que le ministère du Travail roumain a nommé un secrétaire d’État chargé de la question des roms, Valentin Mocanu.

Dans quelles conditions ces Roms vivent-ils en Roumanie ?

Ils n’appartiennent pas tous au même groupe social. Entre eux, ils sont très différents. Certains vivent bien, ils font partis de la classe moyenne plutôt pauvres. Ils se sont retrouvés au chômage et ont donc choisi d’immigrer. D’autres sont vraiment très pauvres. Tous ne sont pas discriminés mais ceux qui le sont ont des problèmes d’accès au travail, à la santé, à la justice. Sans parler des abus de la police à leur égard. Il existe aussi de graves conflits entre roms et non-roms.

Lire la suite...

jeudi 26 août 2010

Les traumatismes de la «chasse aux roms»

«Absurdes», «inutiles», «coûteuses» et «traumatisantes». Les associations membres du collectif Romeurope, qui présentaient hier leur rapport annuel sur la situation des Roms migrants en France, n’ont pas caché leur colère contre les expulsions vers la Roumanie et la Bulgarie. Hier encore, en pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France a renvoyé par avion quelque 250 Roms vers la Roumanie, le gouvernement voulant «accélérer» ces reconduites, malgré la vague de critiques.

Lire la suite...

jeudi 19 août 2010

Paris expulse les Roms sous les hués

Circulez, y’a rien à voir. Alors que le gouvernement communique à tout va sur les évacuations de campements, c’est en toute discrétion hier, que quatre-vingt treize Roms ont été rapatriés vers la Roumanie à bord de deux vols réguliers depuis les aéroports de Lyon Saint-Exupéry et Roissy Charles de Gaulle. Un autre vol devrait décoller aujourd’hui avec « une centaine de personnes » à bord et le dernier prévu - pour le moment - devrait partir le 26 août.

Une discrétion inhabituelle qui pourrait s’expliquer par le flot de critiques tombant de toutes parts depuis l’annonce de ces rapatriements.

Pour Malik Salemkour, du collectif Romeurope, ces retours forcés ont déjà prouvé leur inefficacité :

Lire la suite...

mercredi 18 août 2010

Les Roms de la plaine

Le camp © Pierre Trovel

Reportage audio (2'08) :



Avec, par ordre d'apparition : Nicoletta et son accordéon ; Anne Laforgue, du comité de soutien aux familles Roms ; Christophe Cusol, délégué national de l'Union française des associations tsiganes ; Adriana.

Nicoletta et son accordéon © Pierre Trovel

Dans l'église-caravane © Pierre Trovel

Il faut parcourir plusieurs centaines de mètres, sur un chemin de terre rendu boueux par les pluies des derniers jours, avant d’apercevoir les premières caravanes. Au milieu de l’immense plaine de Triel-Chanteloup (Yvelines), une centaine de Roms sont installés depuis novembre 2007. Loin, bien loin, des premières habitations : sur les hauteurs qui entourent la plaine, se dressent les communes de Triel-sur-Seine, Chanteloup-les-Vignes et Carrières-sous-Poissy. Même isolés, les Roms ne sont pas les bienvenus ici. Il y a deux mois, des pelleteuses ont procédé à l’encerclement du camp : de profonds fossés ont été creusés, des monticules de terre élevés, la terre labourée. « Officiellement, c’est pour éviter que les déchets ne s’étalent sur toute la plaine, soupire Anne Laforgue, du Collectif de soutien aux familles roms. Ca fait des mois qu’on demande des bennes à ordures, on a eu que trois poubelles, c’est dérisoire».

Lire la suite...

jeudi 12 août 2010

Des charters pour les Roms

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé en début d'après-midi le démantèlement, en quinze jours, de «quarante camps illégaux de Roms». 700 personnes ont été arrêtées d'après le ministre et devraient être expulsées vers la Roumanie ou la Bulgarie. En liaison avec le ministre de l’Immigration, des vols seront «spécialement affrétés» à cette fin. Le 28 juillet, Brice Hortefeux avait annoncé que la moitié des 300 camps illégaux seraient démantelés dans les trois mois.

mercredi 28 juillet 2010

Madalina-Maria, mère de famille rom, veut sortir de la spirale infernale

Elle n’a rien. « Pas un centime », dit-elle dans un Français approximatif. Mais elle ne demande rien. La mendicité, Madalina-Maria Candoi a décidé d’en sortir. Mais comment faire seule, avec deux enfants, sans rien ? Une amie lui a acheté quelques couches pour la petite, un paquet de gâteaux sur la table sera certainement le seul repas de la journée. Et après ? Elle hausse les épaules, la jeune femme vit au jour le jour depuis son retour en France il y a deux semaines, après avoir été expulsée vers la Roumanie. Son dénuement rappelle des temps passés, quand les œuvres sociales n’existaient pas. Seule aide qui nous rappelle que nous sommes bien au XXIe siècle : depuis deux semaines, Madalina-Maria est logée par le Samu social.

Madalina-Maria Candoi et son fils © Pierre Pytkowicz

Madalina-Maria Candoi et son fils © Pierre Pytkowicz

Lire la suite...

jeudi 22 juillet 2010

Petit lexique à l'usage du président

Approximations, amalgames, stigmatisations… Depuis hier, le gouvernement multiplie les déclarations inexactes sur un sujet qu’il ne maîtrise visiblement pas... Nicolas Sarkozy promet ainsi une réunion le 28 juillet à l’Elysée sur « les gens du voyage et les Roms », associant deux communautés qui n’ont ni la même histoire ni le même statut juridique. Le palmarès revient au porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, qui déclarait hier à la sortie du conseil des ministres : « On a beau être Rom, gens du voyage, parfois même Français au sein de cette communauté, on doit respecter les lois de la République ». Une séance de révision s’impose !

Lire la suite...