Laissez-passer

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 19 avril 2012

La SNCF rend la vie duraille aux Marocains

Dans le jargon du rail, on les appelle les «PS25». 2000 salariés marocains embauchés par la SNCF dans les années 1970 souvent préposés aux tâches ingrates mais qui, en vertu d’une clause de nationalité, ne bénéficiaient pas des mêmes droits que les cheminots français. 744 d’entre eux se sont unis pour poursuivre la SNCF en justice. Mais commencée il y a près de dix ans, cette bataille juridique n’en finit pas. En 2003, 70 travailleurs assignent en justice l’entreprise publique pour « discrimination ». Depuis, la première plaidoirie a été renvoyée six fois ! Dont la dernière hier après-midi devant le conseil des Prud’hommes de Paris. Les avocats de la SNCF ont demandé un délai supplémentaire ce qui reporte l’audience au 5 février 2013.

Lire la suite...

lundi 2 mai 2011

Des «patrons négriers» à la barre

Ce pourrait être un procès historique dans la lutte des travailleurs sans-papiers. Cet après-midi, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Paris, les sous-traitants de la SNCF accusés d’avoir exploités durant des années des maîtres-chiens en situation irrégulière.

En octobre 2008, trente-sept maîtres-chiens débutent une lutte collective pour obtenir leur régularisation. Ils révèlent alors des conditions de travail effroyables : sans-papiers, sans contrat de travail, sans repos, sans congés payés, ils travaillent de nuit pour un salaire de 8 euros de l’heure.

Lire la suite...

mardi 1 février 2011

Les maîtres-chiens de la SNCF contre-attaquent

Ils ne comptent pas en rester là. Les trente-huit maîtres-chiens sans papiers de la SNCF qui avaient entamé en octobre 2008 une longue lutte pour obtenir leur régularisation, passent à la deuxième phase de leur action : les poursuites. Hier, ils étaient rassemblés, avec leurs soutiens, devant le conseil des Prud'hommes de Paris où onze sociétés devaient répondre, entre autre, de travail dissimulé. « Des sommes considérables » sont en jeu affirme l'avocat des maîtres-chiens, Xavier Robin, qui regrette un report de l'affaire à une date ultérieure.

Lire la suite...

mardi 29 décembre 2009

Deux maîtres-chiens sans papiers de la SNCF en grève de la faim

Quatorze mois de lutte et rien. Pas un bout de papier en vue. Depuis octobre 2008, Boubacar Diarra et Sekou Bah se battent, avec trente-six autre maîtres-chiens sans papiers de la SNCF, pour obtenir leur régularisation. Les autres ont reçu la précieuse carte de séjour; eux rien. Pourtant, comme leurs anciens collègues, ces deux Maliens, âgés respectivement de 33 et 28 ans, travaillaient depuis des années pour Vigimak, sous traitant de la SNCF chargés d’assurer la sécurité dans plusieurs gares parisiennes. Leur action collective avait permis de lever le voile sur des conditions de travail indignes : cumulant plusieurs services, ces maîtres-chiens travaillaient jusqu’à trente jours par mois pour un salaire d’environ 900 euros.

Lire la suite...

mardi 27 octobre 2009

Sans-papiers, l'arme de la grève

La scène se déroule près de la gare Saint-Lazare à Paris. Depuis le 12 octobre, quelque cinq cents travailleurs sans papiers occupent une agence d’intérim, rue de Rome. Comme effrayés de leur propre audace, ils parlent peu et refusent de donner leur nom. Arrive un groupe d’une vingtaine d’hommes, gilet fluo sur le dos. Ce sont les maîtres-chiens de la SNCF, qui se sont battus pendant onze mois pour obtenir leur régularisation (lire le portrait ci-contre). Eux sont rompus aux journalistes et à la prise de parole en public. Sidibé Lacina, leur délégué, lance à la cantonade : « Nous sommes des anciens sans-papiers, comme vous. Aujourd’hui nous sommes régularisés et nous venons vous soutenir. Il faut vous accrocher! ». Timides applaudissements. Cette rencontre entre deux mondes en dit long sur le chemin parcouru par les travailleurs sans papiers. Sortis de l’ombre en avril 2008, avec la première vague de grèves et d’occupations, ils sont de nouveau des milliers à se jeter dans une longue et difficile bataille.

double1.jpg

double2.jpg

Lire la suite...

« Un jour, tu es forcé de te révolter »

PORTRAIT. « C’était une lutte avec beaucoup de courage et de solidarité ». Sourire aux coins des lèvres, yeux brillants, Souleymane Sangaré, 33 ans, raconte son combat avec enthousiasme et fierté. Il peut. Après onze mois de lutte, les maîtres-chiens sans papiers de la SNCF y sont presque : sur trente-huit, trente-six ont obtenu leur régularisation.

Souleymane SangaréLa lutte commence en octobre 2008. Deux maîtres-chiens débarquent dans le bureau de Sud Rail. En les écoutant, le syndicaliste Dominique Malvaud découvre l’inimaginable : par l’intermédiaire de sociétés sous-traitantes, des dizaines de sans-papiers travaillent pour la SNCF, sans être déclarés, sept jour sur sept, douze heures par jour.

Souleymane Sangaré est de ceux là. Il est recruté par la société de sécurité Vigimark à son arrivée en France en 2006. Fuyant la crise en Côte d’Ivoire, où il est membre du parti d’opposition, Souleymane espère obtenir le statut de réfugié politique en France. Preuves insuffisantes, tranche l’Ofpra. Souleymane bascule dans la clandestinité et le travail au noir. Pas de contrat, les heures sup non payées, il doit s’acheter lui-même son chien (500 euros), ses chaussures de sécurité et la muselière. De jour comme de nuit, il parcourt la ligne D du RER pour assurer la sécurité des agents et des usagers.

Lire la suite...

jeudi 16 juillet 2009

Maîtres chiens sans papiers à la SNCF

Ils seraient « entre 150 et 200 » en région parisienne, d'après Sud Rail. Mais seuls 39 ont eu le courage de sortir du bois. Début octobre, ils prennent contact avec le syndicat et commencent une lutte collective pour leur régularisation. Ce que découvre les syndicalistes est stupéfiant : ces maîtres chiens, chargés d'assurer la sécurité dans plusieurs gares parisiennes (Saint-Lazare et des lignes C et D du RER), Ivoiriens dans leur très grande majorité, sont employés illégalement par un sous-traitant de la SNCF ; sous-payés, ils sont totalement exploités. « En août dernier, raconte Dominique Malvaud de Sud Rail, nous en avons vu plusieurs travailler de 19 heures à midi, 31 jours sur 31 pour 1300 euros par mois, avec lesquels ils doivent payer la muselière du chien et leur uniforme ».

Lire la suite...