Laissez-passer

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mardi 11 octobre 2011

A Saint-Denis, un projet innovant pour en finir avec les bidonvilles

Tout est parti de quelques bouts de bois. Il y a quatre ans, un jeune architecte construit pour sa femme et ses enfants une maison à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Des planches lui restent sur les bras. Qu’en faire ? Julien Beller, qui a travaillé avec les gens du voyage à Versailles quelques années plus tôt, contacte l’association d’aide à la scolarisation des enfants roms, Parada. C’est ainsi que l’architecte découvre le Hanul («caravansérail» en langue romani), immense bidonville planqué sous l’A86 à Saint-Denis. Les planches de bois superflues se transforment en salle commune ; un jardin partagé voit le jour. La fondation Abbé Pierre finance la construction de huit toilettes sèches. Quatre mois plus tard, le préfet ordonne l’expulsion du bidonville, sans qu’aucune solution de relogement ne soit envisagée. Les pelleteuses réduisent les cabanes en miettes, ajoutant la précarité à la pauvreté. Tout est à refaire.

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vendredi 2 septembre 2011

Le T1 se transforme en tramway de la honte

Le gouvernement a beau crier aux « amalgames odieux » et aux « allégations mensongères », l’image provoque consternation et émotion. Mercredi matin, environ 70 Roms, hommes, femmes et enfants, ont été transportés de Saint-Denis à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) à bord d’une rame de tramway spécialement affrétée pour eux. « L’image de ces gens débarqués d’un tramway, avec des ballots et des enfants sous le bras, était insupportable », déplore Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) de Noisy-le-Sec et conseiller général, qui a assisté à la scène. Dans un département qui a abrité le camp de Drancy, d’où 67 000 juifs furent déportés vers les camps d’extermination, même si toute comparaison est impossible, c’est avant tout le symbole qui choque.

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jeudi 1 septembre 2011

« Ces gens débarqués du tramway, avec des ballots et des enfants sous les bras, c’était insupportable »

Gilles GarnierMercredi matin, une centaine de Roms expulsés d’un camp de Saint-Denis ont été convoyés jusqu’à la gare RER de Noisy-le-Sec dans un tramway affrété spécialement pour eux. Cette réquisition provoque de vives réactions syndicales et politiques. Gilles Garnier, maire adjoint (PCF) à Noisy-le-Sec et conseiller général de Seine-Saint-Denis a été témoin de la scène.

Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez vu hier matin ?

Gilles Garnier. Aux alentours de 11 heures, j’ai vu, devant la gare de Noisy-le-Sec, un regroupement impressionnant de forces de police : six camionnettes de CRS, cinq véhicules légers et des policiers municipaux. Je me suis approché et ils m’ont dit qu’ils « attendaient les Roms ». Surpris par cette réponse, je suis resté et j’ai vu arriver une rame de tram, avec marqué « sans voyageurs » à l’avant et à l’arrière, qui s’est arrêtée au terminus. Ont été débarqué entre 60 et 80 Roms, des familles avec des enfants, parfois en bas âge, toutes avec des paquets. J’ai ensuite appris qu’un camp de Saint-Denis avait été évacué le jour même. Ils ont été mis dans la gare RER, toujours encadré par la police. Je n’ai rien pu faire, sinon protester, ce qui ne servait pas à grand-chose. Dès que je suis arrivé à mon bureau, j’ai envoyé une lettre au préfet pour savoir pourquoi la police avait réquisitionné une rame de tram ; au maire de Noisy-le-Sec pour lui demander pourquoi la police municipale avait participé à cette opération et à Pierre Mongin, secrétaire générale de la RATP, pour l’interpeller sur cette réquisition.

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