Laissez-passer

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vendredi 23 décembre 2011

Chouaïb, jeune autiste, libéré hier soir après 31 jours de rétention

Chouaïb Benhachiche
La nouvelle est tombée hier peu avant 19 heures. «Il est sorti ! Nous allons nous rejoindre pour faire la fête.» s’exclamait Samia Attali, de l’association Je vous tends la main. Hier soir donc, Chouaïb Benhachiche, jeune autiste de vingt et un ans, a été libéré du centre de rétention de Vincennes où il était enfermé depuis trente et un jours. Pour la plus grande joie de ses soutiens qui se sont démenés pour le sortir de cette situation « aberrante ».

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mardi 20 décembre 2011

Un jeune autiste en rétention depuis un mois

Chouaïb Benhachiche est un jeune homme de 20 ans. D’origine algérienne, il est suivi par l’Aide sociale à l’enfance depuis ses 16 ans et bénéficie d’un « contrat jeune majeur », qui lui permet d’être logé dans un foyer de jeune travailleur à Paris. Malgré ses troubles du comportement d’allures autistiques, Chouaïb a obtenu, en juin dernier, son CAP dans la restauration. Mais, alors que l’État lui assure sa protection d’un côté, de l’autre il lui refuse un titre de séjour. Shouaid est donc sans-papiers sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

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vendredi 10 juin 2011

L'accès aux soins de plus en plus fermé pour les sans-papiers

Depuis trois mois, les sans-papiers pauvres doivent payer pour obtenir l'aide médicale d'Etat (AME). Mais avant même de passer à la caisse, obtenir l'AME est aujourd'hui devenu une gageure. Reportage dans un centre parisien de Médecins du monde.

« Ils me demandent des papiers qui sont introuvables ». Assise au milieu de la salle d’attente du Centre d’accueil, de soins et d’orientation (CASO) de l’avenue Parmentier à Paris, Sylvie, 47 ans, désespère de pouvoir un jour bénéficier de l’Aide médicale d’état (AME), la couverture maladie réservée aux personnes en situation irrégulière sans ressources. Cette Camerounaise habite en France depuis douze ans, mais n’a jamais pu obtenir de cartes de séjour. Malgré son diplôme de préparatrice en pharmacie, elle en est donc réduite aux petits boulots de gardes d’enfants et de ménages. Et ne bénéficie d’aucune couverture médicale.

C’est la particularité de ces centres mis en place par Médecins du monde : offrir des soins gratuits aux personnes en situation d’exclusion ou de vulnérabilité sans protection sociale. Des sans-papiers pour la plupart, dont beaucoup viennent d’arriver en France. Chaque jour, 150 patients sont reçus par des médecins et infirmières bénévoles. Outre cette aide médicale, le centre apporte une assistance sociale et administrative pour que les patients puissent bénéficier d’une couverture santé. « Ils sont confrontés à des problèmes d’hébergement, de nourriture et ont souvent besoin d’un soutien psychologique, explique Barbara Ndadoma, l’assistante sociale du centre. Sur tout cela, se greffe le problème d’accès aux soins. »

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mercredi 8 juin 2011

On expulse bien les handicapés

La famille Vrenezi avant son expulsion
Bien loin de la conférence nationale sur le handicap, où Nicolas Sarkozy devrait s’exprimer aujourd’hui, un jeune polyhandicapé de 15 ans se meurt à cause de la politique française. Il y un peu plus d’un an, un bataillon de gendarmes pénétrait dans l’Institut d’éducation motrice de Freyming-Merlebach, près de Metz, pour y arrêter Ardi Vrenezi, atteint d’une maladie dégénérative du cerveau et d’épilepsie avec un polyhandicap lourd. Évacué sur un brancard, l’adolescent est immédiatement renvoyé au Kosovo avec sa famille.

Un an plus tard, un documentaire (1) diffusé la semaine dernière relance la mobilisation pour Ardi. Et crée un début de polémique. La documentariste Manon Loizeau s’est rendue au Kosovo pour y filmer Ardi. Premier constat, l’adolescent va mal. « Il va mourir plus vite et dans de moins bonnes conditions » constate Isabelle Kieffer, sa pédiatre lorsqu’il était en France. Ardi a des difficultés à s’alimenter, il a maigri et passe ses journées sur un matelas posé à même le sol.

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jeudi 31 mars 2011

« Les centres de rétention sont délétères »


L’observatoire de l’enfermement des étrangers organise, le 4 avril, une rencontre sur la question de l’accès aux soins en rétention (1). Entretien avec Arnaud Veisse, du Comité médical des exilés (Comede).

Quelles sont les spécificités de la prise en charge médicale en rétention ?

Arnaud Veisse. Celles de tous les lieux d’enfermement. On y retrouve les problèmes connus des médecins qui travaillent en prison. Ce sont des lieux de souffrances psychologiques et de violences physiques, où les auto-mutilations et les grèves de la faim sont fréquentes. Les conditions d’enfermement et de surpopulation sont délétères pour la santé, en particulier pour la santé mentale.

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lundi 31 janvier 2011

« Ces lois vont retarder la prise en charge des malades »

Le projet de loi Besson, qui sera discutée demain au Sénat, propose - entre autre - de limiter le droit au séjour des étrangers malades (lire ci-dessous). Les associations se mobilisent : «Mourir n’est pas moins pénible au soleil !» disent-elles. Entretien avec Marie-Pierre Allié, présidente de Médecins sans frontières.

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mercredi 5 janvier 2011

L’AME payante : « inadapté » et « porteur de risques sanitaires » juge un rapport officiel

Tout juste gravé dans la loi, le nouveau droit d'entrée à l’Aide médicale d’état (AME) - couverture maladie réservée aux sans-papiers pauvres - essuie de vives critiques dans un rapport officiel qui dénonce un dispositif « inadapté » et « porteur de risques sanitaires ».

Au terme de vifs débats, le budget 2011 a mis en place un droit d’entrée de 30 euros par an pour pouvoir bénéficier de cette couverture médicale gratuite pour les sans-papiers aux faibles ressources (moins de 634 euros par mois pour une personne seule).

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mardi 2 novembre 2010

Les sans-papier pauvres devront payer pour se soigner

Bien caché au milieu du projet de loi de finances pour 2011, les députés ont voté cet après-midi la fin de la couverture maladie gratuite pour les sans-papiers pauvres. Désormais, les bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (les étrangers en situation irrégulière vivant avec moins de 634 euros par mois) devront payer un droit d’entrée de 30 euros par an.

L’offensive est venue des députés de droite qui ont multiplié les amendements pour « limiter le champ de l’AME ». « Ce dispositif est chroniquement en déficit et nous allons vers un budget exponentiel d’un milliard d’euros ! », a assuré le député UMP Claude Goasguen, dénonçant « abus », « fraudes » et autres « utilisations abusives ».

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vendredi 29 octobre 2010

Les sans-papiers bientôt privés de soins ?

La mobilisation est à la hauteur des inquiétudes. Collectifs, associations et observatoires représentants plus de 1000 associations œuvrant dans le domaine du droit à la santé se sont réunies hier, lors d’une conférence de presse, pour dénoncer les attaques contre l’Aide médicale d’Etat (AME). Ce dispositif permet aux étrangers en situation irrégulière, vivant avec moins de 634 euros par mois (autrement dit, les sans-papiers pauvres) de bénéficier d’une prise en charge à 100 % des tarifs de sécurité sociale. 216 000 personnes y ont aujourd’hui accès. Mais le principe de la gratuité totale des soins aux sans-papiers est cependant remis en cause par le gouvernement.

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jeudi 28 octobre 2010

Ardi dans un « état dramatique »

Ardi Vrenezi, garçon de quinze ans polyhandicapé, expulsé le 3 mai dernier vers le Kosovo, est dans un « état de santé dramatique » selon Bruno Gaurier de l’Association des paralysées de France (APF) qui lui a rendu visite au Kosovo la semaine dernière. Ardi, atteint d’une grave maladie dégénérative, était soigné à Freyming-Merlebach (Moselle) depuis 2009, avant d’être expulsé avec ses parents. «Sa maladie nécessite un traitement médicamenteux et une rééducation fonctionnelle constants» précise Bruno Gaurier. Sans cette prise en charge, son état de santé s’est rapidement détérioré ces cinq dernier mois.

mardi 28 septembre 2010

Loi Besson : rigueur et acharnement

Trente heures : c’est le temps imparti aux députés qui devront, à compter de cet après-midi, examiner le projet de loi «Immigration, Intégration et Nationalité» (le cinquième sur le sujet en sept ans), défendu par le ministre Eric Besson. En 90 articles (sur lesquels ont été déposés environ 500 amendements), ce texte fourre-tout marque un nouveau tournant dans la répression contre les sans-papiers (interdiction du territoire, allongement de la durée de rétention), mais aussi contre les étrangers en situation régulière (expulsion des Roms facilitée) et les Français d’origine étrangère (déchéance de nationalité).

Avant même son passage devant les députés, la loi Besson a d’ailleurs suscité une vague de colère et d’opposition spectaculaire. Au début du mois, neuf militants ont ainsi pratiqué un jeûne de protestation de dix jours devant le palais Bourbon ; la semaine dernière, les évêques de France ont écrit au ministre pour lui dire « ce qui dans ce projet de loi, tel qu’il est, questionnait (leur) conscience ». Le collectif Unies contre une immigration jetable (UCIJ) en appelle de son côté à une prise de conscience des parlementaires sur une loi instaurant un « régime d’exception qui relègue les étrangers - en situations régulière comme irrégulière -, ainsi que les Français d’origine étrangère dans une situation d’infériorité en matière d’égalité des êtres humains ». D’ores et déjà, plusieurs rassemblements et journées d’action sont prévus (lire encadré). Dans une assemblée chauffée à blanc par le débat sur les retraites, les discussions sur la loi Besson promettent d’être électriques. Revue de détail des dispositions les plus critiquées du projet.

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vendredi 3 septembre 2010

Des expulsions néfastes pour la santé

Le démantèlement des camps nuit gravement à la santé. C’est en substance, le message transmis jeudi à Lyon par l’ONG Médecins du monde qui a pris pour exemple la situation particulière du camp situé à deux pas de la gare Lyon Part Dieu, dans le 3e arrondissement. Les familles roms de ce camp pourraient être délogées très rapidement puisque le tribunal administratif de Lyon doit rendre son délibéré mardi prochain, sur l’expulsion de ce camp, le plus grand camp de l’agglomération lyonnaise, qui accueille 100 à 150 roms, pour la plupart de Roumanie, sur des terrains appartenant à Réseau ferré de France et au conseil général du Rhône. L’ONG Médecins du monde a demandé à ce que cette évacuation ne se fasse pas sans proposition de relogement.

«S’il y a expulsion, que ce soit avec des conditions de logement dignes, tout simplement humaines», a demandé le responsable de l’antenne Rhône-Alpes, Pierre Micheletti, lors d’une conférence de presse relayée par l’Agence france presse. L’ancien président de l’ONG a aussi exigé « qu’un certain nombre de situations médicales soient prises en compte », insistant sur « le traumatisme psychologique supplémentaire » que représente « le harcèlement continuel » dont sont victimes ces populations.

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jeudi 26 août 2010

Les traumatismes de la «chasse aux roms»

«Absurdes», «inutiles», «coûteuses» et «traumatisantes». Les associations membres du collectif Romeurope, qui présentaient hier leur rapport annuel sur la situation des Roms migrants en France, n’ont pas caché leur colère contre les expulsions vers la Roumanie et la Bulgarie. Hier encore, en pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France a renvoyé par avion quelque 250 Roms vers la Roumanie, le gouvernement voulant «accélérer» ces reconduites, malgré la vague de critiques.

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jeudi 12 août 2010

L'aide médicale d'État bientôt payante ?

La déclaration est passée presque inaperçue. Le 16 juin dernier, alors qu’elle est auditionnée par le Sénat dans le cadre du rapport de gestion pour l’année 2009, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, déclare : «Je ne suis pas contre une participation forfaitaire du bénéficiaire adulte de l’AME et je compte la proposer dans le prochain projet de loi de finances », soit dès 2011.

Créée sous la IIIe République en 1893, l’Aide médicale d’État a été rénovée en 2000, la majorité de ses bénéficiaires étant alors réorientés vers la couverture maladie universelle (CMU). Depuis, l’AME est exclusivement réservée aux étrangers en situation irrégulière gagnant moins de 634 € par mois. En clair : les sans-papiers pauvres, qui sont 210 000 à en bénéficier aujourd’hui. Trop, selon Roselyne Bachelot qui dénonce la «spectaculaire augmentation des dépenses» de cette aide (300 millions d’euros de plus entre 2007 et 2010, d’après le ministère). En cause, explique la ministre : «l’évolution du nombre des bénéficiaires, (due) notamment à l’augmentation de 20 % des déboutés du droit d’asile qui deviennent éligibles à l’AME», «l’augmentation des séjours pour pathologies graves» ou encore «l’amélioration de la gestion des droits par les établissements de santé et l’assurance maladie» (sic). La solution ? Faire payer les bénéficiaires de l’AME grâce à une «contribution forfaitaire».

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lundi 8 mars 2010

Des femmes maliennes contre l’excision

RENCONTRE. Dans un pays où 85% des femmes sont excisées, des voix s’élèvent pour exiger l’arrêt de cette pratique. Rencontre avec une militante de la première heure.

Kadidia Sidibé ©Marie Barbier

Mannequin en plâtre ©Marie Barbier

Un mannequin en plâtre, avec organes génitaux féminins interchangeables, l’accompagne partout. C’est grâce à lui que Kadidia Sidibé explique aux villageois les méfaits de l’excision. Elle appelle un chat un chat et parle avec un naturel déconcertant d’orgasme féminin dans un pays où l’excision atteint des records : selon la dernière enquête gouvernementale (2006), 85% des maliennes de 15 à 49 ans sont excisées. « A mon âge, je peux dire ce que je veux, les anciens m’écoutent » s’amuse cette femme de 66 ans. Pourtant le nom de son association, tout en longueurs et en euphémismes, en dit long sur le tabou de lutter contre cette pratique dans un pays come le Mali : Kadidia Sidibé est présidente de l’association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT), une ONG indépendante qui fonctionne grâce à des partenariats avec des associations comme l’Unicef ou Equality now.

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