Laissez-passer

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jeudi 23 juin 2011

Les « fantasmes sécuritaires » de l'Europe mettront-ils fin à la libre circulation ?

La France et l’Italie ont-elles anticipé le vote par le sommet européen aujourd’hui du rétablissement des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen ? C’est ce qu’affirment deux associations, le Gisti et l’Anafé qui ont réalisé une mission d’observation à la frontière franco-italienne mi-avril.

La France et l’Italie sont alors dans une cynique partie de ping-pong avec les migrants tunisiens arrivés depuis quelques semaines sur l’île de Lampedusa. C’est à qui récupérera la patate chaude... Le 5 avril, l’Italie marque un point en annonçant la délivrance de titres de séjour « à titre humanitaire » aux « citoyens de pays d’Afrique du nord », leur permettant de se déplacer dans l’espace Schengen. Colère de la France, qui accuse l’Italie de ne pas avoir contrôlé efficacement ses frontières externes et établie des critères supplémentaires, notamment de ressources, pour franchir la frontière entre les deux pays.

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mercredi 4 mai 2011

Sarkozy et Guéant défient l'Europe

La France n’en finit pas de se faire taper sur les doigts par l’Union européenne pour sa politique migratoire. La commission européenne a demandé hier à Paris de lui fournir, « dès que possible », des « clarifications » concernant « les contrôles policiers dans la zone frontalière » avec l’Italie qui, s’ils étaient systématiques et permanents, seraient en infraction avec les règles de l’espace Schengen. L’Italie s’est également vu demander des éclaircissements sur les permis de séjour et documents de voyages délivrés aux Tunisiens.

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mercredi 27 avril 2011

«Paris et Rome sont dans une conjoncture de myopie politique»

Fabio LibertiAlors qu'un sommet franco-italien se tenait hier à Rome sur la question épineuse de l'immigration, entretien avec Fabio Liberti, directeur de recherche italien à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris.

Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi se sont prononcés hier en faveur d’un rétablissement des contrôles aux frontières dans l’espace Schengen. Cela signifie t-il la fin de ces accords ?

Fabio Liberti. Je ne crois pas à la fin de l’espace Schengen : quel dirigeant européen pourrait prendre la responsabilité de tuer ce qui symbolise l’esprit européen ? Les gouvernements français et italien sont dans une conjoncture de myopie politique : Berlusconi se sent obligé de ménager la Ligue du nord et Sarkozy a peur de se faire dépasser sur la droite par Marine Le Pen. Donc, on assiste à des prises de position assez démagogiques, comme cette nouvelle exception aux accords de Schengen. On a déjà assisté au rétablissement des frontières nationales, dans le cas d’événements sportifs ou de manifestations. Ces exceptions ont été prévues pour contrer les black-blocks et les hooligans. On ajoute une troisième catégorie de « méchants » : les migrants clandestins. Il faut rappeler que l’Italie est passée de quasiment zéro étranger dans les années 90 à quatre millions aujourd’hui. L’entrée de 25 000 migrants tunisiens ne représente donc pas un « tsunami humain », contrairement à ce qu’a dit Silvio Berlusconi.

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jeudi 21 avril 2011

« On venait chercher le rêve européen : du travail et la liberté »

Une centaine de Tunisiens sont toujours bloqués dans la ville frontalière de Vintimille (Italie), devenue le symbole d'une Europe barricadée. Rencontre avec ces hommes désenchantés.

A la sortie de la gare de Vintimille, quelques dizaines de jeunes hommes bavardent sous le soleil. Des sourires doux, des yeux bruns pétillants et une patience infinie avec les nombreux journalistes qui se pressent sur la riviera italienne pour les voir. Les voici donc ces Tunisiens qui font frémir l’Europe ! Ceux dont Nicolas Sarkozy a dit qu’ils allaient déferler en « flux migratoires incontrôlables » ; ceux que Marine Le Pen et Chantal Brunel voulaient remettre dans des bateaux ; ceux que l’Italie et la France se renvoient avec cynisme comme de vulgaires balles de ping-pong. Les pires rumeurs ont circulé sur eux. On les a dits contre-révolutionnaires fuyant la démocratie naissante ou prisonniers de droit commun échappés des geôles tunisiennes.

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mercredi 20 avril 2011

Embrouillamini à Vintimille

La situation était confuse, hier, à la frontière entre la France et l’Italie. Entre policiers désabusés et migrants mal informés et inquiets, reportage des deux cotés de la frontière.

Passeront ? Passeront pas ? Dans le train entre Vintimille et Nice, hier, les Tunisiens qui tentaient de franchir la frontière franco-italienne ne savaient plus à quel saint se vouer tant la confusion était grande. Debout entre deux compartiments, Aymed, 26 ans, tripote avec angoisse son billet de train. Dans son autre main, il tient son permis de séjour temporaire délivré par les autorités italiennes, sésame pour l’espace Schengen qui a suscité la colère de la France. A bord du train, nul ne sait comment la police hexagonale réagira à ce document. « Et c’est quoi cette histoire de 60 euros ? Interroge Aymed, anxieux. Il parait qu’il faut qu’on montre de l’argent à la police. »

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mardi 19 avril 2011

A Vintimille, la dignité reste à quai

Le départ était prévu dimanche, à 13h17, à Vintimille (Sud de l’Italie). Le «train de la dignité» qui devait rejoindre Marseille, est resté à quai, bloqué par les autorités françaises.

Organisée par le Collectif Welcome Menton-Vintimille (regroupement d’associations françaises et italiennes de soutien aux réfugiés), cette manifestation ferroviaire devait acheminer en France des Tunisiens, accompagnés de militants français et italiens.

Mais dès midi, tous les trains entre la France et l’Italie ont été annulés sur ordre du préfet des Alpes-Maritimes, en raison « des risques de trouble manifeste à l’ordre public ». Des manifestants italiens et français se sont alors regroupés en cortège, aux côtés de migrants tunisiens, scandant « Liberté, liberté » et « Nous sommes tous des clandestins ! ».

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